‹ Histoire sainte d'apres la BibleChapitre 93 sur 251 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

SALOMON (1016-970)

HOB. — CONSTRUCTION DU TEMPLE. — LA. REINE DE SÀBA, — REVOLTES CONTRE SALOMON.

Salomon avait vingt ans quand il monta sur le trône. Une coalition s'éiait formée contre lui entre son frère Adonias, le grand prêtre Abiatiiar et Joab, le général de ses armées. Adonias osa même lui faire demander la main de la dernière épouse de David, Abisag la Sunamite. Des mesures sévères prévinrent l'exécution du complot. Adonias et Joab furent mis à mort et Abiatbar envoyé en exil. Sadoc obtint la grande sacrificature, qui rentra par lui dans la maison d'Ëléazar; Banaias eut le commandement de l'armée. C'était lui qui avait tué Joab au pied même de l'autel; ce fut lui encore qui accomplit sur Séméi la sentence portée par David.

" Le nouveau roi venait d'affermir son règne par des supplices; pour l'appuyer sur des alliances, il épousa la fille du Pharaon d'Êgypte; pour le consacrer par la religion, il se rendit à Gabaon , le plus considérable des hauts lieux sur lesquels on avait jusqu'alors sacrifié dans Israël, et il y offrit mille holocaustes au Seigneur. Sa piété ne resta pas sans récompense : pendant la nuit, l'Éternel lui apparut en songe et lui dit : » Demande ce que tu veux el je le le donnerai. — Seigneur, répondil-il , je ne suis encore qu'un enfant qui ne sait de quelle manière il doit se conduire; donne à ton serviteur un cœur docile aiin qu'il puisse juger ton peuple et discerner le bien d'avec le mal. » La voix divine reprit alors : « J'ai déjà l'ait ce que lu m'as demandé, je t'ai donné un cœur plein de sagesse et d'intelligence ; je te donnerai encore ce que tu n'as pas demandé, les richesses et la gloire, et si tu marches dans mes voies ainsi que Ion père,

SALOMON

je prolongerai les jours. » Salomon, à son réveil, pensa longtemps au songe qu'il avait eu ; il revint à Jérusalem , se présenta devant l'arche d'alliance , offrit des holocaustes et des victimes pacifiques , et fit un grand festin à tous ses serviteurs.

Alors deux femmes de mauvaise vie vinrent le trouver et lui demander justice. Elles demeuraient dans la même maison, dans la même chambre, et avaient eu presqu'au même jour chacune un enfant. Pendant la nuit, par accident, l'une d'elles étouffa son lils et l'alla mettre aussitôt à la place de l'autre enfant. La mère de celui-ci, s' étant levée dès le matin , trouva près d'elle un cadavre , et , le considérant avec attention au grand jour, elle reconnut que ce n'était pas celui de son fils. Alors elle accusa la femme qui demeurait avec elle, et toutes deux se rendirent auprès du roi. Il était difficile déjuger un pareil différend, oii nul témoin ne venait déposer; Salomon, rempli de la sagesse divine, dit aux gardes : » Qu'on coupe en deux l'enfant vivant, et qu'on en donne une moitié à chacune de ces femmes. » Mais la vraie mère, sentant ses entrailles émues de tendresse , s'écria avec larmes : « Seigneur , donnez-lui l'enfant , je vous supplie, ne le lues point. " Voici la mère, dit Salomon; qu'on lui rende son fils. Israël fut touché d'une crainte respectueuse pour son roi, en voyant que la sagesse de Dieu éclairait ses jugements.

K'ulHMtnrr et rlche««e« de Salomon.

Avec la sagesse , Dieu lui avait promis la gloire et la puissance : il eut l'une et l'autre. Maître paisible des vastes contrées que David avait conquises, depuis l'Euphrate jusqu'au pays des Philistins et jusqu'au torrent d'Egypte , son nom était respecté et craint. Les présents et les tributs de toutes les nations soumises lui permettaient de déployer une magnificence jusqu'alors inconnue dans Israël, sans que ce peuple en fût foulé, car un ordre sévère était établi dans tout le pays, divisé en douze provinces dont chacune fournissait tour à tour, pendant un mois , les choses nécessaires

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à la table royale. Sous ce gouvernement sage et doux, « chacun , dans Israël et Juda , depuis Dan jusqu'à Bersabée , vivait dans l'abondance et la joie, à l'ombre de sa vigne et de son figuier. »

L'alliance avec Hiram, roi de Tyr, et la vue des immenses richesses que le commerce accumulait dans les villes de l'hénicie avaient porté 1rs Juifs h suivre l'exemple de leurs voisins. Aux ports d'Ëlath et d'Asiongabor qu'il possédait à l'extrémité de l'Idumée , sur la mer Rouge , Salomon fit construire une flotte qui , sous la direction de piloles tyriens, -alla chercher à Ophir la poudre d'or, les parfums, des bûis rares et iliis pierres précieuses. Le roi, au nom de qui se faisaient ces voyages, amassa ainsi de luis trésors «qu'en ce temps-là, dit l'Écriture, à Jérusalem l'or et l'argent étaient devenus aussi communs que les pierres, et les cèdres du Liban autant que les arbres des champs '. »

Ces richesses permirent à Salomon de construire enfin le temple, double symbole de l'unité religieuse et politique.

çut chaque année 20 000 mesures de froment et 20 000 mesures d'huile pure; en échange îl fournit des ouvriers habiles, avec tous les bois et tous les matériaux nécessaires. Telles étaient la grandeur de l'ouvrage et l'activité du prince qu'il envoya au Liban jusqu'à soixante-dix mille hommes pour porter les fardeaux et quatre-vingt mille pour tailler les pierres sur la montagne. Trois mille six cents surveillants dirigeaient les travailleurs.

Le second jour du second mois de la quatrième année de son règne , quatre cent quatre-vingts ans après la sorlio

). Suivant l'Écriture, Ssî.utiiiti ivruvail arimiiainiii'iit liliH talents d'or. Sois,

i. Joséphe prétend, Aaiiq. lad., VIII, 2, s, cl A<h. Apion., I, 17, que te imité de Salnmon avec ilirnni m I,i currrsiiondance des deui princes étaient '■ucijrn ennservra de ion ttraps i Tjr.

SALOMON

d'Egypte, Salomon jeta les fondements du temple sur la colline de Moria ; on mit sept ans et six mois à le bâtir. » Il paraît qu'on doit se représenter ce temple comme un vaste éJ dice enclos de murailles ', en partie fermé de toitures, en partie découvert; deux murs bien plus élevés l'un que l'autre , le long desquels nouaient des galeries soutenues par des colonnes , formaient les deux parvis extérieurs ; de ces esplanades on entrait toujours en montant dans le parvis des femmes, ainsi nommé parce qu'elles ne passaient pas plus loin; de celui-ci, en montant encore, on se trouvait dans le parvis des Israélites, et dansrelui des sacrificateurs, 0E1 s'élevait l'immense autel des holocaustes , construit en

d'airain , vase énorme porté sur douze lipures de ho'ufs et pouvant contenir 'M)W Leiilis, et dix cuves d'airain plus petites dans lesquelles on lavait les chairs des victimes. Ces divers parvis avaient tous sur les cotés, ou vers les coins, des appartements, des salles , des magasins, à l'usage des prêtres et des fidèles et servant aux apprêts du culte , à la garde des choses saintes , à la vente des offrandes ou des victimes; au delà' de l'autel des holocaustes commençait le temple proprement dit , couvert d'une toiture plane , el pré-

trée n'avait point de portes. Une galerie à trois étages régnait le long du temple, de trois côtés; le côté do l'orient seul n'en avait pas. Un escalier tournant du coté du sud conduisait à ces galeries.

■ Le temple intérieur se partageait en trois divisions : l'avant-temple ou le vestibule, le lieu saint et le sanctuaire, ou le lieu très-saint , nommé aussi le saint des saints. Ces deux dernières divisions étaient fermées de portes à deux battants en bois d'olivier , chargées de sculptures et de cise-

I. Du rené, il est iuiV'O^ililf de i- r j n c î i 1 <■ !■ le troisième livre des Uni.chan. il el vu, avec le uemléine livre dos Puralipomiad, cliap. ni el iv, el bvpc Joiéphc. SurlouL, on ne sauue, (l';i|nv. leurs Années, le reconstruire. Vuïui rqjtNiii.LNl Mi'ver. Du Ttinj-cl Saivinnni. IMJO, ill-8.

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