‹ Histoire secrète de l'Académie de Dijon de (1741 à 1770), composé et annotée par le président Richard de RuffeyChapitre 13 sur 50 · Registres de l'.Vcadémie, 111, f · texte numérisé non relu

Registres de l'.Vcadémie, 111, f

ti. V. Voltaire, éd. Moland {Corresp. I, p. 318), l'invitation adressée par \'. à R., le 12 janvier 1758. — Cf. lettre de V. à de Brosses, du l"'" oct. 1758.

7. Le président Fyot de la Marche (Claude-Philibert) avait le même âge que V. et avait été son condisciple à Louis-le-Grand. Voir dans la Corresp. de V. et du prés, de Brosses une série de lettres à lui adressées par V. de 1701 à 1706 (p. 253-301).

H. Ou en trouve plus de soixante (v. notamment |). 305-396) dans la Correspundunce de V. et du président de Brosses (1858) citée plus haut. Reproduiles par Moland. La première eu date est de 1754; les deux dernières (5 sei)t. et 30 oct. 1777) sollicitent R. en faveur de M. do Fiorian et de M""' Denis, <|ui ont un procès ii Dijon : son fils, le présitloiil Frédéric-IIenri Richard de Ruffoy, est leur juge.... Une cinquaulaine do lettres

elles prouvent que même la grande querelle de Voltaire et du président de Brosses, dont Kuffey était aussi l'ami, ne nuisit pas à leurs relations '. Celles-ci ne cessèrent jnmais complètement : elles devinrent seulement plus rares et plus froides quand les « déclamations impies » de Voltaire eurent blessé RutTey dons ses sentiments religieux '-.

Plus active encore, et plus amicale, fut sa correspondance avec Buffon. Quand il écrivait à ses amis, M. de BulTon ôtait ses « manchettes », et son style était, comme lui-même, plein de simplicité et de bonhomie. Les nombreuses lettres qu'il écrivit à Rulléy témoignent que leur amitié fut sans nuages ^ La première est datée de 1729 (Butîon a vingt-deux ans, Ruffey en a vingt-trois), la dernière du 23 septembre 1786 : celle-là un peu cérémonieuse (on vient de lier connaissance), celle-ci du ton le plus affectueux. Souvent dans ces jolies lettres Buiïon cherche délicatement à panser les blessures qu'a faites à son ami l' <( injustice » ou r « ingratitude des hommes ». D'autres fois il l'informe de ses travaux : il le met au courant de ses expériences sur le tonnerre et lui dit ce qu'il faut faire pour les renouveler avec succès. Enfin,

inédites de V. à R., provenant de la vente Damidot (v. p. 1, note 2), appartiennent aujourd'hui à M. Cunisset-Carnot, premier président de la Cour d'appel de Dijon, qui a bien voulu nous autoriser à dire ici qu'elles seront publiées.

1. V. surtout la lettre de RufTey à Voltaire (octobre 1761). Elle lui fait honneur, et nous ne résistons pas au plaisir d'en citer quelques lignes :

« Je prends une partie infinie. Monsieur, à tout ce qui vous regarde, et suis véritablement fâché de voir votre repos troublé par une bagatelle. Les petites choses ne sont pas faites pour affecter les grands hommes. Quoi ! quelques onces d'un métal que vous possédez abondamment, demandées peiif-èlre mal à propos, pourraient-elles altérer votre philosophie? Vous craignez d'être dupe : c'est cependant le beau rôle à jouer ; votre tranquillité en dépend. Songez que, même en vous défendant, vous prostituez à la chicane la plus belle plume de l'univers

L'enchanteur qui écrit votre vie apprendra-t-il à la postérité que vous avez plaidé pour des moules de bois ? Vous êtes mécontent du président : vous savez de quel bois il se chauffe; payez-le, et ne vous chauffez plus à sou feu.... » [Corresp. de V. el du prés, de Br., p. 107; Volt., éd. Moland, Corresp. IX, p. 50o-61.

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