‹ Histoire secrète de l'Académie de Dijon de (1741 à 1770), composé et annotée par le président Richard de RuffeyChapitre 20 sur 50 · Ms · texte numérisé non relu

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2. V. Baudot 107. Les (li-riiièrcs lignes île ce muiiust-iil, éi-iiU's d'imo main sénilo, ont Irait ii des puMicalioiis iiiatiicMualiinu's (lt> l7S(i.

IMUODUCTION 27

Pour décider les directeurs à se laisser diriger eiix-inèmes, et les pensionnaires, anciens et nouveaux, à subir de bonne grâce son autorité, il eût fallu au réformateur de l'Académie de Dijon une main singulièrement souple, un esprit des plus habiles à > endormir les défiances, à ménag^er les amours-propres et les susceptibilités. Or telles n'étaient point, mais point du tout, les qualités du président de Ruffev.

Nous prêtons volontiers nos défauts à autrui. Il reproche amèrement à Maret, qui avait remplacé, Michavdt dans les fonctions de secrétaire, son « amour-propre » et sa « passion de dominer ;). Il Taccuse d'avoir formé « l'odieux projet de s'emparer de 1 autorité ' ». Mais au détriment de qui, sinon de RulTey lui-même? Le reproche qu'il fait à Maret, c'est à lui que le faisaient pensionnaires et directeurs, non sans apparence de raison; il sufïit pour s'en convaincre de parcourir son (( Histoire secrète ». En vérité, que ses confrères aient été blessés de ses hauteurs, qu'ils aient souffert impatiemment son autorité harg'neuse, qu ils aient cherché à la secouer, voilà ce qui ne saurait étonner personne, hormis Richard de Ruffev.

Il a raconté longuement les difficultés que lui suscitèrent ceux qu il appelle ses ennemis, les Hoin, les Michault, les Maret, et les odieux complots -qu'ils tramèrent contre lui, jusqu'à cette séance où, décourag-é, rebuté par tant d'obstacles, outré d'une telle a ingratitude ». il prit (( la sag-e résolution » de se démettre de sa place de vice-chancelier -. Il s'en démit tapag-eusement (la dispute qui s ensuivit fait penser à la bataille du Lutrin) ; puis il s'en alla par la ville déblatérer contre Maret, qu'il rendait responsable du traitement indigne qui lui avait été infligé.

La rancune qu'il en éprouva fut tenace : elle dura seize ans. Pendant seize ans on ne le revit plus qu'aux séances publiques de l'/Vcadémie, où il allait encore par décence. Il fallut que l'Académie traversât une nouvelle crise, courût un nouveau péril pour qu'il cessât de lui tenir rig-ueur. En 1786 une grosse

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