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des Hoin, des Maret et autres bètes noires du président de Ruffey.
Les Mémoires de rAcadémio en fournissent la preuve manifeste : si le tome II i ITTij contient encore (|uel(|ues ouvrages littéraires (notamment le mémoire de Gueneau de Montbeillard sur la peine de mort et l'Essai de géographie étymologique de M. de Brosses), neuf ans plus tard le tome III est exclusivement scientifique.
Faut-il s'en étonner ? A dire vrai, les Bourg-uignons eurent toujours, — ont peut-être encore, — plus de dispositions et de goût pour les Sciences que pour les Lettres, et, s'ils cultivèi'ent les Lettres, ils s'y firent remarquer plutôt par leur érudition patiente que par une visacilé primesautière, et plus par le savoir que par la grâce. Est-ce pour cela c{ue la Bourgog'ne a produit si peu de poètes ? La Champagne a La Fontaine et Ilacine ; la Normandie, Malherbe et Corneille ; l'Anjou a Du Bellay ; le Vendômois, Ronsard ; la Bourgogne, Crébillon — et Piron.
En revanche, dans tous les travaux ([ui exigent une longue patience et de sages méthodes, la Bourgogne a excellé. Il suffit pour s'en convaincre de feuilleter la Bibliothèque des Auteurs de Bourgogne ; et le compilateur de ce g-rand ouvrage, le docte et modeste Papillon, est lui-même un exemple d opiniâtre labeur. Bég-at, Saumaise, Lantin, le président Bouhier, le P. Oudin, l'abbé Goujet et sa Bibliothèque française, l'abbé Lelong et sa Bibliolhè(]ue historique, revue et augmentée par Fevret de Fontetle, l'abbé Joly et ses Remarques sur le Dictionnaire de Bayle, l'abbé Courtépée et sa Description de Bourgog-ne, le chanoine Lebeuf, (|ue Voltaii'e appelait le plus savant homme de son temps, et combien d'autres encore ! témoignent du goût de leur province pour les recherches précises, minutieuses et déjà tout imprégnées d un véritable esprit scientifique.
C'est pourquoi, ([uand le goût des Sciences se fut propagé à Paris et dans les provinces, la Bourgogne fut des plus empressées à favoriser leurs progrès. Les tendances nouvelles se trouvèrent d'accord avec ses inclinations. Les applications seules furent différentes : les j)hysiciens, les naturalistes, les médecins remplacèrent les philologues, les juristes, les historiens et les
IMIIOIUCI'ION
g-éon;raphos. Do là l\'utli()usiiisnu' qu'i'XciLèri'nt (huis loiiU; lu Bourgogne rcinivre ol la gloire de lUiIlbii ; de là les Iravaux des Berrvat, des Daubeiiloii. des Nadault, des Gueiieau de Moutheillard, des Moin, des Maret, des Guvton do Morveaii et de lanl d'îiutres savants bourguig-nons, connus ou inconnus, ([ui coUahorèrenl à Ylfistoire Xadirelle, à VEncijclojKklic ou à la Collec/ion nciidihnique.
Richard de llullev, nous Tavons vu, subit lui aussi cette attraction, et {)eut-ètre Butïbn Teùt-il, lui aussi, entraîné dans son orbite, si son esprit discursif et, plus encore peut-être, la lâche (pi'il siniposa de réformer TAcadémie ne l'eussent détourné à eha([ue instant vers d'autres objets. Nous sommes même tentés de croire ({ue chez lui, comme chez la plupart des académiciens de Dijon, le g-oùt des Sciences l'emportait sur celui des Lettres ! De même que, s'il admire ^'oltaire, c'est à Bulfon (jue va sa tendresse, de même nous sou])v<)nnons qu en cultivant l(>s Lettres et en plaidant leur cause à 1 Académie, il se piquait de continuer la tradition de ces magistrats humanistes qu'avaient été à Dijon les L;mtin et les Bouhier, mais (jue l'influence du milieu et peut-être son intime penchant lui faisaient trouver dans l'étude des Sciences des satisfactions plus profondes. La Bibliothè([ue de Dijon conserve, écrit de sa main, un volumineux recueil d'observations scientifiques ', et, terminant un extrait du catalogue de ses livres, plus de cin(piante p;iges de titres d'ouvrag;es concernant surtout li's matlu''mati(pu's, la géométrie et la mécani((ue '■.
Quoi ({u'il en soit, il semble bien qu'en s'efforeant de garder aux Lettres, dans l'Académie de Dijon, la place éminente qu'elles avaient eue dans la Société littéraire et auparavant à l'Hôtel Bouhier, le président de llulfev soit allé contre le génie de son siècle et contre celui de sa [)rovince. Kt voilii sans doute une des causes des dissentiments qui s'élevèrent entre ses confrères et lui. Au demeurant il y en avait d'autres, plus graves et surtout plus a[)parentes.