‹ Histoire secrète de l'Académie de Dijon de (1741 à 1770), composé et annotée par le président Richard de RuffeyChapitre 22 sur 50 · Le 22 novembre 17X0 Registres de l'Académie · texte numérisé non relu

Le 22 novembre 17X0 Registres de l'Académie

4. Ruil'on, lettre à Ruiïey, 2'.) avril 1771 ('.t>ri-ps[>i>iulnmt\ 1, p. 2;<(» .

'.\. Va\ 177t l'Académie avait (|uitté lllôlel de IL iiiversité pour celui ilu président Rouchin de (irandmont (('ouilépée. Ih'srr. dr li<iiiri/o!/nt\ éd. 1847, II, p. 148).

0. Registres de l'.Vcadémii'. Nommé pour la diMiiièri' l'ois le 20 ilécend)re

INTRODl'CTION 29

sur le registre des actes mortuaires, à la date du 3'' jour complémentaire de l'an II (19 sept. 1794).

II avait eu la douleur de survivre à sa femme ', à deux de ses fils, Germain, qui était prêtre et mourut en 1773, et Frédéric- Henri, conseiller, puis président à mortier au Parlement de Dijon, mort sur réchafaud révolutionnaire en 1793 -, et à l'une au moins de ses filles, cette malheureuse Sophie de Monnier, dont la triste vie amoureuse se termina par le suicide en 1789 -^ II n'eut même pas à son dernier jour la consolation de se dire qu'il emporterait dans la tombe Taffectueuse g-ratitude de celte Académie, dont Voltaire lui écrivait jadis : « Ne verrai-je point cette Académie dont je vous regarde comme le fondateur ' ? » et Buffon : « Je l'appelle la vôtre, parce qu'en eifet, si vous ne l'avez pas créée, vous l'avez du moins ressuscitée '. » Il laissait du moins à la postérité le soin de rendre à sa mémoire la justice qui lui était due, et tel est apparemment le service qu'il attendait de ces manuscrits où il a consigné tour à tour, avec le récit des faits dont il fut témoin et auxquels il prit part, l'expression de ses enthousiasmes, de ses vœux, de ses espérances, de ses mécomptes et de ses rancunes.

l'histoire de l'académie et l'histoike secrète

Le premier, intitulé « Histoire de l'Académie », porte la date de 176G et s'arrête à celle de l7o9, c'est-à-dire au moment précis

1. Anue-Claude, fille de Frédéric de la Forest, baron de Moiitfort, chevalier de Sainl-Louis {^iVXrhuumont, Armoriai de la Chambre dea Comptes, \). 73;. Morte le 12 août 1793 Heg. de l'état civil.

2. D'Arbaumont, ihid. Son troisième fils, Charles, seigneur de Vesvrotte, fut président à la Chambre des Comptes jusqu'à la Révolution [ihid.].

3. Mariée eu 1771 à M. de Monnier, premier président honoraire de la (7harabre des Comptes de Dole. C'est en 1776 que se produisit le scandale de sa liaison avec Mirabeau, et c'est à la demande des Huffey que celui-ci l'ut emprisonné au tort de Joux (v. Paul Cottin, Le roman d'amour de Sophie de Monnier et de Mirabeau, 1776-1781, Pion et Nourrit, 11)02 L Sur ses autres amours, v. les Biographies Michaud et Didot.

'«-. Correap. de V. et du préa. de Urosse.-i, p. 3K(i p. déjà jiar Beuchot, éd. de V., LXIV, p. 346). — Diile : 17611.

o. IjuU'ou, (^orresjjondurue, 1. p. 12U. — Date : 1769.

30 INTROliLTTION

OÙ UuU'ey vient d'être adopté par 1 Académie ot entreprend de la réformer. Moment décisif, moment heureux, que tous les événemenis antéiieurs ont conspiré à faire naître ! « Heureuse révolution », proclame lUdTev lui-même, « qui devait changer la face de l'Académie et la j)lacer dans le vrai chemin de sa destination ' ! » Qu'est-ce à dire, sinon qu'en dépit du titre que porte cette première partie la véritable histoire de l'Académie n'a j^uère commencé que du jour où « M. do lîulft'v )> y l'ut associé?

Il est curieux de comparei" cette apolofçic à une autre « Histoire de l'Académie de Dijon » : celle que son secrétaire Maret a écrite pour le premier volume de ses Mémoires. Certes Maret ne disconvient pas des services que lui a rendus l'élection du président de RuiTey à une place d'honoraire : <( Son zèle et ses services )>, ditil, « rendaientl'acquisition qu'on allait en faire bien importante -. » Et il ajoute que « cet événement produisit tout l'effet qu'on avait lieu d'en attendre •''. » Un autre que Rutfey se fût contenté de ces louanges. Mais nous avons des raisons de croire qu'il les trouva, lui, trop maigres et trop peu chaleureuses : l'importance de son acquisition méritait mieux, à son gré, qu'une mention de quelques lignes dans un mémoire de quarante pages. Au surplus, il est permis de se demander s'il n'avait pas rêvé pour lui-même l'honneur d'être l'historiographe de l'Académie de Dijon, et si la première partie de son manuscrit n'avait pas été écrite dans cette vue.

Va\ 17(t() l'Académie de Dijon est à son apogée : la collaboration des principaux membres de la Société littéraire, la protection du prince de Condé qui, cette année-là pour la première fois, préside sa séance publicpie, les dons importants qui lui sont faits, lui assurent un prestige qu'elle n'a jamais eu et sont le couronnement de nobles efforts dont Uufîey a pris sa grande part.

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