‹ Histoire secrète de l'Académie de Dijon de (1741 à 1770), composé et annotée par le président Richard de RuffeyChapitre 38 sur 50 · V. noies 13 el 2C · texte numérisé non relu

V. noies 13 el 2C

NOTES l'Ol'R SERVll'. A LHISTOIRE SECRÈTE 91

l'ig-iiorance, le mauvais goûl et la mauvaise >olonlé des académiciens, le déf^oùt des bons sujets, qui se lassaient de parler à des sourds ;

le défaut de registre el de rédacteur, Tabus de ne laisser aucun mémoire à lAcadémie ;

la variation de la présidence, qui tombait souvent sur le moins capable... »

Académirieihs difjnes d'un meilleur sort :

«MM. Hoin, Fromageot, Barberet, et, depuis, MM. Chardenon et Maret, dont on aura occasion de parler dans la suite. »

19 [25) Directeurs en I ~ 16 (Vit te excepté) :

MM. Thomas, Burteur (v. note 10), Darlay, Genreau. — « M. Darlay, mousquetaire avant d'être magistrat, avait conservé dans la robe le ton de son premier état. 11 ne parlait que de ses camarades, de chevaux, de revues, de combats, de bra^■oure... Il dit en pleine assemblée que M. Poulïîer aurait mieux tait de fonder une académie pour monter à cheval... » Avare; prétentions nobiliaires '.

« M. Genreau, avocat général du Parlement, successeur de M. Quarré dans la place de quatrième directeur, n'a rien fait pour l'Académie qui mérite qu'on en fasse mention... Caractère composé de tous les contrastes, haut et bas, humble et glorieux, poli el grossier, ferme et faible, complaisant et opiniâtre, juste et injuste "-... »

— Portrait de M. Bouhier de Lanlenay, qui ne fut doyen que duranl quelques mois après la mort de M. Lantin. «Beaucoup d'esprit et de grands talents pour la magistrature, mais qui, n'étant pas guidés par des intentions pures, le faisaient plus craindre que respecter... Il fit ériger sa terre de Lantenay en marquisat sous le nom de Bouhier. » Prétentions à la vieille noblesse, bien que sa famille ne doive la sienne qu'à la magistrature, « comme toutes celles de Dijon » •'.

1. Louis-Marie-Nicolas d.Vilav 1713-17^1) , conseiller 1730 (l^es Marches, p. 4«).

2. Nicolas (Jeareau, avocat général I7l'.l (Feiilol, j). i'.V.},, dirrcleur en I74'.> iF. Baudot'.)'.

3. .\nloine Bernard Bouliier de I.anlenay, consedler 101)3 (Pelilol, p. i.5t). L'extrait des Begislresde l'Acad., par B. i V. Baudol 243, f. 17), porte : « 10 décembre 174(1. Morl de M. de Lanlenay, doyen, qui n'est pas entré à rAcadérnie. »

RICriAHD DK RIFFKY

L'Académie ... <« a été lof;ée iudécemmenl pendant viiij;t ans. Les l'aiiteuils des académiciens, aussi antiqnes qu'incommodes, étaienl dcmprunL II [M. \'\[[e) a refusé de fournir un poêle, des écritoires. des lalrines, el tout ce qui pouvait procurer la commodité et la décence de cette compagnie, dont M. de lîutï'ey a fait les avances

(( Les vrais motifs des oppositions de .M. V'ilte étaient la crainte d'augmenter les dépenses qu'il était tenu de faire pour l'Académie... »

22 {.'iS)

« Le fondateur... ne connaissait que les commis grefïiers du Parlement el crut ne pouvoir rien faire de mieux que de leur assimiler le secrétaire de l-Académie, auquel il attribua des gages de 120 livres... M. Quarré, directeur, employa son crédit pour faire nommer secrétaire le procureur (ioujet son parent ', qui au bout de quelques mois, s'en étant dégoûté, fut remplacé par le s' Petit, commis greffier du Parlement, mais du consentement de M. A'itte en remit l'exercice an s"" Morizot son gendre, qui l'a exercée jusqu'à la réforme.

Ces prétendus secrétaires n'avaient d'autre talent que de savoir copier... Les registres qu'ils ont tenus pendant leur exercice sont des chefs-d'œuvre d'ignorance et d'incapacité... <>

Les mauvais acaflétniciens briguaient et obtenaient la préférence...

« M. Gelot (v. note 28) y a lu un discours sur la Haison et un autre sur les dilî'érents génies du peuple français, vraies compilations sans méthode, sans style et sans goût.

M. (xuvol V. note()2ia lu des discours sur la modestie, le bonheur.

I. Maurice (ioiijel (»ii Gou^cl est 1 "aiileiu' d'imo T.ihti' i/t''nrr;ili' ;ilithiil)éliffiiecl abroger dos rdits, (bh-l.irittiuns, Ifttrfs ii.ifi'nli-a, ardonnances, n'^tjlenienls el arrrls du (À)nsi'il, iniitriinés ;t Dijun de îtidd ù 1735 l)ijon, Marlerel, 1738; v. (inleric huurf/., \, p. ^'^')-i^ Il est aussi l'auteur de iiouibreuses j)ièccs saliri(|ues centre i'.Vcadémie de Dijon, écrites veis l7Vt-*2. On en trouvera une partie dans les Nutes el documents de Milsaiid, p. JKO et suiv. ; d'autres dans le 2*' vol. du nis. F. Baudot 144.

NOTES POUR SERVIR A i/hISTOIRE SECRÈTE 93

le pardon des injures, (|ui étaient de vraies liomélies difi;'nes d'un curé de village.

M. Ghaussier (v. note 13) a t'ait la lecture d'une dissertation sur le changement du chyle en sang, qui finissait par ces mots : u Enfin bref il mourut »>, et une autre sur les hydatides, qu'on ne lui permit pas d'achever '.

M. Melot \ibid.) y disserta sur la respiration des animaux et sur les préjugés favorables ou contraires à la médecine : ouvrages informes et sans raisonnement, dignes des tréteaux d'un opérateur.

M. Liébaut \ihid.) a discouru sur la chimie, dont il ne connaissait pas les premiers principes, quil remplaçait par des passages latins.

M. Raudot {ihid.j y a traité de la circulation du sang, de la nature de l'air et de ses effets sur le corps humain, du ressort des corps, et de la cause des fièvres putrides : ouvrages mal pillés dans de bons auteurs et si maladroitement présentés que le sieur Amiot son beaupère, chirurgien habile, ne put s'empêcher de s'écrier en l'écoutant ; " Ce b... d'àne-là ne sait ce qu'il dit. »

M. P'ournier enfin \ihid. et n. '2f)) a lu dans ces séances des dissertations sur la manière de traiter et de guérir les fièvres putrides, sur les différentes qualités des vins, sur les qualités et les inconvénients de l'opium : ouvrages sans méthode et sans goût, et d'un style bas, chargé de gascon ismes -. »

« M. Hoin IV. note 39) a lu aux séances publiques de l'Académie plusieurs ouvrages bien vus, bien pensés, bien écrits, et remplis d'observations curieuses et intéressantes sur diverses matières relatives à l'art qu'il professe : sur les difTérents systèmes de la génération, sur l'art de conserver la santé réduit à un seul principe, sur l'utilité des passions par rapport à la santé, sur les cataractes secondaires, sur la rage, sur les maladies épidémiques.

M. Fromageot ' brilla dans ces séances par des ouvrages philosophiques écrits avec méthode, éloquence et précision, pleins de grandes vues et du feu qui animait son génie, sur la politesse, sur l'éducation de la jeunesse, et sur les qualités du cœur qui font connaître et aimer la vérité ^.

f. Le I"' volume des Méni. de l'Acad. coutienl lanalyse d'un mémoire (le lui sur les maladies épidémiques, p. xcvii. Sur les autres lectures, très nombreuses, faites par lui à l'Acad., v. F. Baudot 9, et les Mémoires de l'Acad.

2. V. F. Hiiudot y, la liste des leetures laites [)ai- lui à l'Académie.

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