H.N.R. 17G0 (Milsand
3. ChifTlet. préside-nt à mortier au Parlement de Besançon, II.N.R. 1") nov. 1765 Milsand . Mort 1782 F. Baudol 243, f. 49 .
\. Anloinc Hrct. avocat, né ii Dijon 1717, mort ;i P;iiis I7'.I2. A : I7il :
174 nir.nAiHj T)K m Fri:v
M. (lazotle, lils d un notaire rie Dijon, a l'ait voir dans des ouvrag'es de juire imagination qu'il était doué d'un génie Fécond, \il'et agréable, souk'iiu [)ar beaucoup d'esprit. Son roman d'Olivier mérite l'estime et Tapprobalion des connaisseurs et des gens de goût. Né peu riche, il chercha à faire lorlune : ayant obtenu un emploi de commissaire de marine dans les colonies, il sen acquitta d'une manière faite pour lui mériter l'estime et la conliance de ses supérieurs... » Marié en .Amérique, il rentre en France, après avoir eu le malheur de conlier ses fonds (^11^0. 000 fr. I au P. Lavalette, jésuite, qui au nom de sa Société exerçait en .\mérique le métier de banquier et de commerçant. Celuici lui refuse le paiement du dépôt en prétextant qu'il a été enlevé par les .\nglais et lui oH'ranl pour paiement les prières de la Société. Procès devant le Parlement de Paris, « qui saisit avidement un prétexte pour travailler eflicacement à la ruine de celte société La
mauvaise foi des Jésuites fut mise dans son plus grand jour... Il en résulta un incendie qu'ils n'eurent pas le pouvoir d'éteindre ; on peut dire de cette société : Incidit in foveam qiiam fecil. Les gens les plus impartiaux les plaignent, mais conviennent en même temps qu'ils avaient trop d'ambition, que, puisque leur Société était une pierre d'achoppement qui excitait des troubles dans la France depuis soixante ans, il était à propos delà détruire pour rétablir la paix de l'Kglise '. »
(( Un d'entre eux.... le compromit avec le chancelier... »
AL le comte de Bissy. Sa famille, du nom de Thyard. tire son
P : 1743; N.ri. 17G8 iMilsand . V. (ialerie bourg., I, p. 127-128; abbé Michaud, II, p. 20-23, La France littéraire mentionne de lui en 1769 : Ci/thfh-ide (\~'t'.^), Lijcnris, Le"", histoire bavarde (1749), Vie de Ninon, Sfancox .s»/' //) maladie de M'' le Dauphin, La belle Allemande (174")\ /'.'s.«!<j/ (le (^onteg moraux et dramatiques (1765 , {Siuvres de Théâtre (1765'.
1. Jacques Cazolle (1720-1792), contrcMeur des Iles du Vent eu 1747. .Sur Tatlaire des Jésuites, qui aboutit à la suppression de leur ordre, V. Foisset, Le i)ré)iident de Brosses, p. 227 et suiv. ; Mercure dij., p. iH't, 173, 256. Le roman d'Olivier est de 1763 (v. (JEurres badines et morales, historiques et philosopfiiques, 4 vol. 1817). V. liiogr. univ., tome \'n, La France Littéraire, I, p. 211. — N.R.: 3juin 1768. Les Registres de TAcadéuiie nous ont conservé sa lettre de remerciement : u... C"e n'est pointa l'éditeur de (pielques petits ouvrages éphémères, dignes à peine de servir d'anuisenient n un lionuue sensé, ce n'est pas proprement à l'auteur d'Olivier, c'est à \olit' coinpahiole à qui vous venez de ilonner place parmi vous : je suis le choix de voire cœur ; c'est lui qui vous a fait cette illusion aimable; il m'adopte sans vous laisser Hbies de balancer ni d'élire... l'n senliiueiil (•x<|uis fail pour des âmes franches comme les nôtres a tout décidé ; il est le garant de ma reconnaissance, de mon atlacliemeut et de mon respect poiu' la ('ompagiiie. ■■ Ite^. 1\', f. 159).
NOTES POIR SERVIR A LHISTOTRE SErRKTE 17")
origine du Maçonnais ; elle est cependant parvenue en moins d'un siècle et fiemi aux plus grandes dignités de rKglise et de l'armée... Lieutenant général des armées du roi... « Son esprit abstrait détermina son goût du côté de la métaphysique. Il a fait plusieurs ouvrages dans ce genre, qui seraient plus estimables s'ils n'étaient pas empreints d'une teinte de matérialisme d'autant plus dangereux et parsemé plus ingénieusement. Son Histoire de lànie est de ce genre. Comme il ne s'en est pas avoué l'auteur, ils ne Font pas empêché d'être reçu à l'Académie Française.... Il se proposait de venir présider (à l'Académie de Dijon) en qualité de membre de l'Académie Française, qui prétendent [sic) avoir ce droit dans les académies de province. M. de Rulï'ey jugea quil valait mieux le prévenir en lui oiîrant une place d'académicien honoraire, qu'il accepta avec plaisir... » Mais M. de Bissy négligea d'écrire au chancelier. M. de HutFey lit semblant d'ignorer cet oubli et, pour ne pas perdre un sujet d'ua tel mérite, fit procéder à sa réception en l'absence de l'ancien évêque de Troyes, qui parut dans la suite lui en savoir mauvais gré.
« M. de Bissy fit tort à sa réputation en s'intriguanl dans la cabale qui éleva M'"'' du Barry au titre de la maîtresse du roi. Ce manège ambitieux et intéressé avilit la philosophie dont il s'était toujours piqué '. »
Noie sur les j)Ius importantes modifications introduites dans les statuts :
<( Le premier et le plus grand abus qu'on a^ ait laissé subsister était
1. Claude VIII de Thyard, comte de Bissy (et non marquis, comme l'écrit Milsand), 1726-1810, lieutenant général des armées du roi en 1762, commandant du Languedoc en 1771, plus tard gouverneur du palais des Tuileries et des ville et château d'Auxonno. De l'Académie Française en 1750. OEuvres principales : Histoire d'Emma, ou de l'.Vme (dont Fmraa est l'anagramme), Paris, 17.")2 ; Lettres sur iesprit de patriotisme, etc. traduites de l'anglais de Bolingbroke, 17.'')0 (Galerie bourg. III, p. 221-2. Biogr. universelle). II.N.R. 176a.
Milsand l'a, par mégarde, mentionné deux fois dans sa liste générale des membres de l'Académie de Dijon, la première fois sous le nom de Bissy (manjuis de), la seconde sous celui de Thiard, comte de Bissy. Il n'en mentionne pas moins le marquis de Thyard (Gaspard-Ponthus), à Semur, II.N.R : 1769. Celui-ci (1723-86) est l'auteur de différents ouvrages dont on trouvera l'énumération dans la Galerie bourg. III, p. 223-4 ; cf. Notice par Amantou, dans les Mém. de l'Acad. de Dijon, 1831,2^ p'f^, p. 128. Le tome II des Mém. de l'Académie contient de lui un mémoire sur nii \[errure\]0 (]vr. \1C)^, \t. 1711, cl un antrosnr <i In bonne chère des anciens» 1^1771,1). 237 .
176 nic.iiAiti) i)i-; iuffrï
rabandoti de lous lus fonds aux |)tMisi«)iinairos. Par les nouveaux slaluls on Irouva le inoveu d en réserver une partie pour TAcadémie.
Les éleelious lurent enlevées aux dii-eeleurs au moyen du choix des sujets par la pluralité des voix, ainsi (jue la décision de loutes les allaires et le juj;ement des prix, ne pouvant jamais opposer que leurs cinq voix à TAcadémie entière. Il ne leur resta que le droit de nommer les pensionnaires, droit fort indilférent à l'Académie, puisqu'ils étaient naturellement choisis dans le nombre des associés qu'elle avait élus
... On abolit les trois classes ridiculement établies par le fondateu"' et dont liisa^e, t|noique non ol)servé. ne faisait que gêner l'Académie.
Le droit de parler au nom de la Compagnie dans les séances particulières et de faire les propositions de sa part fut attribué au chancelier.
On établit à la séance publique de rentrée la lecture de l'histoire des travaux de l'Académie pendant l'année précédente, usage bien propre à exciter l'émulation.
-Aux statuts généraux il en fut ajouté de particuliers pour llxer et régler les fonctions de tous les officiers de l'Académie. »
M'''' Fleutelotet Fontette affectèrent de ne consulter que M. Maret, dans l'intention d'humilier M. de Huiley. >• Un ton de hauteur et de dédain, un rire insolent, des propos impertinents, de plates plaisanteries furent les armes qu'ils employèrent contre lui... »
M. (luyot... i< s'échauffa dans son harnois au point de faire craindre pour sa santé... Il dit beaucoup de sottises : cela était de l'essence de son caractère et n'étonna personne ; mais il révolta l'esprit des honnêtes gens en proposant de payer les dettes de l'.-Vcadémie par le moyen d'une banqueroute... »
Le plus ancien des pensionnaires :
M. Haudol fv. n. n et 23V
« Après beaucoup de tatouage (sic)... M. lîandut dit (pic les pensionnaires se plaij^naient de la bougie (|ui se donnait aux honoraires sur des fonds qui leur appartenaient... M. de lîulVey lit sentir l'in-
NOTES POUR SERVIR A l'hISTOIRE SECRÈTE 177
justice et la fausseté de ce reproche injurieux et dit qu'il abandonnait sa part de bougie au prolit de rAcadémie. Les autres honoraires se piquèrent de générosité et en tirent autant. M. de Fontette n'osa reculer... Les pensionnaires, outrés dètre démasqués et si honteusement compromis, désavouèrent leur orateur »
163 (:i4rj
« in acaihhnicien (jui iiruil loiijours montré du zèle... »
M. Gelot. '< Sa bonhomie, sa probité, son désintéressement s'évanouirent... Il désapprouva les nouveaux statuts parce qu'ils n'étaient pas son ouvrage... » M. de RuHèy rompit dès lors tout commerce avec lui, et l'hostilité de M. Gelot n'a plus cessé de se manifester. « 11 sest ligué avec M. Maret pour s'emparer du gouvernement de l'Académie, afin d"v faire dominer le ton bourgeois... »
164 Ci 44)
Ai'licles « .'i;icn/ié.s à hi paix et à rimportunifé » ;
« On décida d'accorder indislinclenienl des éloges à tous les académiciens, ce qui en diminue le prix..., plusieurs académiciens actuels n'étant susceptibles d aucun éloge. Il fut délibéré que l'Académie serait tenue de recevoir tous les ouvrages qui lui seraient présentés par les pensionnaires pour fournir leur tâche annuelle, quelque mauvais et quelque imparfaits qu'ils fussent, pour lesquels ils toucheraient leurs pensions, que les pensionnaires soi-disant malades seraient tenus présents par un simple avertissement de leur part au secrétaire. »
Nouveaux statuts : imprimés en 1767 in-4, Causse).