V. Milsand, Bibliogr. bourg., p. 148, et Suppl', p
L'abbé Deberre signale une lettre du président de Brosses à R, (27 mai 1762) annonçant que « notre bon Piron, malgré sa répugnance connue pour toute place académique, a accepté celle que je lui offrais à Dijon •> iDebeiTC, p. 271:. D'aprè.s la Table des registres (F. Baudot 9) il aurait écrit lui-même à l'Acad. de Dijon pour solliciter nne place d'honoraire (11 juin 1762). Il envoya à l'Acad. en 1768 une ode : Oryies et bacchanales. en 1772 une autre pièce de vers : Epilaphe du genre humain (ibid.).
I (IS iticnAiu» 1)1', hl'kfkv
i-omincrcc des lemnics, M. de Hourbonnc consacre cepeiulanl des moments à l'étude... Des cha>;rins domestiques... l'ont emj)èché jus(|ues ici de venir à l'Académie el même de confirmer par sa réception le titre d'académicien c|ui lui a été donné '. »
•<... M. Le (lonx, conduit presque par hasard dans le cabinet d'histoire naturelle, fut du plus grand étonnement d'y trouver son buste ; il se plaignit de cette surprise et sortit pour se dérober aux compliments. Mais quelques jours après sa modestie devint moins austère : il s'accoutuma insensiblement aux témoignages de la reconnaissance de l'Académie... >•
Poète (/lie r Académie « recul presque malgré elle ».
« M. Poinsinet le jeune, connu à Paris par plusieurs ouvrages, mais encore plus par ses ridicules. Il avait l'ait connaissance a\ec M. de Kulley chez M. de V^oltaire qui. au retour d'un voyage d'Italie, lavait reçu chez lui par bonté et lui donnait depuis cinq mois un asile contre 1 indigence... »
Cinq ans après, il Ht jouer à Dijon un divertissement en l'honneur du prince de Gondé (1766)... « Il avait précédemment fait des tentatives pour entrer à l.Académie de Dijon, à laquelle il avait envoyé son poème sur l'Inoculation... M. de Frazans avança cette imposture que le prince désirait son élection, et il.l'ut élu en l'absence de M. de Hnil'ey.
M. Poinsinet ne manquait pas d'esprit et de talents : il a l'ail ((uelqucs bons ouvrages, entre autres la petite pièce du Cercle, qui a l'ait dire de lui qu'il avait écouté aux portes de la bonne compagnie ; mais il était sot et organisé pour l'aire des sottises. Sa crédulité ti'avail pas d'égale — » HuU'ey en cite plusieurs exemples.
■• ....\yant eu à Paris un procès malhonnête contre une tille publique à qui il refusa de rendre une montre (|u il avait pris {sic) d'elle en gage,
I. Marie-Aiiloine-Bernard-Claude Chariraire de Buinhoime ITiH-ITSl), conseiller 1756, président îi mortii-r llîiS sur la résignation de son père ,Ioan-Kranç()is-(ial)riel-nénignc' ( 171 .i-nCiO) Des Mjuelu's, p. 7 et ['S . II. : I i août 1707 (Milsandi. Sur la l)il)li()lhè(|ue du président Bouhier, dont il iiv.iit hérité (son père était le geiuhc de B. , v. I>es (lueirois, /,c préxulenl lioiihier, sa ihp, ses ourrai/es, su hihiiollii'i/uc, Paris, 185."»; Einu). dt' Broglie, Lps jtDrli'feiiilli's du firésidcnl liDii/iiiT, Paiis, IHîK».
NOTES POUR StRVIB A LlUSTOIRfc: SECRÈTt; 1()9
quoiqu'il eut gagné ce procès par la l'orme, le public et rAcadémie ne le crurent pas justifié. A la réquisition de M. l'ancien évèque de Troyes, son nom l'ut rayé des listes de l'Académie *, »
150 3 20) Académiciens {de Dijon qui se sont rendus indignes de ce nom :
« De trois personnes de ce j^enre deux ont été réellement chassées I Bernard Piron et l'abbé Richard i, l'autre se retira parce qu'il s'aperçut qu'on était peu content de lui. » C'était M. Briois, lils d'un avocat au Parlement de Dijon ; il était » fort disgracié de la nature, tant pour le corps que pour l'esprit... Il fit là l'Académie) un discours sur le mariage, si mauvais et si plein d'obscénités qu'il scandalisa toute
l'assemblée Ce petit homme s'attendait à des applaudissements : il
sortit en colère de l'Académie, où il n'est plus rentré -. »
Il a été question plus haut de l'abbé Richard (v. note 43 1.
<< M. Piron, fils d'un apothicaire de Dijon et neveu du poète Piron. avait quelques prémices de talents pour la poésie et la littérature, qu'il n'a pas cultivés, tant par le conseil de son oncle que par son goût pour la débauche. Ayant commis, avec des libertins de ses amis,
1. Auloiiif-Alexandie-Heiu'i Poinsiuol 1730-61';. Poèmes, épilres, tragédies, héioïdes, comédies [le Faux Dercis, 1757 ; Suncho-Pfinra, 1762 ; h' Cercle, 1764 ; le Sorcier, 1764 ; Toni Jones, 1763 ; Lu Réconrilialion villageoise, 1763 ; le Choix des Dieux, ou les Fêtes de Bourgogne, divertissement pour S. A. S. Ms' le Prince de Condé, 1766 {La France littéraire, I, p. 367-8i.
Voir Voltaire, éd. Beuchot, LVI, p. 777, et LIX, p. 4')o.
C : 18 juillet 1766. RufTey ne dit pas qu'il avait lui-même répondu au discoiu'S de réception de Poinsinet : <■ Il parlait de ses ouvrages, des suffrages dont l'avaient lionoré M'^'' le Duc et M'""' la Duchesse d'Orléans, M. de Voltaire et r.Xcadémie des Arcades, puis s'était arrêté sur le drame ingénieux dans leipiel M. Poinsinet avait délicatement tracé l'éloge du héros prolecteur de l'Académie.... M. de Ruffey lui exposa ensuite létendiie des obligations (pi'il contractait et lui fit sentir que, membre d'un corps respectable et respecté, il devait se faire gloire criionorer une place qu'il avait désirée avec le plus vif empressement. » Registres de l'Acad., 111, f. 159.
Poinsinet fut expulsé de l'Académie 1768) pour avoir pris la qualité d'académicien de Dijon « dans un mémoire contentieux qu'il avait fait imprimer dans un procès qu'un homme délicat n'aurait jamais soutenu ». ilhid., IV. f. 177 et suiv.)
La note de Rulfev a été pul)liée par Tajjbé Deberre, mais inexaclenieni ip. 275-6) : il eu a écourté et arrangé la fin.
2. Briois, avocat à Dijon, P. : 1744 (Milsandi. Il fut élu le '••janvier, lut son Discours sui- le mariage les 31 janvier et 7 février, et démissionna deux ans après, le 18 février 1740 (F. Baudot 9).
170 KICIIAIU) Ui; ULU'I'KV
des impiétés scandaleuses qui [jouvaieiil lui l'aire redouler la sévéï'ilé des lois, si les égards que méritait sa famille n'eu a\ aient arrèlé leiret. on lui lit dire de ne plus renlrer à l'Académie '. »
l)i\ ers pi'olé;;és de M. .Marel qui, impérieux el inlrit;anl, \oulail proliter de sa place [)Our se l'aire des amis et des partisans :
« François, jeune homme de Lorraine que M""' la comtesse de Hochechouart honorait tie ses bontés et qui, à quatorze ans, montrait les plus heureuses dispositions pour la poésie. M. de HuU'ey, pour lent'ouraj;er, le lit recevoir à l'Académie malgré les obstacles de son âge : mais là M. Maret voulut le protéger à son tour, s'empara de son esprit, et cette protection subalterne n'a servi qu'à le gâter : il n'a l'ait aucun progrès... -
1. Bernard Piroii, iié à Dijon ['[H, mort 1812. A : 1740, P : 174() ^Milsand). Avocat au Parlement de Dijon ; habile, comme son oncle, à aiguiser l'épigramme et passionné pour la poésie (Galerie bourg., II, p. 4S3-4). Reçu associé pour la classe de médecine en 1740, il avait passé à la classe de morale en 1744. II lut à l'Académie : en 1744 un (liscoiirs sur la C.alomnie ; en 1746 une ode sur la Mort, une ode sur les Femmes, et une ode sur tes Psaumes. Il donna sa démission le 9 août 1748 (F. Baudol 9, f. 220'.
2. Nicolas-Louis-François de Neufchàteau (I7r»2-I828). (Vest le t'utur président de rAssend)léc Législative, membre du Directoire, ministre de l'inlérieur, comte tle l'Fmpire, président du Sénat, etc., mend)re de l'Institut en 1797, l'auteur de Paméla (17931 et autres ouvrages dont on trouvera les litres dans la Bio(jr. univ., tome XIV. Notice dans la France Littéraire
176'.*) : Il Associé des académies de Dijon, Marseille, Lyon el de la Société royale de Nancy. Poésies diverses (1765) ; Vers sur VEnfance, dans le Mercure de juin 1765 et dans VAlmanach des Muses ; Uemerciement à .V'* de r Académie de Dijon, pièce insérée aussi dans le Mercure et le Journal enci/clopédit/ue ; Pièces fufjitives [116G) ; V'er.s à M. de Voltaire placés tians lous les papiers publics ; Poésies diverses de deux amis (François el .Mally, 1768) ... Fr. litt., I, p. 270; II, p. 464, 469.
Les Registres de l'Académie (III, t'. 42 1 mentionni'ni (pie François de Neufchàleau, tils d'un [)auvre maître d'école de village, a été reçu à treize ans associé correspondant de r.^cadémie de Dijon 2H juin 176.5. LAcad. H es|)ère de la sensibilité de cœur de M. François qu'ap|)liqué à mériter toujours les bontés de ses protecteurs... il veillera sur lui-même avec précaution, surtout à l'âge (liuigereiix où le co-nr dt-Niciil souveiil le jouet el la victime des passions... "
Son discours de i-emerciement, en vers, lu à l'Acad. le 15 dée. 1765, est imprimé dans le 1'' vol. des Mémoires de l'Acadénde (p. 355). Nous avons trouvé dans (pielques papiers provenant île la vente des livres et mss, ayant appartenu ;i Hulfev, (pu- M. Damidol, libraire à Dijon, ;i bien voulu nous |)ermetlre di' ciMisullef, hois rédactions sucei-ssives de l'c discouis
NOTES POUR SEUVIR A l'iIISTOIRE SECRÈTE 171
Sauvade, minime, secrétaire de lu Société littéraire de Glermont, à qui M. Maret avait demandé les anecdotes nécessaires pour composer l'éloge de M. de Féli^onde '. M. Marèt le lit recevoir à T Académie de Dijon : le moine lui rendit le même service à Glermont ^. »
Buchoz, <( charlatan botaniste de Nancy... M. Maret le Ht recevoir académicien de Dijon pour qu'il lui rendît le même service au collège des médecins de Nancy, collège où l'on reçoit tous les médecins qui se présentent... ^ »
L'abbé de Vienne, ci-devant conseiller au Parlement de Paris et chanoine de Notre-Dame, retiré à Clermontoùil vivait splendidement. Il faisait quelques vers et avait été reçu membre de la Société littéraire dé Glermont. M. Maret s'intrigua en sa Faveur, jusqu'à ce que l'on découvrît qu'il n y avait jamais eu de lettre ni de demande de la part de l'abbé de ^'ienne...
M. de liulfeij cherchail à affranchir IWcadémie <lc lu persécnlinn
de la médiocrité.
Persécution qui augmente en raison de la célébrité des académies. Gest ce qui arrive à FAcadéniie Française : à plus forte raison dans celles où le nombre des académiciens n'est pas irrévocablement fixé. Aussi M. de l{ulle^ a-t-il de tout temps désiré cette fixation ; il l'espère encore du temps, des circonstances, de la bonne volonté.
avec les corrections de Ruft'ey. II est amusant de constater que l'éloge de RuITey, qui figure dans la rédaction définitive après celui de M""' de RochechouoiL, ne faisait pas ji.tilie de la première rédacliou. Il en est de même de léloge de Piron.
Une ode de François de Neufchàteau, inlilulée La Mort du lyrun, fui lue à FAcad. le 16 août 1767. Pour ses autres communications à lAcad., v. F. Baudot 9. V. aussi Tépili-e de VoUaireà François do Neufchàteau (éd. Beuchot, XIII, p. 248).
1. Secrétaire de celte Société, gendre de JNI. de \'illeneuve ; H. N.B. 17ti2.
2. Le B. P. Sauvade, professeur de mathématiques à Clernionl ; N. R : 10 juillet 1767 (Milsaud).
3. Pierre-Joseph Buchoz, né à Metz en 1731, morl en 1807. i' Avocat au Parlement de Metz, docteur en philosophie et en médecine, agrégé du collège royal des médecins de Nancy, des académies de Metz, Rouen et Bordeaux {France litt., I, p. 202 ; mais ihid., p. 88 : de Dijon, Rouen, Caen et Angers). Truite historique des [jlunles qui croissent dans In Lorraine et les trois évéchés (1762, 7 vol. in-8, v. France litt., II, p. 561) ; Discours sur lu Botanique ' 1760, in- 12, iliid., p. 207) ; datalot/ue des [liantes qui croissent dans la Lorraine (il(H'), in-12, ihid., p. 163); Médecine rifrale et pratique
2 vol. in-12, 1768, ibi(L, p. 3s4 . I/ensemble de ses compilations, hâtives et pleines d'erreurs, forme plus de 300 volumes. C : 1766 (Milsand).
I i- UU;ilAUD DE iail''li\
H Gens modiDcres et incapables de l'aire des ouvrages dignes d'èlre lus dans les séances publiques », tlonl M. de HulTey eul ladrcsse d'éluder les tentatives : les abbés Joly et de la Borde, "M'"" de Tournay. Lardillon. Gaudelan, du Molin, dlslan, (lanabeiin...
C.ourts portraits de M. Ganabelin, " plat sujet el d'une singularité outrée », — de M. de Lacoste, avocat an Parlement, railleur et mordant, mais <( le médiocre el quelquefois le mauvais dominent dans ses ouvragées », — • de M. Béguillel, notaire de la province de Bourgogne, qui, <* à force de vouloir raffiner et de s'alambiquer l'esprit, parvient à embrouiller et à obscurcir les choses les plus simples et les plus claires... ' »
«< .Au bout des trois années fixées par le règlement, on fil une enquête de ceux qui y avaient contrevenu. Il s en trouva plusieurs dont le mérite reconnu porta l'Académie à user d'indulgence en leur faveur ; mais étant nécessaire, pour atFei'mir le règlement, de faire un exemple in anima vili, on choisit M. Pinot, médecin de Bourbon- Lancy, dont le nom fut supprimé de la liste. Il n'avait jamais envoyé que de mauvais ouvrages... .Au reste..., il avait lâchement prêté son nom à Ai. Fournier pour escamoter le prix dont il avait eu tout
I honneur, s'étanl introtluit à l'Académie |)ar cette fourberie -... »
M" Liébaut et .Melol. Le premier « était un ecclésiastique [)lcin (le laiideur el de probité, mais sans esprit, sans génie et sans goût.
II avait beaucoup lu el retenu beaucoup de choses, mais n'en avait appris aucune... » Bref « le savant le plus ignorant de son siècle •'... »
L'autre : " médecin en dépit (FEsculape. Sa bonhomie el son désintéressement lui atlirèrenl des pratiques dans le peuple el chez les
1. Sur irurs coinimuiiciilious à l'Acad., v. !•". liaudot 1>.
2. C. : 2i aoiil I74',t (Milsaiid). Rayé de la liste en 1707 (F. Haiulol 2*3, I'. 30), Le ms. 1027 île la l^ibl. de Dijon contient (p. 22 el suiv.) une lettre adressée par RufTey à Pinot pour rengager h « envoyer à l'Académie des ouvrages qui entrent plus essentielleineiil dans le plan de ses études ». Pinot y est lancé d'importance.
•i. Liélianlt, vicaire de Sninl-Xicoias ii hijon, iiiorl ii Dijon, I70.'i. P. 1740 (Milsand). \ lu "à rAcadéinie des ilisserlalions sur l;i lumière, la grêle, les comètes el les années dimalériques (Giraull, Essais sur Dijon, p. 25 Ij.
NOTES POUR SERVIR A l'htSTOIRE SECRÈTE 178
moines. I^a nature et le hasard f^uérissaient plusieurs de ses malades ; il tuait les autres de si bonne loi quon ne s'en prenait jamais à lui, mais à la violence de la maladie.... Il se donna pour mathématicien et, selon Tusage de tous les ionoranls, prétendit avoir trouvé la quadrature du cercle : mais il n'était pas plus habile en cette science qu'en médecine '... »
t' Illustres Bourguignons » que M. de Buff'ey procura à IWcadémie :
M. de la Tour du Pin, .M. .\melol, M. lévèque de Toul, M. de Paulmy, M. Chitlet, M. de Grosbois, M. de Clugny, M. Brel et M. Cazotte. Notices sur ceux de ces personnages quon n'a pas encore fait connaître :
M. Drouas de Boussey, évéque de Toul, membre de l'Académie de Nancy. « Ses mandements, supposé qu'ils soient de lui, annoncent des talents pour l'éloquence sacrée. » Mécontent de 1 Académie, parce qu'elle a dû. à regret, lui refuser sa médaille dont, pour raisons d'économie, elle a borné le don aux académiciens résidant à Dijon. Observations sur cette médaille : les coins du dessin de Girardon sont gravés par Duvivier et coûtent plus de 1.400 fr. Mais la légende Cerlai tergeminis lollere honorihns (Minerve entourée des symboles des arts et présentant trois couronnes) « n'offre qu'une pensée fausse, tergemini voulant dire six ou un nombre indéterminé -... »
M. Chifflet, premier président du Parlement de Besançon, issu d'une vieille famille qui a produit plusieurs savants hommes, entre autres le P. Chifflet, jésuite, historien et littérateur. Possesseur d'une belle bibliothèque et de bons tableaux, membre de l'Académie de Besançon... « Ayant épousé M*'"*' Berbis de Rancy, fille d'un gentilhomme de Bourgogne, il avait des droits à l'Académie de Dijon. » Ami de M. de Ruffey, qui jugea avantageux de le recevoir pour établir une correspondance étroite entre les académies des deux Bourgognes '■' .
M. Bret, pensionnaire dans l'ancienne académie, « travailla pour le théâtre avec quelque succès ; ses ouvrages ont de l'agrément et de la délicatesse, mais ils manquent du feu du génie qui caractérise les bons auteurs '...