‹ Histoire Secrète de l'Académie de DijonChapitre 12 sur 52 · HAN · texte numérisé non relu

HAN

que Ruffey a tracé de Fromageot le fils est celui d'un original fort indépendant qui « cachait ses talents sous l'extérieur le plus négligé » et qu'un « génie ardent portait au singulier et à l'extrême ». D'ailleurs, janséniste. C'est dire que le paradoxe de Rousseau n'avait pas de quoi lui déplaire !.

Les autres académiciens n’en furent pas indignés non plus. « L'Académie », écrit Ruffey, « se contenta de déclarer, dans son assemblée publique où l’on fit la lecture de l'extrait de l'ouvrage couronné, quelle en adjugeait le prix aux talents supérieurs de l’auteur et au chef-d'œuvre d’éloquence qui lui était présenté, sans adopter ses sentiments, à l'exemple de plusieurs célèbres académies ? ».

Cela n'était pas si mal jugé : Ruffey lui-même en convient. Mais une académie plus savante et plus amoureuse des Arts eût été peut-être moins équitable... Ruffey va plus loin : il prétend qu’ « aucun des juges du prix n’était capable d’apercevoir les paradoxes de Rousseau, de les développer et de prévoir les conséquences de leur jugement * ». Malheureuse acadénne, qui ne pouvait échapper au soupçon d'hérésie qu'à la condition de passer pour niaise !|

De fait, lors même que l'on eut cessé d'incriminer ses intentions, on continua à la blâmer d’avoir, en un pareil sujet, proposé l'alternative. En vérité 1l était grand temps qu'elle sortit de ce marasme et connût enfin des jours prospères. C’est à préparer cet heureux changement que le président de Ruffev s’employa avec un zèle dont nous serions tentés de le louer davantage, s'il

ne s'était lui-même tant loué.

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