J.-B. Voisenet (ibid., B
Peut-être le trésorier des États, que Ruffey appelle un « tyran », ne sut-il pas s’accommoder d’une surveillance indiserète ; peutêtre avait-il ses raisons pour ne pas collaborer de bonne grâce à la conservation des papiers, minutes et registres des greffes !. Et Ruffey, nous le verrons, n’était pas homme à plier.
Sur « l’insulte imméritée » qu'il essuya un peu plus tard de la part d’un officier de la Chambre des Comptes et qui le détermina à se défaire aussi de cette charge, nous en savons moins encore. Sans doute la Chambre des Comptes ne jugea pas à propos de prendre officiellement parti dans une querelle privée. Ruffey en fut outré. En vérité, dès à présent, nous avons des raisons de croire qu'il n’était pas d'humeur facile et ne cédait que trop souvent aux impulsions d’un tempérament irritable.
Au reste sa retraite anticipée « le rendait à lui-même ». Rebuté par « l'injustice des hommes », il put se donner tout entier aux Lettres et aux Sciences, qu'il aimait.
Il était très fier d’avoir fait jadis d'excellentes études au collège Louis-le-Grand, d'y avoir été, comme Voltaire (plus âgé que lui de douze ans), le disciple du P. Porée, et d’avoir remporté en rhétorique le prix de poésie française? C'était le temps où paraissait la Henriade : Voltaire était déjà célèbre. Nul doute que le jeune Richard de Ruffey n'ait été séduit par son exemple; et qui sait s'il ne prit point ses modestes succès d’écolier pour les premiers rayons de la gloire ? Dès l’âge de vingt et un ans, il faisait imprimer une ode *; d’autres suivaient, et puis des traductions en vers, des stances, un épithalame, voire un poème héroïque tiré de l'Écriture Sainte. Quand il ne faisait pas de ces
vers une publication spéciale f, 1l les envovait au Mercure de
1. Nous le trouvons, dans les registres des États de Bourgogne, particulièrement occupé de l'entrée et de la sortie des blés et de négociations avec les traitants des étapes (Arch. dép., C 3192 et suiv.).