Registres de l’Académie, II, f
6. V. Voltaire, éd. Moland (Corresp. I, p. 318), l'invitation adressée par à R., le 12 janvier 1758. — Cf. lettre de V. à de Brosses, du {tr oct. 1758.
Are président Fyot de la Marche (Claude-Philibert) avait le même âge 2. V.et avaitété son condisciple à Louis-le-Grand. Voir dans la Co ee de V. el du prés. de Brosses une série de lettres à lui adressées par V. de 1761 à 1766 (p. 253-301).
8. On en trouve plus de soixante (v. notamment p. 305-396) dans la Correspondance de V. el du président de Brosses (1858) citée plus haut. Reproduites par Moland. La première en date est de 1754; les deux dernières (5 sept. el 30 oct. 1777) sollicitent R. en faveur de M. de Florian et de M° Denis, qui ont un procès à Dijon : son fils, le président Frédéric-Henri Richard de Ruffey, est leur juge... Une cinquantaine de lettres
elles prouvent que même la grande querelle de Voltaire et du président de Brosses, dont Ruffey était aussi l'ami, ne nuisit pas à leurs relations !. Celles-ci ne cessèrent Jamais complètement : elles devinrent seulement plus rares et plus froides quand les « déclamations impies » de Voltaire eurent blessé Rufley dans ses sentiments religieux ?.
Plus active encore, et plus amicale, fut sa correspondance avec Buffon. Quand il écrivait à ses amis, M. de Buffon ôtait ses « manchettes », et son style était, comme lui-même, plein de simplicité et de bonhomie. Les nombreuses lettres qu'il écrivit à Ruffey témoignent que leur amitié fut sans nuages ?. La première est datée de 1729 (Buffon a vingt-deux ans, Ruffey en a vingt-trois), la dernière du 23 septembre 1786 : celle-là un peu cérémonieuse (on vient de lier connaissance), celle-ci du ton le plus affectueux.
Souvent dans ces jolies lettres Buffon cherche délicatement à panser les blessures qu'a faites à son ami | « injustice » ou l«ingratitude des hommes ». D'autres fois 1l l'informe de ses travaux : ille met au courant de ses expériences sur le tonnerre
et lui dit ce qu'il faut faire pour les renouveler avec succès. Enfin,
inédites de V. à R., provenant de la vente Damidot (v. p. 4, note 2), appartiennent aujourd'hui à M. Cunisset-Carnot, premier président de la Cour d'appel de Dijon, qui a bien voulu nous autoriser à dire ici qu’elles seront publiées.
4. V. surtout la lellre de Ruffey à Voltaire (octobre 1761). Elle lui fait honneur, el nous ne résistons pas au plaisir d’en citer quelques lignes :
« Je prends une partie infinie, Monsieur, à toul ce qui vous regarde, et suis véritablement fâché de voir votre repos troublé par une bagatelle. Les pelites choses ne sont pas faites pour affecter les grands hommes. Quoi ! quelques onces d’un métal que vous possédez abondamment, demandées peut-être mal à propos, pourraient-elles altérer votre philosophie ? Vous craignez d'être dupe : c'est cependant le beau rôle à Jouer ; votre tranquillité en dépend. Songez que, même en vous défendant, vous prostituez à la chicane la plus belle plume de l'univers...
L'enchanteur qui écrit votre vie apprendra-t-il à la postérité que vous avez plaidé pour des moules de bois ? Vous êtes mécontent du président : vous savez de quel bois il se chauffe; payez-le, et ne vous chauffez plus à son feu... » (Corresp. de V. el du prés. de Br., p. 167; Volt., éd. Moland, Corresp. IX, p. 505-6).