‹ Histoire Secrète de l'Académie de DijonChapitre 21 sur 52 · Cf. Deberre, p. 247 et · texte numérisé non relu

Cf. Deberre, p. 247 et

2. Outre les vers publiés par le Mercure de France, on a de lui des vers adressés à la Société royale et littéraire de Nancy sur le « Traité des dangers de l'esprit » composé par le roi Stanislas et inséré dans le tome V de l'Année littéraire (p. 262). Ils figurent, manuscrits, parmi les OEuvres académiques de la Société littéraire (ms. #82 !); ils furent d’ailleurs imprimés et sont mentionnés à ce titre dans la France littéraire en 1769 (I, p. 394). Puis la fable de la Vigne et du Laurier, dédiée au prince de Condé et lue dans la séance publique du 18 juillet 1766 (impr. dans les Mémoires de l’Académie, I, p. 365 ; réimpr. par l'abbé Deberre); des vers à M. le marquis du Terrail (Mém. de l’Acad., TI, p. 361); divers fragments conservés

dans les Registres de l'Académie. — Un essai historique {en prose) sur le siège de Dijon en 1513 fut lu à l'Académie le 9 janvier 1761 ; il est imprimé dans les Mém. de l’Acad., I, p. 33. — Le Catalogue de la vente Damidot

(1896) signalait parmi ses manuscrits : des traductions, en vers, de différents auteurs (n° 817); une traduction de l'Italie délivrée, du Trissin (n° 862); des ouvrages de prose et de poésie (n°5 867-8); des poésies, contes et épigrammes (n°5 874 et 882). Nous ne savons ce que sont devenus ces manuscrits.

3. Bibl. de Dijon, ms. 482 ? (Extraits, notes, travaux originaux de M. de Ruffey). Le ms. 482 ! (OEuvres académiques de la Société littéraire) contient de lui : des Réflexions critiques sur les Lettres à un Américain, du P. de Lignac {contre l'Histoire naturelle de Buffon, Hambourg 1751), lues à la Société littéraire en janvier 1753; une communication « sur plusieurs météores ignés qui ont paru en Bourgogne pendant l'automne de 1753 »; la description d'une nouvelle machine hydraulique (175%) ; une méthode nouvelle pour fonder les piles des ponts (s. d.). D’autres communications à la Société littéraire et à l’Académie sont analysées dans le premier registre de Ja Société littéraire (ms. 1628) et dans les Registres de l’Académie.

M. Laxce. — Histoire secrète. >

mie ! attestent qu'il n’a approfondi aucune grande question scientifique : rien dans la liste de ses travaux qui ressemble, même de loin, aux études du président de Brosses sur Salluste, sur les Terres australes, ou sur la Science étymologique ; rien qui ressemble à une œuvre, ou seulement à l’ébauche d'une œuvre... À vrai dire, son œuvre est ailleurs, et nous l'avons déjà nommée : c’est la réforme de l'Académie de Dijon ; c'est le méritoire effort qu'il a fait pour donner à sa ville natale une société littéraire digne d'elle et conforme à ses propres vues. Cherchons

dans quelle mesure il y a réussi.

Le président Bouhier étant mort en 1746, six ans plus tard un des membres de la société littéraire qu'il avait réunie dans son hôtel proposa au président de Ruffey d’en recueillir les restes ? Celui-ci habitait, rue Chapelote, l’ancien hôtel des comtes de Neuchâtel ?, et précisément il venait, en réparant cette vieille demeure, d’y faire construire une vaste galerie pour y placer sa bibliothèque ‘. C'est dans ce confortable asile que, le 17 avril 1752, il réunit MM. de Brosses, Jehannin, Espiard de la Cour, de Tournay, Michault, Cocquard et l'abbé Joly (M. de Fontette et l'abbé Legoux, invités aussi, n'avaient pu venir), et leur proposa de former une société de gens de lettres qu'il recevrait chez lui une fois par semaine « pour y tenir des conférences et lire des mémoires sur les Sciences, sur différents sujets de littérature, et principalement concernant l’histoire naturelle ».

Nous avons sous les yeux le procès-verbal de cette séance.

Ce projet », y est-il dit, « parut si utile et si agréable... que

sur-le-champ on nomma et choisit quelques autres gens de

1. Liste complète de ses lectures et communications à l’Académie de 4759 à 1777. F. Baudot 9 {copie de la Table des registres). 2, Plusieurs des membres de cette Société étaient morts avant ou après Boubhier : Papillon dès 1738, l'abbé Oudin en cette même année 1752. & Aujourd’hui rue Berbisey, 33.

. V. note 45.

AU rer le ae pri

lettres, et qu'on travailla aux statuts académiques... M. de Brosses, qui voulut bien se charger de la rédaction de ces règlements, nous proposa en même temps un travail commun sur la Langue celtique et sur l’analogie des mots de cette langue avec ceux de la nôtre, et surtout du patois bourguignon... Il revint ensuite à l'étude de l’histoire naturelle et nous invita à apporter souvent des extraits de livres nouveaux dans ce genre, afin de cultiver et d'augmenter nos connaissances sur la Physique, à laquelle il semble qu’on s’adonne aujourd’hui préférablement à toute autre science !. »

Ce que fut cette société, Richard de Ruffey l’a dit longuement. Des éloges qu'il lui prodigue retenons seulement ici que par sa composition et par ses statuts elle était fort différente de l’Académie. Presque tous ses membres (ils étaient quinze) appartenaient, comme Rulfey lui-même, à la grande robe M. de Brosses était président, M. de Fontette, les deux Espiard (de la Cour et de la Borde), les deux Jehannin étaient conseillers au Parlement de Bourgogne ; Bouillet, avocat général à la Chambre des Comptes; Cœurderoy, président aux requêtes du Palais ; M. de Tournay, frère de M. de Brosses, ancien grand baiïlli du pays de Gex... La petite robe et le petit clergé n’y furent représentés d’abord, l’une que par Michault et Cocquard, l'autre par l’abbé Joly et Léaulté, curé doyen de Saint-Jean: encore les trois premiers, anciens membres de la Société du président Bouhier?, étaient-ils des transfuges de l’Académie ! Léaulté seul, à ce moment, faisait partie à la fois des deux compagnies rivales 5.

Aussi nv a-t-il au long bureau autour duquel on s’assied aucune distinction de rang ni de place, — hormis pour le direc

teur et pour le secrétaire, assis aux deux extrémités . Et l’ab-

1. Premier registre de la Société littéraire, p. 5 (Bibl. de Dijon, ms. 1628). C'est malheureusement le seul que possède la Bibliothèque de Dijon, et nous ne savons ce que sont devenus les autres.

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