Cité par l'abbé Deberre, p
3. Fromageot, le père, professeur à la Faculté de Droit ; Ruffey reparlera de lui {note 25). — Sa polémique avec le président Bouhier commença par la critique qu'il fit de l'ouvrage de B. intitulé : Arrét du Parlement de Dijon, du 19 juillet 1726, relatif à des lestaments (1726); cette première querelle dura cinq ans; il en éclata une seconde en 1735 à propos du traité de B. sur la dissolution du mariage pour cause d'impuissance. On trouvera dans la Bibliographie universelle de Michaud (V, p. 210) les titres des nombreuses brochures que se jetèrent à la tête les deux belligérants ; mais on évitera
tesse de son discernement. Il voulut faire des vers, mais il prouva qu'il n'était pas né poète. On peut dire qu’il a vu les derniers moments du règne du genre de science qu'il avait embrassé. On néglige et on méprise actuellement le savoir ; on ne se pique que d'esprit et de goût. A-t-on gagné au change ? la question n'est pas décidée. »
Autres « sujets académiques » écartés de l’Académie de Dijon : « le président de Brosses, le président de Ruffey, M. Bouillet, avocat général à la Chambre des Comptes, M. de la Cour, conseiller au Parlement, et plusieurs autres qui cultivaient les Sciences et les Lettres avec distinction. »
6 (6) M. Pouffier, fondateur de l'Acadèmie de Dijon.
« Ce magistrat à qui l'Académie doit sa fondation n’a pas joui pendant sa vie d’une grande réputation. Il avait de l'esprit, mais son esprit était dur et caustique. Ses mœurs étaient antiques ; il manquait d'usage du monde, et sa façon de vivre a toujours eu quelque chose de singulier. Le long usage du Palais l'avait rendu un juge éclairé ; mais ses passions influaient quelquefois sur son Jugement au point qu'il affectait d’être toujours au Palais d'un avis contraire à celui d’un magistrat qui fut son ennemi, contre lequel 1l poussa la rancune au delà du tombeau en prenant toutes les mesures nécessaires pour le priver des avantages qu'il se proposait d’attacher à la place de doyen. Jl avait déguisé assez adroitement pendant sa vie que l'orgueil était sa passion dominante ; mais son testament, qui en est un monument authentique, ne permet pas d'en douter, quoiqu'il ait tâché de le cacher sous des vues patriotiques. La petitesse des moyens qu'il y emploie pour opérer de grandes choses ne donne pas une idée avantageuse de son génie et de son esprit !. »
de confondre, comme l’a fait Beuchot {ibid., XV, p. 231), Fromageot père avec son fils J.-B. Fromageot, né en 1724, dont R. nous parlera aussi (n. 24 et 38).
Sur le président Bouhier (1673-1736) et ses ouvrages, v. le P. Oudin, Commentarius de vila el scriplis Johannis Buheri (Dijon, 1746) ; l'abbé Papillon, Bibl. des auleurs de Bourgogne, art. Bouhier ; l'abbé d'Olivet, Discours pour la réception de Voltaire (successeur de B. à l’Académie Française); Ch. Des Guerrois, Le président Bouhier, sa vie, ses ouvrages el sa bibliothèque, Paris 1855; Emm. de Broglie, Les portefeuilles du président Bouhier, Paris, 1896; l'abbé Deberre, ouvr. cité, 1'° partie, ch. 1°", et pass.
1. Hector-Bernard Pouflier (1658-1736), conseiller en 1681 (Petitot, p. 121). Son testament a été publié par Milsand (Notes el documents, p. 179-200). Son éloge par Lantin (Dijon, 1754).
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Le magistrat ennemi de Pouffier était Lantin !. Une note ultérieure précise les causes et les effets de leur haine] :
«M. Lantin parvint au doyenné du Parlement après M. Pouffier ; mais, comme ils étaient ennemis, ce dernier ne voulut pas qu'il jouit des revenus qu'il attachait à cetie place, et pour l'empêcher il ordonna par son testament que les doyens n'en Jouiraient que vingt ans après sa mort. Leur haine fut des plus vives et influait sur leurs décisions au Palais. On a prétendu qu'elle avait été occasionnée par la préférence en faveur de M. Lantin d'une femme dont ils étaient amoureux ; mais, comme la chronique seandaleuse accusait M. Pouffier d'impuissance, ce qui fut confirmé par le procès que sa femme voulait lui intenter à ce sujet, il est probable que cette haine dut son origine aux railleries piquantes qne M. Lantin fit de son rival... Leur haine dégénéra en rancune et se ralentit sur la fin de leurs jours au point de faire souvent ensemble des soupers galants... » (N. 72).
M. Pouffier aurait prudemment fail de consulter des gens éclairés.
C'est ainsi que «le président de Montesquieu avait été consulté par le duc de la Force sur l'établissement de l’Académie de Bordeaux, qu'il avait dirigée longtemps avant de venir briller dans la capitale. »
Aux griefs qu'il a déjà exprimés contre la constitution de l'Académie R. ajoule les suivants :
« La présidence accordée au maire de Dijon, et en son absence à un échevin, excluait naturellement de cette académie le haut clergé, la noblesse et les membres des cours supérieurs, qui devaient répugner à étre présidés par des directeurs aussi subalternes.
La servitude imposée aux pensionnaires et aux associés privés de la voix délibérative était capable d'élouffer l'émulation, d'abaisser et de rétrécir les esprits et d’avilir le corps entier.
… Le grand nombre d'académiciens subalternes, la plupart sans éducation, sans politesse el sans usage du monde, devait rendre des plus mauvais le ton d'une telle compagnie, et par conséquent peu supportable aux gens d’un mérite et d’un état distingué... ? »
i#a\Vr noter:
2. Le testament de Pouffier, daté du 1 octobre 1725, fut imprimé en 1736 (Dijon, Sirot, in-#). Reproduit par Milsand (Notes et documents, p. 179-200).
«.… M. Lantin, sous un extérieur niais el emprunté, cachait de la finesse et de l'esprit, mais il l'avait dur, caustique et singulier. Il se ressentait de l'éducation négligée que sa légitimité tardive avait occasionnée. Fils d’un père connu dans la république des Lettres, mais trop galant pour un magistrat, il ne dut son état qu'à la faveur d'un mariage subséquent. Il se piqua d'imiter la conduite et la galanterie de son père et ne se résolut de légitimer son fils qu'à un âge fort avancé.
M. Lantin avait quelque goût pour les Lettres; mais ses talents littéraires n'égalaient pas ceux de son père ni ceux de son frère mort Jeune, qui cultiva la poésie française avec succès. Les discours qu'il a faits à l’Académie en qualité de président manquent de goût et d'éloquence. »
Il est question dans une note ultérieure du discours prononcé par M. Lantin, doyen du Parlement et premier directeur de la nouvelle académie, le jour de l'ouverture publique des conférences académiques (13 janvier 1741). Discours « dont il est resté copie sur le registre de l’Académie. Le style n'en est pas élégant et les pensées n’en sont pas brillantes ; mais il n’était pas orateur. Il parla de l'établissement nouveau et de l'utilité qu'on s’en promeltait, Justifia par des épigrammes le fondateur sur le choix des matières qu'il avait prises pour objet des conférences académiques et sur les autres parties de son plan, que le public avait blâmé d'avance... » ! {N. 75).
10 (13) Les autres directeurs de la première Académie.
« On aura occasion dans la suite de faire connaître M. Vitte.., … M. Thomas, troisième directeur, était un homme au-dessous du
1. Claude Lantin était fils de J.-B. Lantin (1620-1695), chez qui s'élait assemblée au xvire siècle la première société littéraire (v. note 1; Petitot, p. 5l; Galerie bourg., I, p. 66-69), et père de Lantin de Damerey, (v. p. #3). On remarquera la ressemblance des deux portraits tracés par R.; mais ce n'est pas une raison pour confondre le père et le fils, comme l'a fait Milsand, qui, dans sa liste des académiciens de Dijon, fait Lantin de Damerey doyen du Parlement. — Conseiller en 1692 (Petitot, p. 148). — Le « frère mort jeune » dont parle Ruffey est Jean-Baptiste Lantin (167%- 1709), auteur de poésies françaises et latines (v. Galerie bourg., LU, p. 69-70 ; Papillon, Bibl. des auteurs de Bourgogne, p. 380-#).
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médiocre en tout genre ; il tenait de l'éducation autant que de la nature la bassesse de ses sentiments et l'ignorance des usages du monde. Incapable de cultiver les Sciences et les Lettres et de connaitre leur utilité, il se plaisait à les mépriser et à les tourner en ridicule. On a mis en problème s'il avait de l'esprit, parce qu'il affectait de paraître en manquer et de cacher son insuffisance sous un air simple, timide el niais ; mais la plate naïveté de ses railleries et de ses propos n'en imposait qu'aux gens peu connaisseurs. Un orgueil bas et cynique, une méchanceté bourgeoise lui tenaient lieu d'esprit. Enfin, si on a pu le soupçonner d’en avoir, il l'avait si faible qu'il craignait les revenants, s'étant fait veiller assidument par des gardes depuis la mort de sa femme !.
M. Quarré, procureur général du Parlement, quatrième directeur, avait quelques talents, du savoir et du mérite ; mais il était rusé, fourbe, hypocrite et impérieux ?.
M. Burteur, maire de Dijon, cinquième directeur, avait de la bonhomie ; il eût peut-être fait paraître du bon sens et de la capacité sl n’eût pas toujours été abruti par le vin *.»
11 (75) Conduite des premiers directeurs.
«… Ils résolurent de cacher leur insuffisance sousla morgue de l’autorité..…. M. Quarré prononça un jour ces paroles dignes de sortir de
4. Thomas (Nicolas), d'abord maitre à la Chambre des Comptes, ce qui lui permit d'être reçu sans examen à une charge de conseiller (1710, Petitot, p. 185). Conseiller de 1710 à 1765 (Mercure dij., p. 39, note); mais Ruffey le fait mourir en 1762 (Extrait de la Table des Reg. F. Baudot 243, f. 251.
2. François Quarré, seigneur de Quintin, conseiller; avocat général 1697, procureur général 1709 (Petitot, p. 263). Directeur en 1740 ; remplacé en cette qualité (1749, date de sa mort, F. Baudot 243), par Genreau, avocal général. — IL était le père de Louis Quarré de Quintin, qui avait reçu dès 1723 des lettres de provision pour le remplacer dans sa charge, qui sera à son tour directeur de l'Académie de 1762 à 1765 (V. Milsand, Notes el documents, liste des directeurs), et mourra en 1768. V. F. d'Harcourt 1, copie du catalogue de la bibliothèque de M. Quarré de Quintin.
3. Jean-Pierre Burteur, conseiller 1714; résigna sa charge en 1736 ; maire de Dijon de 1731 à 1750. Démêlés avec le Parlement, puis avec le premier président Fyot de la Marche (Claude Philibert), qui le fait destituer (Mercure dij., p. 14-15, 37-38), — Son goût pour le vin est attesté notamment par l’art, 26 du pseudo-catalogue des Ouvrages qu'ont déjà mis au jour Messieurs de l’Acad. de Dijon (par le procureur Gouget) : « Remontrances à M' les Directeurs de lAcad, sur l'impossibilité de parler longtemps sans boire un coup, par M. Burteur » (Milsand, Notes et documents, p. 302)
la bouche d’un bacha : « Messieurs, il nous faut moins de science et plus d’obéissance., »
42 (17) Relraile de plusieurs « bons académiciens ».
«MS Michaut, Joly, Cocquard, Bodier, Jurain, Aublane, pensionnaires, se relirèrent !.
M'S Loppin et Fabarel, honoraires, sans notifier leur retraite, ne sont jamais rentrés à l'Académie.
M" Loppin, dont on n'aura plus occasion de parler, connu depuis sous le nom de Montmort, devint président au Parlement de Dijon. C'était un homme plein d'honneur et de principes : il déclamait hautement contre le vice et les vicieux ; mais, ne montrant qu'une vertu sauvage dépouillée de tous les agréments qui peuvent la faire aimer et pratiquer, on écoutait ses discours comme les rêves d’un citoyen atrabilaire. Il avait en effet beaucoup d'humeur et de singularité ; son esprit était pelit et minutieux ; il traitait en grand les bagatelles, qui l’occupaient plus sérieusement que les aftaires importantes. Il était moins ferme qu'opiniètre. C'est avec cette opiniâtrelé qu'il osa tenir tête à l'homme le plus accrédité et le plus impérieux (M. de Montigny, trésorier des États) et prépara, en l’humiliant, la catastrophe qui délivra la Bourgogne de ce tyran.
M. de Montmort s’appliqua aux mathématiques pendant plusieurs années ; c'est à ce litre qu'il fut reçu académicien ; mais ses affaires domestiques et les occupations de la magistrature lui firent abandonner cette science, qui exige dans ceux qui la cultivent une justesse et une précision dont son esprit n'était pas doué.
IL porta la singularité Jusque dans ses amours. [l se moquail de sa taille et de sa figure, et, se jugeant peu propre à être galant, il se borna pendant sa Jeunesse à des amours crapuleux. On attribue sa mort et l'imhécillité où 1l tomba à des excès qu'il fit pour guérir s
femme, qu'il estimait d’une jalousie trop bien fondée ?. »
« Les sieurs Raudot, Fournier, Chaussier, Liébaut, Melot, pension-
1. Aublanc, vicaire de Notre-Dame de Dijon, P. 1741. — Bodier, prêtre, P. 13 janvier 1741 (Milsand). Il sera question plus loin des autres.
2, Germain-Anne Loppin de Montmort ‘1708-1767), conseiller 1731, président 1752 (Des Marches, p. 10). Il était parent de M. de Brosses, qui l'appelle « ami intime des lignes droites ». Il l'accompagna en Italie (Foisset, Le président de Brosses, p. 39), H. 1740 (Milsand).
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naires, ne restèrent à l'Académie que pour jouir de la modique pension attachée à leur place, qui se trouvait doublée par la retraite de leurs confrères. L'ignorance et la paresse dans laquelle ils ont croupi ont prouvé qu’ils étaient indignes du nom d'académiciens. MM. Chaussier, Melot et Liébaut, s'il est permis de les justifier, sont moins condamnables : ils étaient ignorants de bonne foi, avaient de la bonhomie sans aucune prétention. Ce dernier enseignait aux étrangers les langues, le droit, les mathématiques, sans savoir aucune de ces sciences. Pour les sieurs Raudot et Fournier, ils joignaient l’insolence à l'ignorance 1...»
Les premiers honoraires furent : « M. Loppin, M.. Lantin, fils du doyen du Parlement, M. de Buffon, trop digne de cette place, mais qui, étant absent, ne pouvait la remplir suivant l'intention du fondateur, M. Taphinon, agrégé de l'Université, avocat et littérateur médiocre..., M. Fabarel, chantre de la cathédrale..., M. de Repas, mépartiste à Notre-Dame, directeur de dévotes et prédicateur médiocre, — et, depuis (1747), M. Léauté, curé de la paroisse St Jean. »
M. Taphinon ? « avait élé mis à la Bastille sous le prétexte d'une correspondance avec le prince de Cellamare, ambassadeur d'Espagne, lors de sa conjuration ; mais le véritable sujet de sa détention fut le crédit d'une famille puissante, qui craignit les suites d'une intrigue avec une femme de qualité, du fils de laquelle il était précepteur à Paris ». — [Une note ultérieure rend compte du discours qu'il prononça le jour de l'ouverture des conférences académiques (13 janvier 1741)]: « Il se perdit dans les nues avec la fumée de l’encens dont il parfuma les mânes du fondateur; mais, à l'exemple de Pindare, qui chantait les
1. Chaussier (Denis), médecin, né au Val-Suzon en 1709, P. 1740 (Milsand). Mort en 1781 (F. Baudot 243, f. 47).
Melot, médecin, P. 1740 (Milsand).
Liébaut, vicaire de Saint-Nicolas, mort en 1763, P. 1740 (ihid.).
Raudot (Pierre), médecin, né à Avallon en 1712, P. 1740, V. (vétéran) 47914 (ibid.).
Fournier (Nicolas), médecin, né à Montpellier, mort en 1782; P. 13 avril 1741 (ihid.).
On reparlera d’eux dans la suite des notes.
2. Avocat au Parlement de Bourgogne, né à Montbaïd, mort à Dijon en 1746. I à laissé plusieurs discours pour le prix d'éloquence de l’Académie française ct une traduction des Lettres de Cicéron et Brutus (Galerie bour-guignonne, II, p. 209-211),
NOTES POUR SERVIR À L'HISTOIKE SEÉCRÈTE 89
louanges des dieux quand son héros ne lui fournissait plus de matière, il se jeta brusquement sur l'éloge de la ville de Montbard sa patrie, anciennement celle des plus fameux bardes, qui n'était pas alors connue comme elle l'a été depuis par la célébrité que lui a donnée M. de Buffon » (N. 75).
— «M. l'abbé Fabarel! est l'homme le moins propre pour l'état ecclésiastique; sans mœurs et sans honneur, il a passé la plus grande partie de sa vie dans la débauche et dans l'intrigue. Son esprit re peut rester tranquille : il n’est rien dont il ne cherche à se mêler; il oblige l'un et dessert l’autre, fait sa cour aux dépens d'autrui. Aussi dangereux ami qu'ennemi, il sait s'introduire par souplesse dans les familles ; mais bientôt il y règne en tyran, y souffle le feu et la discorde, et finit par se faire chasser quand il a fait tout le mal dont il est capable. Il a fait un voyage en Italie avec M. le premier président de la Marche, qui le connaît et le méprise, mais qui ne peut s'en passer. »
M. de Repas ? : « simple mépartiste d’une paroisse de Dijon ; il avait acquis quelque réputation dans la Chaire par les intrigues des dévotes qu'il dirigeait etle défaut d’orateurs sacrés qui pussent l’effacer. L'oraison funèbre de M. le Duc, qu'il prononça à la S'° Chapelle, dans laquelle il parla maladroitement des amours de ce prince, parut aux connaisseurs une déclamation peu digne du sujet. Un discours moralement bouffon sur le vin, prononcé à l’Académie et imprimé à sa honte, qui lui attira la censure de son évêque, détrompèrent (sic) le public sur ses prétendus talents... Les dévotes l’accablaient de présents qu'il avait la complaisance de recevoir. Sur le besoin qu'il témoigna un jour avoir d’une culotte, il en reçut douze de velours dans la semaine... Un mari, peu satisfait de la fréquence des pieuses libéralités de sa femme, qui avait commandé un calice ciselé pour lui en faire présent, eut l'adresse de substituer dans l'étui une seringue à la place du calice. > 11N: 297).
4. H. 6 août 1740 (Milsand). On a vu (note 15) que, sans notifier sa retraite, il avait cessé de venir à l'Académie. Il essaiera plus tard d'y rentrer (v. IH. S. page 65), et y rentrera effectivement en 1775 (F. Baudot 243, f. 39). V. F. Baudot 9, la liste des lectures faites par lui à l’Académie.
2. (ou Derepas), chanoine de l’église Notre-Dame, mort en 1758 (Girault, Essais sur Dijon), p. 312; F. Baudot, 243. Il avait aussi prononcé l'oraison funèbre de Louis XIV (Bibl. Dijon, Fonds Juigné, n° ##, cité par Deberre, p. 220). A l'Académie de Dijon, il lut des discours sur les bienséances, les maladies de l'esprit, les chagrins de la vie, la critique, le plagiat, la cause des erreurs dans la recherche de la vérité... (Giraull, p. 312-3).
90 RICHARD DE RUFFEY
«M. Maublanc de Martenet ! se piqua d’avoir rendu un grand service à l’Académie en lui procurant M. Léauté ?, doyen de Saint-Jean, pour honoraire. Il devait sentir que cette place convenait moins à son élat que celle d’académicien ordinaire. M. Léauté passait pour savoir les langues anciennes. Il s’adonna à la physique, mais, portant un esprit systématique dans l'étude qu'il en fit, il travailla peu à découvrir la vérité... Il avait de la douceur et de la politesse, mais aucune supériorité ni élévation dans l'esprit. Le sien se ressentait d’une éducation bourgeoise. Il mourut en 1761 * par la maladresse d’un chirurgien académicien ‘ qui, dans l'opération de la taille, lui occasionna une hémorragie par la section d'une veine. L'Académie lui accorda des regrets et fil faire son éloge dans une de ses séances publiques par M. l'abbé Richard ».
«M. Fournier, étranger qui à ce litre était exclu par le fondateur, fut choisi à la recommandation de M. Vitte, dont il était devenu médecin ÿ ».
« Le fonds des pensions n'était que de 630 livres, à partager entre les douze pensionnaires... Elles furent réglées par la délibération qui abolit le concours pour les prix. Ce fonds a plus que doublé au bout de vingt années. »
Aux abus dont il a été question plus haut (notes 2 et 8) on peut ajouter encore : « les querelles perpétuelles des médecins, nation inquiète, avide, curieuse et dominante, qui la plupart pour leur lâche académique lisaient les cahiers qu'ils avaient apportés des écoles ;