Juin 1770 (F. Baudot, 243, f
4, Guillaume Raviot, né en 1739, conseiller 1763; maire 1770-84, puis receveur général des finances de Bourgogne (Des Marches, p. 95),
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directeur, devait faire son entrée à l’Académie. Ce fut une séance
tumultueuse !.]
Après les discours d'usage, M. de Ruffey exposa que la place de vice-chancelier, une des premières de l'Académie, était actuellement privée des fonctions honorables qui la constituent par l'usurpation de subalternes hardis et entreprenants qui s'arro-
geaient une aulorilé indécente.
[Grande rumeur... M. Maret, qui se reconnut, tenta maladroitement de se justifier. M. de Ruffey le menaça de lire en pleine académie la copie du mémoire qu'il lui avait envoyé : sur quoi
l’Académie décida tumultueusement que M. de Rufley remettrait
1. 28 juillet 1770. Il est curieux de comparer le récit de Ruffey à la version officielle donnée par les Registres de l’Académie (V, f. 246).
« M. de Ruffey a représenté que sa santé et son âge ne lui permettaient plus de faire les fonctions de vice-chancelier, et il a prié l'Académie de recevoir sa démission de la place honorable qu’il occupe depuis 1762. La Compagnie, qui est pénétrée de reconnaissance de tous les services importants que M. de Ruffey lui a rendus et qui sait combien il peut encore lui être utile, n'a accepté qu'avec regrel la démission que faisait cet académicien et a arrêté qu'on procéderait incessamment à l’élection d'un vice-chancelier. »
Mais Ruffey n'était pas homme à étouffer son ressentiment. A la séance du 3 août, Maret déclara qu’ « après avoir sacrifié à l’amour de la paix sa sensibilité à quelques reproches faits par un particulier (sic) sur sa conduite dans l'exercice des fonctions de secrétaire, dont l'Académie l’a honoré, il ne pouvait dissimuler la douleur qu'il ressentait de les voir répandre au dehors et craignait l'impression qu'ils pouvaient faire sur l'esprit de ceux qui ne seraient pas instruits de ces faits. Sur cette proposition tous Messieurs (sic) ont déclaré unanimement que, M. Maret ayant toujours mérité l’approbation de l'Académie par la manière dont il a rempli les fonctions dont elle l’a chargé, il devait être rassuré sur les discours dont il a eu lieu de se plaindre par la confiance qu'ils seraient désavoués dans toutes occasions par tous les académiciens, et il à été invité à donner à la Compagnie, commeil a fait jusqu'à présent, des preuves de son zèle» (Reg. V, f. 218).
Le 10 août enfin fut lue une lettre de M. de Béneuvre, directeur, disant « qu'il fallait procéder à l'élection d’un vice-chancelier, puisque M. de Ruffey s'était démis de cette place qu'il paraissait avoir désirée, et ne pas l’attendre pour cette élection, vu qu’il ne prévoyait pas le moment où il pourrait se rendre à la ville » (ihid., f. 221).
C'est le président de Brosses qui fut élu vice-chancelier à la place de Ruffey et sur le refus de Legouz-Gerland.
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son mémoire pour le supprimer. M. de Ruffey protesta qu’elle n avait aucun droit de le demander, et l’on continua à se quereller au sujet de son mémoire, jusqu’à ce que M. Raviot, par une polissonnerie indigne d’un magistrat, le lui escamota dans sa poche. La démission de M. de Ruffey fit beaucoup de bruit à Dijon; la conduite et les prétentions de M. Maret furent universellement ‘ blâmées des honnêtes gens.
Mort de M. Michaut; il s'était déshonoré par un mariage malhonnête !.]
On peut dire que l'Académie qagnait beaucoup en faisant de pareilles pertes. Celle de M. Guyot, un des pensionnaires, fut de cette espèce. Quoiqu'il fût en tout genre au-dessous du médiocre, par le crédit de ses protecteurs il fut nommé procureur général du Conseil de Corse, et l'Académie fut heureusement délivrée d'un membre inutile ef même nuisible ?.
1PANV/ note 00:
2. Nommé procureur général au Conseil supérieur de Corse dès 1769, il donnera sa démission d'académicien de Dijon le 12 avril 1771 (F. Baudot 9, £. 449), Ruffey célébra son départ dans le distique suivant (F. Baudot 243, HÉADPA
Respuit ad Corsos Academia docta Guiotum, Doctor et indoctus quod simul ipse fuit.
[Le chiffre en italique est celui de la note correspondante du manuscrit.]
« Depuis la naissance des Lettres, elles ont toujours été cultivées en Bourgogne. Le xvn* siècle a fourni de bons littérateurs qui s'assemblèrent chez M. Lantin pour les cultiver en société. Les principaux membres de cette société furent M'° Legoux, Dumay, Baudot, Nicaise, La Monnoye, Moreau, avocat général de la Chambre des Comptes. Ce dernier fit un discours sur l’utilité d’une académie à Dijon, qui fut imprimé in-4 en 1693 !. »
2 (2) Vices de constitution de la première académie.
Les principaux sont : « 1° d’avoir confié la direction de l’Académie à des personnes qui par leur état n’ont communément aucune connaissance des Lettres et des Sciences, ni aucun goût pour leur culture ;
2 de les avoir établis nominateurs des places de l'Académie;
3° d’avoir établi un concours entre les pensionnaires pour les prix el d’avoir fait les directeurs juges de ces prix... ;
4 d’avoir fixé à six le nombre des honoraires ;
5° d’avoir établi un secrétaire à gages non académicien ;
6° d’avoir laissé l’Académie sans aucun fonds personnel ;
7° d’avoir établi des classes, et d'en avoir établi une de médecine, art aussi anti-académique que ceux qui le professent, et une de morale, qui ne peut être traitée supérieurement dans une académie de province ?. »
1. La Bibliothèque de la ville de Dijon possède ce discours (D. sur l’établissement d'une acad. de Belles-Lettres dans la ville de Dijon, Bibl. Dijon, 20.845). Cf. Hist. de l’Acad. par Maret (Mém. de l’Acad., I, page 1x).
2. Raisons longuement développées dans la suite de l'ouvrage.
M. Lance, — Histoire secrète. 6
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3 (3) Les directeurs de l'Académie.
« Ils ont accompli le proverbe de l'Écriture : Si caecus caecum ducal,
ambo in foveam incident. Leur conduite était faite plutôt pour détruire
que pour édifier... » !
Obstination des directeurs à ne pas reclifier les parties vicieuses
du plan du fondateur ; — les places de l’Académie données non au mérite, mais à la faveur et à la sollicitation ; — les gens de distinction exclus au profit des gens les plus subalternes ; — autorité mal enten-
due qui a révolté les esprits et occasionné la désertion des meilleurs
sujets.
« L'expérience a appris que le génie des Bourguignons était peu favorable à tout établissement utile, leur esprit peu souple et porté à la raillerie. L'envie qui les domine les engage à blâmer les’meilleures choses, à jeter du ridicule sur ceux qui s'élèvent ou se distinguent par leur mérite et à travailler souvent à leur nuire, ce qui a occasionné le proverbe satirique qui qualifie les gens de ce caractère de « cousins
de Bourgogne ? ».
«Sujels académiques. »
Par exemple, le président Bouhier.
« I] joignait à une science profonde beaucoup de mérite et un grand usage du monde, ce qui est fort rare parmi les savants. Il a passé pour grand littérateur et bon critique, quoique les disputes littéraires qu'il eut avec un Zoïle moderne * aient répandu quelques doutes sur la jus-
|. Les premiers directeurs furent : Lantin, Vitte, Thomas, Quarré el Burteur.