L'ACADÉMIE DE DIJON, DE
Dès la fin du xvu* siècle 1l existait en France, sans parler des académies de Paris, plusieurs sociétés littéraires pourvues de lettres patentes : celle de Caen, la plus ancienne, réorganisée par Segrais en 1676, celles d'Angers, de Nîmes, de Soissons, de Villefranche. Mais c’est surtout au xvin® siècle que les académies de province se multiplient, deviennent florissantes et par leur activité attestent un heureux effort de décentralisation intellecetuelle : Lyon a la sienne en 1700 !, Montpellier en 1706, Bordeaux en 1712, Pau en 1720, Béziers en 1725, Marseille en 1726, Toulouse en 1729 ?, Montauban en 1730 *, La Rochelle en 1732, Arras en 1738, Dijon en 1740
Lettres patentes en 1724.
Id. en 1746.
Id. en 1744.
. Puis Rouen (174#), Clermont (1747), Auxerre (1749), Amiens, Nancy, Châlons-sur-Marne (1750), Besançon (1752), Metz (1760), etc. (La France littéraire, Paris, Vve Duchesne, 1769, tome I). M. Jacquet (La Vie littéraire dans une ville de province sous Louis XIV, Paris, 1886) se demande pourquoi la capitale bourguignonne se laissa devancer par d’autres villes de province. Il croit pouvoir attribuer ce retard à l'indépendance d'humeur des Dijonnais et à la répugnance qu'ils avaient pour toute contrainte (p. 232). Dès 1693 Étienne Moreau, avocat général à la Chambre des Comptes, avait fait imprimer un «discours sur l'établissement d'une Académie des Belles-Lettres dans la ville de Dijon »; mais le succès qu'il obtint fut tout platonique. Selon Ruffey, le président Bouhier « s'était occupé plusieurs fois » d'exécuter ce projet ; mais il « en fut empêché probablement par ses grandes