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CHAPITRE IX

EXÉCUTIPNS capitales; mesures TYRANNIQUBS.

Les prétendue coupables furent traduite devant des juges exœptionnels, arbitrairement nommés par l'empereur, La commission avait pour président u» certain Paul Hocher, qui joua dans toute celte conspiration du gouvernement autrichien un rôle (^uel et infâme;; on y remarquait aussi un Windischgraetz ; mais aucun de ses membres n'appartenait à la Hongrie, contrairement aux lois du royaumci. La charte, nationale défendait de citer les indigènes hors du territoire et de faire examiner leur conduite par des étrangers. Or, le tribunal servile siégeait à Vienne, sous les yeux de Léopold. La législation du pays se trouvait doublement violée. Quoique les provinces échappées au pouvoir des mahométanm^ussent inondées de soldats autrichiens, elles rédigèrent une protestation en forme, où elles déclaraient que, tous les droits des nationaux étant méconnus, la sentence n'aurait aucune valeur morale. Les États de Hongrie pouvaient seuls juger les accusations de révolte et de lèse-majesté. On ne tint pas compte de cet acte courageux. Zriny, Frangipani et Nadasty adressèrent à

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l'empérrar dès suppliques pour prouver leur innocence et implorer sa commisération. Le prince de Lobkowitz ne les laissa point arriver à leur adresse (1 ) .

Nadasty avait peut-être murmuré secrètement, mais il avait tenu une*oonduile irréprochable, il avait même secondé le fanatisme de Tempereur, Dans tous ses domaiiies il avait persécuté les protestants, les avait dépossédés de leurs temples et de leurs écoles. On n'avait donc nul argument à faire valoir contre lui. Ses fiefs immenses, ses huit ou neuf millions de fortune, somme considérable pour l'époque, le rendaient seuls crimineK Aussi une question singulière ' fut-elle agitée par le tribunal : les juges n'avouaient pas, ne pouvaient reconnaître le manque absolu de charges à son égard; il avait résisté aux méfiontents plutôt qu'il ne les avait secondés ; enfin il s'humiliait et sotlicitait la clémeuee^de l'empereur. On fit donc cette demande : — « Est-îl juste et Utile de pardonner au confident, au complice d'une révolte, qui non-seulement témoigne du repentir, mais a empêché autant que possible l'exécution du projet, si d'ailleurs rinculpé possède de grands biens, de nottibrèux partisans et un renom mérité? «»

Ce point douteux fit naître une violenté discussion, après laquelle on résolut le problème daiis un sens négatif, à la majorité des voix. L'opinion dominante fut qu'il vaudrait mieux gracier un homme plus coupable, mais moins riche, moins habile et moin» in-

(1) P»M Wagner, Hmorià ieopbWI, t. l,~p, 2èl. — Feôftlëf, ÙescHichté dtr Ungem,

fluenl, qui ne pourrait pas servir de centre et de chef à uû peuple séditieux.

Dans cet inique procès, non-seulement on ne confronta pas les témoins avec les prévenus, mais on ne daigna pas même leur citer le^ noms de leurs accusateurs. Ce fut Tobjet d'un nouveau débat au sein de la commission. Les juges les plus acharnés soutinrent que la comparution des témoins ne devait pas avoir lieu dans les affaires de haute trahison. Les dissidents invoquèrent les règles du bon sens, le droit naturel. On leur répondit que le droit naturel n'avait jamais été reçu en Hongrie! (Ast contra responsum jus naturœ nullo tempore in Hungaria fuisse recep^ tum (1)).

La déhbération se termina, comme on pouvait le prévoir, par une sentence capitale prononcée contre tous les magnats suspects à ta cour de Vienne. Pierre- Zriny, enfermé dans un cachot souterrain, essaya de s'évader ; mais une servante qui l'aperçut donna l'alarme. On le resserra plus étroitement et on Je surveilla de plus près.' L'intercession du pape, que les Hongrois avaient obtenue avec peine, échoua contre l'influence et la volonté des jésuites. La ruine d'un peuple belliqueux était nécessaire à leurs plans; comme les idoles de Tyr et de Carthage, Tordre attendait ses victimes.

(1) Anemonm, 1. 1, p. 129.— Vehso, t. V, p. 212. Les actes de cet odieux procès, enfouis longtemps dans les archives, ont été mis au jour par suite d'un hasard singulier. En 1823 et 1824, on les vendit comme pièces de rebut, avec des monceaux de paperasses, où un curieux eut la chance de les trouver.

Le soir qui précéda l'exécution, Nadasty fut solenuellement rayé du livre de la noblesse autrichienne. On le conduisit en voiture, à dix heures, dans l'hôtol des Etats provinciaux. Un discours lui fut adressé par le gouverneur, cpii lui donna d'abord les titres do magnat et de comte, mais termina ainsi sa harangue : « Ces qualités précieuses, tu les as perdues pour jamais; tu n'es plus qu'un traître, un criminel de lèsemajesté; domaines, privilèges, dignités, tu ne possèdes plus rien dès ce moment, pas même ton nom, que ta famille n'aura plus le droit de porter. »

Nadasty avait onze fils. Le sentiment paternel l'emporta sur tous les autres, et il s'écria en latin, langu? habituelle de l'aristocratie hongroise : « VitatUy hc* nares et bona UUle^ saltetn tiberis saiva famam. — Prenez ma vie, mes titres et mes biens, mais coii- •servez l'honneur à mes enfants. »

On lui répondit que ses fils seraient appelés d( sormais Von Creutz et que Terapereur, dans ?c\ haute clémence, leur assignerait une pension alimentaire.

On effaça ensuite son nom du livre d'or; puis un(» odieuse et grotesque cérémonie compléta son humiliation. Le questeur le jeta hors de la chambre, un domestique le pourchassa le long des escaliers, le gouverneur de l'hôtel le fit outrageusement sortir par la porte de derrière. Là, plusieurs membres de la régence l'attendaient avec une voiture, des hommes munis de torches et cinq cents cavaliers. On le mena ainsi à l'hôtel de ville, où on l'incarcéra pendant que l'on préparait son supplice.

C'était le leocteinain^ 30 avrï IftTl^ cjm dttait avoir lieu TassassiMt juridique* Oa pri(ix>w les no-^ blés hoD^ois les mesures militaires qii avaient précédé, cinquante ans auparavant^ la tuerie des noblM bohémiens. Toutes les portas des maisons^ toutes^lea boutiques étaient fermées par ordre supérieur; deo soldats gardaient toutes les rues, des patrouilles de cuirassiers y cheminaient pour prévenir le moindre trouble ; à peine laissait-on circuler de rares babitantii. Nadasty eut la tête tranchée, à dix heures du ma^ tin, dans une salle basse de Thôtel de ville, sans au^ très témoins que les conseillers municipaux, quelques

* gentilshommes et l'ambassadeur turc , assisté d'un drogman, qui lui donna toutes les explications néces*< . saires pour qu'il pût rapporter fidèlement à Sa Hau^ tesse le tragique épisode. La sentence portait que le prévenu aurait d'abord la main coupée ; mais l'em- .

^ pereur lui avait fait grâce de cette barbare opération. Il mourut comme un homme qu'un si injuste suf^lice étonnait encore sous le glaive du bourreau. On laissa le peuple examiner le cadavre pendant une heure, ces hideuses scènes étant le spectacle favori de la multitude. Elle vit le prince 'couché dans un eer* imeil,vêtu à la hongroise, la tète sur la poitrine, entouré de flots de sang, qui remplissaient à nM)itié la bière (1).

Au moment même où il recevait le eoup marteli Zriny et Frangipaoi étaient exécutés dans l'arsenal

(l) Edouard Vehsc, Gescfûchte de* Mtmchiachm ffof*, t, V, p. 213 et 214. On montre encore à Vienne le glaive fatal et le billot snr lequel Nadasty avait posé sa tête.

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de Neiiètadt^Ia-*VteiinôÎBe. Le bourreau s'y repretiâil à plusieurs fois pour les décapiter ; Frangipani principalement eut à souffrir de cette cruelle maladresse. C'était te dernier membre d'une ancienne famille romaine, qui avait jadis fait monter sur Téchafaud 1ê célèbre Conradin, le. dernier des Hohenstauffen. ïl expia, pour ainsi dire, la mort de cette victime comme une faute originelle.

Deux autres décollations avaient lieu simultanément à Presbourg. André Nagy de Fujged, le plus intrépide des chevaliers hongrois, payait de sa vie son renom glorieux et la frayeur qu'il causait. François Borris éprouva le même sort* Les jésuites avaient obtenu de lui l'abjuration du protestantisme ; quand il eut renié la foi nouvelle, on lui trancha la tète. Ce n'était pas, en effet, une simple persécution religieuse : si le fanatisme entrait pour une part dans la .conduite du gouvernement autrichien, ses ambitieux projets, son ferme désir de soumettre la Hongrie aux caprices du pouvoir absolu, n'y entraient pas pour une moindre part. On le voyait donc tuer les uns sous prétexte d'hérésie, tuer les autres malgré leur croyance orthodoxe. Ses intérêts politiques, son avidité financière le guidaient seuls; il multipliait les sentences de mort pour multiplier les confiscations, livrait au bourreau les plus illustres personnages pour détruire des influences. Les deux crimes se prêtaient main-forte : la persécution politique facilitait la per^ sécution religieuse, la persécution religieuse facilitait la persécution poUtique. Borris marcha vers le lieu de l'exécution avec la tranquillité d'un juste, en réci-

tant des prières ; Fuged mourut comme uii héros qui sacrifie sans regret son existence pour la liberté d'un peuple malheureux. / '

Tattenbach ne périt, à GfraBtz, que le,!"^ déceçabre 1671. Cet homme, encore fidèle au mois d^ihmrs 1670, mais que Ton voulait perdre absolument, avait été provoqué, irrité de toutes les manières, condtiif par la main au èord de l'abîme. On avait employé, pour le compromettre d'abord et l'accuser ensuite, un misérable nommé Thurn, catholique ardent, voué à toutes les débauches, criblé de dettes et harcelé de besoins. Un de ces hommes qui ont 1* conscience large comme l'enfer, suivant la belle expression de Shakspeare. Un ex-chapelain de Tattenbach, Michel Ferri, alors pasteur à Cray bourg, lui servait de compère dans cette œuvre ignoble. Les deux scélérats inspirèrent au comte des démarches ambiguës, lui firent prononcer des paroles imprudentes, puis le dénoncèrent et le livrèrent. Pour que la mystification fût complète, on débuta pai' emprisonner Thurn avei* le seigneur, le mouchard avec sa victime, et par les interroger ensemble. Mais on lâcha bientôt l'agent provocateur, pendant que l'on dressait l'échafeud du crédule gentilhomme. Le malheureux, qui avait imploré la grâce d'être fusillé, avait fait partir exprès un courrier pour Tienne. Léopold lui refusa cette dernière et sinistre faveur. Le bourreau lui donna aussi trois coups avant de terminer son supplice (1).

Sur les biens confisqués des victimes, le monarque

(1) Ànemonm, t. If p. 135.

préleva une somme, dont il paya trois mille messes pour le salut de leurs âmes, suivant l'exemple donné par Ferdinand II après regorgement des nobles bohémiens et l'assassinat de Wallenstein.

Ces domaines étant grevés de dettes assez nombreuses, on convoqua de toutes parts les créanciers, en leur intimant Tordre d'apporter leurs titres. On ne voulait pas les satisfaire ; bien loin dé là, on voulait annuler leurs réclamations, affranchir les propriétés d'un seul coup et sans dépense. Grandes furent donc leur surprise et leur douleur, quand l'agent impérial déclara faillite au nom du gouvernement. Ils croyaient toucher du numéraire, et on ne les avait réunis que pour leur imposer silence, pistolet en main (1). Quelle scène de haute comédie ! *

Les fils et héritiers légitimes des magnats décapités furent réduits à la misère. Pour comble d'infortune, on leur enjoignit de porter autour du cou le cordon de soie rouge^ qui simulait le passage d'une hache.

Les femmes n'obtinrent pas plus de commisération. La veuve du palatin Wesselenyi fut jetée dans une étroite cellule, où le désespoir et la souffi'ance domptèrent son courage. Héroïque tant qu'elle avait eu son mari à ses côtés, elle fit retentir sa prison de ses cri&et de ses sanglots. Le fisc la dépouilla de ses vastes domaines. Son trésor avait été enfoui dans l'hôpital des Franciscains, à Kremnitz; elle devait le croire en sûreté ; mais son propre chapelain, le père Jean Schaumburg, trahit pieusement le secret. De

(1) Hormayr, Anemonen^ t. I, p. 127.

lOB iaunense fortune^ la prisonnière n'obtint qu'ime rente de cent thalers par mois. La femme de Pierre Zriny, ban des Croates, subit le même traitement. Plusieurs autres femmes, plusieurs filles des premiers personnages 4aQguirent 9 comme elle, sous les verroux autrichiens, à Vienne et à Neustadt- la «Viennoise , soit dans les cachots ordinaires, soit dans les oubliettes des couvents.

Le seul homme que le gouveniCTient autrichi^i épargna ou eut Tair d'épargner, fut le ph» compromis, le seul qui eût fait un acte positif de rébellion. Ayant invité Stai;hemberg, le gouverneur de Tokay, à un festin, Bakoczy Tavait arrêté, mis sous les verroux; puis, avec une troupe nombreuse, s'était approché de Tokay,dans l'espoir de s'en rendre maitre par un coup hardi. La garnison ne s'étant pas laissé surprendre, la tentative échoua* Une autre expédition du môme genre ne fut pas plus heureuse : le prinke alla mettre le siège devant le château de Miinkftcsi, où résidait sa propre mère, k veuve Batbory, aélèbce par son z^e fenatique pour la cour de Rome. Silo ne lui ouvrit point les portes, aimant mieux sa croyaoce que sa patrie, sa religion que sa famille. Rakoczy s'achenniiait une seconde fois vers Tokay, lorsqu'il apprit l'arrestation de Zriny, Frangipani et Tattenbach. Il se jeta aussitôt dans les bras de sa mère, implora son aide et celle du g^iéral Starhemberg : tous deux le préservèrent du supplice, mais il dut payer une amende de 400,000 florins, promettre de livrer, autant qw possible^ les actes de la conspiration, et recevoir dans ses châteaux des garnisons

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âflemaiMles. Ayant accepté, rempli toutes ces conditîoDs, B m efctt sauvé ; peu de temps après néanmoins, îlfiftt fFarppé d'un mal mystérieux qui l'emporta. H hiissâril «ne veuve, fffle de Pierre Zriny, et un enftfit an b^C%au : la cour les mit hors d'état de lui poiter ond[>rage (1).

On ne peut lire sans indignation les* actes des IniMmaux exceptîoimeis qoi fintctionnaient à Prèsbourg, Yîeft&e et Leutschau. Il suffisait de posséder «ne^ande fortune mobîlière ou territoriale, d'exercer tmeiofittenee ptes ou moins étendue, pour être cîassé puisni )es hommes suspects, pour être incarcéré sons «npt^élex'te quetoonque. Les spacieuses prisons de la capitale ne pouvaient plus contenir la fbule des gens qu'on arrêtait. En désespoir de cause, on lés logeait dam les hôtels, avec une escorte de gardiens.

deux qm évitaient la mort, qui sauvaient môme fasQiabieK^ en abjurant le protestantisme, n'évitaient pasi ufie fÉ»ne amende qu'on leur imposait.

La eour de Vienne semblait avoir adopté pour rè^e >de conduite ces vers de GomeiHe i

Armante tpi^tÈ. sujet s*«M^ raién trop pviMant, Eoeore'qii*!! soit sans crime, il n'est pa# ivoeoe&t^

On mit à la torture dana les McbiDt» le |iastêur Nicolas Brabitz^ le prédîcateut ïltabûldcy.Le&pfDtès de Gaspard BaUoch^ Martin fianchy^ Geotge Cheenel,

(I) ÀMUth : GmkffihUdtrMim^ii^> t. V, p. JUO et2Û. -^ miUitvdn Réwlutionê de Hongrie^ par Tabbé Brenner, t. I, p. i75 et 236. L* Haye, 1TS9, 2 vol. in-12.

George Sooss» de l'intrépide chevalier Szekely, de Bartowitz et de quelques autres luthériens, ont Fair d'une impudente ironie. Etienne Kattay, Etienne Tzegledi furent préservés par la peste de la mort sur l'échafaud. Contre Etienne Boxa on fit vrioir, comme des griefs sérieux, sa haute expérience militaire et le grand noiubre de ses partisans ou subordonnés. On viola les articles de la capitulation faite par le général Starhemberg avec François et Etienne Barkoczy^ lorsque les deux frères lui avaient livré leur château ; les conventions stipulées avec les autres capitaines ne furent pas davantage respectées. Les jésuites ne menaient-ils point cette grande affaire, et ne connait-on pas leur tortueuse morale, qui 'est la destruction de toute moralité?

Il fut inutile à Ladislas Fay d'avoir connu, d'avoir traversé les projets de Wesselenyi; à Ladislas Szemere, vice-gouverneur du comté de Zemplin, d'avoir abandonné Rakoczy aussitôt après le manifeste publié par l'empereur, de s'être joint aux bandes autrichiennes, de les avoir approvisionnées dans un moment difficile, et d'avoir rendu d'autres services éminents. Pouvait-on leur pardonner leur richesse? Paupères fiant et exigui^ répétait le cabinet de Vienne à ses agents.

Le résultat suprême auquel on voulait arriver, c'était de détruire la constitution magyare. Aucune violence ne fut épargnée pour atteindre ce but. Le prince de Lobkowitz avait été muni à cet effet de pouvoirs sans bornes. Ses féroces lieutenants ne le secondaient que trop bien. Spantkau, Spork, Heister et Kopp von

Neuding poussaient le zèle jusqu'à la fureur, lut-» taient d'activité dans leur cruelle besogne. Les arrestations des magnats, des seigneurs, des chevaliers/des pasteurs protestants, les sévices, les fausses accusations, les racines et les meurtres paraissaient être pour eux un divertissement. Le dernier capitaine faisait pendre et empaler avec une sorte d'ardeur fiévreuse et d'inspiration sanguinaire (1). Plus de trois cents nobles et une foule de prêtres schisma- . tiques étouflFaient dans les cachots de Presbourg. On traitait comme rebelles tous les membres de l'Église réformée. Les jésuites et leurs créatures ne laissaient aux protestants aucun répit. André Szirmay fut traduit en jugement pour avoir dit qu'il fallait éviter les renards de Loyola. Des motifs aussi frivoles étaient regardés comme suffisants jpour légitimer toutes les rigueurs, sentences d'exil, confiscations, emprisonnements perpétuels et supplices.

Le comte Jean de Rothal et Gottfried de Heister siégeaient à Presbourg, en qualité d'arbitres souverains : ils avaient ordre de procéder sommairement, d'éviter les lenteurs juridiques ; l'édit portait y w'tV^ eussent à punir les conspirateurs sans observer aucune formé légale. Parmi les prisonniers, beaucoupachetèrent du tribunal même leur élargissement ; ta plupart d'entre eux et tous les contumaces perdirent leurs biens, furent condamnés à l'exil; d'autres frappés d'une sentence qui les retenait pour la vie au fond de leurs cachots. Une multitude de pasteurs réfor-

(1) Szirmay, Notice historique sur le comté de Zemplin, p. 222.

més^v6adu3 deux cent cinquante ficancs j^i: tète, ^jié^ rent ramer sur les galères de Venise et. de Napleai,.aiii U'^vaillèrent, en Hongrie même, aux ^ctifif^^tton&ijba cij^del//?&* Un certain non^bre périr^ojb pa^ te glajxe» ^ bpurreau.Oi^iPQndijti^niVii^ill^d de quaAre-vingt-troi^ ans^ Nicolas Drabicius, pasteur àXar^nno,^ poy^ annsM publié un livre de prophéties intitulé : la Uêfnièr^ ^MfMtr lieu Ses ténèbres. On lui coupa la main droite avant d^i Tétrangler, pnjs on brOla, son cadavre* sous le gibett avec ses prédictions : ignoble et inuti)§ qérémooip^, .

Un djécret du 6 juin 1671 trahit eij^fiil ouvertemeoA les intentions de la cour. L'emp^rQur y déclara qu6( la. fprçe dps anpes Ta rendu niqi|fxq.a)^la du paya, lya 9l)ai;te natipnale est par si^l)^. déclarée nulle ;:1^ volonté du prince sera déspci^ais; la. seule loi* I^es, troupes Qccupe];ont militairement, les forteitesses^. 1^^ villes et même les bourgades ; \ps habitante logeront, les capitaines et les soldats, iQur fourniront de. 1^ lumière, du bois, 4u,sel, de la paille, du foin et de Tavoine. Les.homFû^s 4s toute condition, nobles, bour-. geois.on campagnar4s, devront, payer dorénavant dw t^espei^onnell^^ et les tax^s. désignées sont énor* mes; d^s.imp^^^ également Iqi^ds.fi^ppeol lesvobj^t^ de conspmmation.

L'évèque de Waitzen, les arqlîpyèquesde Grap, dft. Colocza, de Npi);ra (ce dernier^ Thpma^,Pal%, ôtiÂt; cbanoelier de la proyince), adressèrent à; I^opiMl les, observation^ les, plus, pressantes e^.lQ&pjin$!^ qqpt rageuse» (;1). Le prippe demeur^.squrd cpmpifi umi«

(1) La lettre du clerjj^ ho^jgyyi^^eBtipJeine d'é!pq^<|^cej ,i^ua^gJUkoitj«»s

machiift politique montée secrètement par d'habiles mécaniciens. Trente mille lansquenets, répandus dans toute la Hongrie, étouffèrent les plaintes, comprimèrent rindignation, firent régner la terreur et la servitude sur un sol qu'elles n'avaient pas encore profanépoint à canse de sa lnsgosna, nnàà- m (Msrlaf liit dkhs Mailath, t. V, p. 23 et sniyantes.

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