LES MÈDES ET LES PERSES
des éleveurs, des paysans laborieux dont la religion, celle du sage Zoroaslre, écrite dans le Zend-Avesla, prêchait le travail comme le plus sûr moyen de vaincre le mal, incarné dans le dieu Ahrimau, et de faire triompher le bien, symbolisé par le dieu Ormuzd. Les Aryens émigrèrent suivant trois directions principales : les uns s'établirent dans THindoustan, où leur civilisation s'est immobilisée ; les autres, peu à peu , s'infiltrèrent en Europe. Nous n'avons à considérer ici que ceux qui choisirent pour première demeure le plateau de VIran (altération du mot Aryas), et qui subjuguèrent, au sixième siècle avant Jésus-Christ, toute l'Asie occidentale : ce sont les Mèdes et les Perses.
Les Mèdes, venus les premiers, se cantonnèrent au pied du mont Elbourz et vers le grand lac salé d'Ourmiah; ils eurent pour centre Echatane^ au point de croisement de plusieurs routes dirigées du côté de l'Assyrie. Ils cultivèrent le blé, l'orge, le millet, le sésame, les arbres fruitiers et les fleurs ; ils entretinrent de beaux pâturages où vivaient les chevaux niséens, rapides comme le vent; ils contribuèrent, en ôsS, à la chute de Ninive, mais ils se corrompirent au contact des Assyriens et perdirent vite les qualités de sobriété et de franchise par lesquelles ils s'étaient distingués des autres peuples de l'Asie. — Alors les Perses, de même race et de même langue, sortirent de leurs montagnes, ne connaissant que trois choses : monter à cheval, tirer de tare et direja véril^. Avec le grand Cyrus, ils annexèrent la Médic à la Perse et entreprirent la conquête de la vallée du Tigre et de l'Euphrate: pour la première fois, l'Asie fut réunie sous un seul maître, de l'Induâ à la mer Egée, de la Caspienne et du Caucase aux déserts d'Arabie et au golfe Persique. La prise de Babylonc et la prise de Sardes;
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capitale de la Lydie, furent les faits d'armes les plus remarquables de ces expéditions (56o-529 av. J.-C).
La Lydie, située à Touest de la presqu'île d'Anatolie, était célèbre par ses richesses. Le Pactole^ petit fleuve dont les sables contenaient des paillettes d'or, roulait dans ses champs et arrosait Sardes, la capitale. Les Lydiens, dont le dernier roi indépendant fut Crésus, passent à juste litre pour avoir inventé la monnaie-métal. Leurs pièces, en forme de pastilles pesant 1 4 grammes et demi chacune, étaient faites d'un mélange d'or et d'argent appelé éleciron (70 parties d'or et 3o d'argent); elles portaient d'un seul côté l'empreinte d'une tête de lion ou de taureau, et sur le revers un losange en creux. Toutefois la véritable fortune de la Lydie consistait, non en ses encaisses métalliques, mais en ses florissantes industries : travail du cuir, des tissus, des tapis, orfèvrerie, tapisserie, poteries, armes, etc, et c'est ce qui explique pourquoi la ville de Sardes, tombée au pouvoir des Perses, resta une des grandes cités de l'empire nouveau.
Cet empire s'étendit sous les successeurs de Cyrus. Gambyse y ajouta l'Egypte (525). Darius gouverna un pays grand comme la moitié de l'Europe et peuplé d'au moins 4o millions de sujets. Il le divisa en 20 satrapies payant annuellement pour près de 600000000 de francs d'impôts; il prit le titre de Roi des Rois et décida que Suse serait sa capitale, Persépolis, le lieu de sépulture de sa dynastie, Pasargades, le dépôt de ses trésors. — Plus tard, Alexandre le Grand devait trouver à Pasargades une réserve monétaire de plus d'un milliard de francs !
Ge même Darius, au dire d'Hérodote, fit construire entre Suse et Sardes une route magnifique de 35oo kilomètres de longueur, avec des relais, des hôtelleries, des bazars qui ont donné presque tous naissance à quel-
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LES MÈDëS et les perses. 25
que ville. Il fil reconnaître le cours de Tlndus, frontière orientale de ses Etais, et il acheva le canal de Néchao entre Je Nil et la mer Rouge. — Quant à ses victoires sur les peuples rebelles, on en trouve le détail emphatique gravé sur le rocher de Behistoun, entre Ecbatane et Suse.
Darius fut moins heureux lorsqu'il s'attaqua aux Grecs. Les guerres Médiques qu'il entama et que son fils Xerxès eut le tort de continuer, devaient cire fatales à la dynastre. Marathon (49o), Salamine ('|8o > rexpcdilion des Dix-Mille nous conduisent ainsi à l'oircnsive de la race hellénique , à la rapide et incroyable conquête d'Alexandre le Grand (33o). L'empire perse avait duré un peu moins de deux siècles et demi. Il avait eu le mérite de fondre ensemble les civilisations éparses de l'antique Orient et d'assurer aux peuples vaincus les bienfaits de la paix pendant une assez longue période. Seul, l'empire romain devait plus tard remplir une plus glorieuse et plus utile mission.
On connaît aujourd'hui la civilisation perse, grâce aux
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découvertes et aux études de M. et M"° Dieulafoy, notamment. — Le commerce de l'Asie était facilité par l'institution d'une monnaie royale, le^ danques^ où le souverain était représenté armé de Tare et du javelot, monté sur son char de guerre. Avec ces dariques, la Perse intervint plus d'une fois dans les affaires politiques de la Grèce, son énergique et intelligente rivale.
La Grèce est une péninsule admirablement découpée, entourée d'îles nombreuses, si bien que la mer, loin d'en séparer les différentes parties, les réunit et facilite les communications entre elles. La Grèce antique ou Hellade, petite, montagneuse, mal pourvue de chemins à , l'intérieur, n'avait que des ressources médiocres ; la population n'aurait donc pu guère y augmenter, mais, grâce à la mer, les Grecs émigrèrent sur tous les rivages de la Méditerranée et y portèrent leurs mœurs, leur langue, leur religion, leur commerce. Ils ont été avant tout des commerçants et des marins ; élèves des Phéniciens, ils ont égalé, puis surpassé leurs maîtres.
Le développement des côtes, le calme des eaux, la régularité des vents, le grand nombre et l'excellence des ports, tout contribua aux progrès de la marine grecque, à laquelle les bois alors touffus de la Thessalie et de l'Arcadie fournissaient les matériaux nécessaires.
La période historique de la Grèce ne commence qu'au douzième siècle avant Jésus-Christ, après les invasions doriennes et thessaliennes ; mais, antérieurement à cette date, il est certain que les Achéens avaient fait de grandes expéditions maritimes, des actes éclatants de piraterie,
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comme la conquête de la Toison d'Or en Colchidc, pur Jason, et la fameuse guerre de Troie, immortalisée par Homère.
On ne sait rien de bien positif sur les premières populations de la Grèce, les Pélasges, rameau de la famille japhétique. Il reste de cette époque fabuleuse des vestiges de constructions colossales, dites cyclopéenneSy à
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28 HISTOIRE SOMMAIRE Dtl COMMERCE.
Mycènes et à Tyrinthe; des travaux de dessèchement en Laconie et autour du lac Gopaïs; des traces d'exploitation des mines par des ouvriers qui portaient une lampe sur le front, d'où est venue la légende des cyclopes. — Les Asiatiques : Phrygiens, Phéniciens surtout, avaient installé quelques comptoirs le long de la mer Egée, lorsque survinrent les Hellènes, pasteurs et guerriers comme les autres Aryens, qui formaient trois groupes principaux : les Doriens, les Ioniens et les Eoliens. A l'étroit sur le sol conquis, ils débordèrent bientôt dans l'opulente Asie Mineure, et cet exode amena la création de colonies libres, nombreuses et prospères.
Les Eoliens partirent les premiers de Béotfe, .où ils campaient, pour suivre le rivage de la Thrace, et paroles îles de Thasos, de Samothrace, d'Imbros et de Lemnos, ils pénétrèrent en Troade et s'y établirent à Abydos sur l'Hellespont, à Cyme et à Magnésie d'Eolie située sur l'Hermos, non loin de Sardes. Les Doriens, débarqués des Sporades et de l'île de Rhodes, en particulier, après avoir colonisé Gythère, la Crète, Garpathos et Gos, occupèrent sur la terre ferme le pays de Gnide et d'Halicarnasse : ce fut la Doride d'Asie.
Enfin, les Ioniens fondèrent l'Ionie d'Asie, la plus grande et la plus belle de ces colonies, comprenant les îles de Ghios, de Samos et douze cités confédérées dont le temple commun s'éleva au cap Mycale sous le nom de Panionion (tous les Ioniens). De ces douze cités, les plus célèbres sont : Phocée, Smyrne, Glazomène, Golophon où l'on vendait une résine dite colophane, Ephèse, Magnésie d'Ionie et Milet.
Les Milésiens, riches et audacieux, envoyèrent leurs navires dans le Pont-Euxin à la recherche du poisson, du blé, du chanvre et des esclaves. De là les nouvelles colô-
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nies de Sinope etTrapézus (Trébizonde), de Phasis à Tembouchure du fleuve de même nom en Golchide (vallée du Rioni), de Dioscurias au pied du Caucase, de Panti-
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