ROM
loise, il soumit les montagnards du Samnium, il engloba lès colonies grecques telles que Tarente, enfin il se heurta à la puissance carthaginoise.
Il y a eu trois guerres puniques. Ce qui est surprenant dans la première, c'est la souplesse avec laquelle les légionnaires romains se transforment en marins, construisent une flotte et battent les Carthaginois sur mer. Les victoires navales du cap Myles, d'Ecnome, des îles Egales ont pour résultat de chasser les Carthaginois de la Sicile et de donner cette île presque entière aux Romains (traité de 241 av. J.-C.). Avant qu'Annibal eût ranimé la lutte, le Sénat prononça Tannexion de la Sardaigne et de la Corse. Il est vrai que la deuxième guerre punique faillit être fatale à Rome. Le génie extraordinaire d'un homme balança sa fortune : le Tessin, la Trébie, Trasimène, Cannes furent de dures leçons, mais la constance, rintrépidité romaine l'emportèrent à Zama; en 201, Carthage cessa de compter comme puissance militaire et ne fut plus qu'une ville de commerce privée de vaisseaux de guerre et incapable de faire respecter ses comptoirs. Elle ne fît plus que languir et succomba sous les coups de Scipion Emilien en 146. — Ainsi s'éteignit la grandeur phénicienne, ainsi disparurent les routiers des mers, les rois du négoce antique.
Rome, débarrassée de sa rivale, asservit le monde : elle se corrompit vite par le fait même de ses victoires. Durant les premiers siècles de la République, la vie romaine avait été simple, honnête, laborieuse. Les Romains de l'âge héroïque ne recherchaient ni le luxe, ni même le bien-être ; ils pratiquaient les plus sévères vertus de l'obéissance à l'autorité, du respect pour la religion, de l'amour de la liberté, du dévouement à la chose publique. C'était la belle et chimérique époque des
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Fabius et des Gincinnatus, des Fabricius et des Décius. — Travailleurs acharnés pendant la paix, les Romains devi;'naient,dèsque s'ouvrait le temple de Janus, d'intrépides, d'incomparables soldats, de qui les loisirs mêmes étaient: utiles, car ils les consacraient à la construction des routes, des ponts, des aqueducs, des tunnels, des canaux.
Au point de vue industriel Rome, produisait peu. Le travail de fabrique était laissé aux esclaves et ne profila ït qu'aux riches, à cette aristocratie superbe et insolente, formée d'environ 7000 familles. — Les ouvriers libres ne pouvaient lutter sous le rapport du bon marché coQlre le travail servile. Découragés, ils prirent l'habitude de la paresse ; réduits à la misère, ils vendirent aux nobles leurs sulfrages; ils trafiquèrent de leurs droits politiques, implorant la charité officielle de l'Etat ou la charité intéressée des grands personnages candidats aux fonctions publiques.
CMe transformation dans les mœurs, cette dégénére^ueuce était dangereuse. Quelques esprits clairvoyants et généreux le comprirent et voulurent reconstituer la classe moyenne disparue. Ils eurent recours aux lois liffruïres. Après Spurius Gassius et Licinius, les Gracques dem^Midèrent que Vager publions fût partagé équitablement entre tous les citoyens, co-propriétaires des biens Joniiiniaux; ils s'opposèrent à l'accaparement des terres [>ar Ils riches. Ils ne rencontrèrent que moqueries, ingratitude et méchanceté.
Alors entrent en scène les ambitieux, les gens sans scrupules et alors s'ouvre l'ère des guerres civiles. Marius et Sylla, Pompée et Gésar, Antoine et Octave, exploitant les passions populaires, combattant ou soutenant tour à Lour les privilèges aristocratiques, essayent de rétablir
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