‹ Histoire sommaire du commerceChapitre 16 sur 69 · ROME · texte numérisé non relu

ROME

Entre TEtrurie et la Grande-Grèce, soumis à la suzeraineté étrusque, le Latium était depuis le huitième siècle occupé par des tribus de race osque, les Aurunci, les Volsques, les Herniques, les Eques, les Latins. Ces derniers, vivant sur la rive gauche du Tibre et sur les bords de TAnio, étaient linis en une ligue dont le seul lien sérieux consistait dans les cérémonies religieuses du mont Albaiii^

La cité d'Albe la Longue donna naissance à la cité de Rome. Débarrassée des légendes poétiques, la fondation de Rome n'offre aucune particularité saillante. En 754, un aventurier, qui s'appelait peut-être Romulus, se retrancha avec quelques brigands comme lui sur le mont Palatin, pour ravager les pays d'alentour, y renfermer, dit Montesquieu, « le huiin, les bestiaux et les fruits de la campagne ». La bourgade qu'il habitaet à laquelle il donna la forme d'un carré « Roma quadrata », voilà l'origine de la Ville éternelle.

Sa position était heureusement choisie. Sur la gauche du Tibre, à l'abri des inondations du fleuve, à une trentaine de kilomètres de la mer, à l'abri par conséquent des incursions des pirates ; en communication facile avec cette mer par le fleuve, alors plus navigable qu'il ne l'est aujourd'hui et praticable en tous cas aux chalands, Rome

se trouvait de plus au point d'intersection des principales routes de l'Etrurie et du Latium. Sa fortune a été rapide, inouïe. Par la fondation de colonies en Etrurie, dans le Latium, en Ombrie, dans le Samnium et dans toute ritalie méridionale; par la construction de voies militaires; par la guerre surtout, TEtat romain déborda, fit tache d'huile, d'abord sous les sept rois qui le gouvernèrent de 754 à 5io, ensuite et surtout lorsque furent réconciliés les patriciens et les plébéiens qui s'étaient livrés à la guerre civile de 5 10 à 3o2 avant Jésus-Christ. Les patriciens « les pères » avaient chassé les rois pour établir à leur profit personnel une République aristocratique. Ils possédaient le sol a Yager romanus »; ils composaient le Sénat et pouvaient seuls prétendre aux fonctions de consuls, de dictateur, d'édiles curules, de censeurs, etc.. Mais ils étaient peu nombreux et leur richesse immobilière s'accroissait faiblement. Au contraire, les plébéiens, c'est-à-dire les nouveaux venus : étrangers, clients, prisonniers de guerre, affluaient de toutes parts et se livraient, faute de terres, aux métiers innombrables de l'industrie et du commerce. Leur nombre, comme leurs biens meubles, augmentaient sans cesse. Maltraités par les patriciens orgueilleux, il réclamèrent et obtinrent au prix de rudes efforts, successivement : l'égalité des droits civils (loi des 12 Tables), l'égalité des droits politiques (création du Tribunat du peuple, de l'édilité plébéienne et l'accès aux diverses administrations, même à la magistrature consulaire), enfin l'égalité religieuse. La fusion entre les deux ordres ayant été réalisée, la paix intérieure rétablie, l'Etat put songer à la conquête des pays voisins. Son peuple de paysans et de soldats, croyant, discipliné^ vertueux et héroïque, ne recula devant aucun obstacle. Il vainquit les Etrusques, il repoussa une invasion gau-

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