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CONDITIONS GÉNÉRALES DU COMMERCE AU MOYEN AGE

Cet épisode clôt le moyen âge, au point de vue commercial. Avant de reprendre le cours des événements, est utile de récapituler les conditions qui avaient été faites au négoce et aux négociants depuis les invasions des Barbares.

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Pendant mille ans, le commerce a été rendu difficile par suite de la faiblesse de la production, de la difficulté des voies de communication surtout sur terre, par l'état permanent de guerres intestines ou étrangères, par la tendance à l'isolement qu'avait créée la féodalité, par les impôts excessifs et arbitraires, par l'insuffisance de l'outillage, la multiplicité et l'instabilité des monnaies, des poids et mesures ; enfin par le dédain des nobles, l'hostilité de l'Eglise pour tout ce qui ressemblait à du trafic.

L'Eglise a été défavorable au commerce. Les théologiens s'appliquaient à démontrer qu'il était improductif et ils jetaient l'anathème sur le commerce spécial de l'argent, confondant le prêt à intérêt avec l'usure. Pour beaucoup d'entre eux, encore au seizième siècle*, les marchands étaient des êtres faux et parjures, des voleurs. Cette opinion est la source de bien des préjugés dont la société moderne n'est pas encore tout à fait guérie.

Les nobles du moyen âge admirent sans exception que le commerce est une occupation inférieure, servile et dégradante. Celui d'entre eux qui s'y serait livré aurait dérogé à sa naissance. Bien plus, les magistrats, les représentants de la noblesse de robe, qui n'avaient pas l'excuse des mœurs militaires, montrèrent une répulsion aussi forte pour le commerce et un mépris aussi vif pour les commerçants.

Un grand obstacle aux échanges fut aussi la diversité, la variabilité et l'altération fréquente des monnaies. L'étalon monétaire français, le marc d'argent, du poids de 240 grammes, divisé en huit parties, appelées onces,

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