‹ Histoire sommaire du commerceChapitre 47 sur 69 · LE SYSTÈME DE LAW · texte numérisé non relu

LE SYSTÈME DE LAW

Le grand souci du gouvernement de la Régence, de 1715 à 1728, fut l'état financier du pays. La dette publique s'élevait à 3 460000 000 de livres, et, chaque année, le déficit montait à i78oooooode livres. Philippe d'Orléans, le neveu de Louis XIV, régent au nom de Louis XV, n'était pas l'homme qu'il fallait dans de telles circonstances. Léger, insouciant, inconstant, trop ami des plaisirs et trop des nouveautés (Voltaire), il n'avait guère qu'une sorte de mérite : le dédain de toute antiquaille et une intelligence vive qui lui permettait de goûter les théories les plus audacieuses.

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Tout' d'abord, il laissa faire son conseiller, le duc de Noailles', qui recourut aux expédients habituels : opéralion du visa des créances, par laquelle 6oo millions de francs d'eflets furent convertis en une somme de 190 millions portant un intérêt uniforme à 4 °/oî refonte des monnaies (cette transformation rapporta 72 millions) ; suppression d'offices et pensions (ce qui procura une économie de 20 millions environ) ; institution d'une Chambre ardente pour faire rendre gorge aux fermiers généraux, aux traitants tels que Grozat, Samuel Bernard, Bourret, Nicolas Beaujon.(Le montant des amendes et confiscations atteignit 5o millions de livres.)

I.a dette de l'Etat se réduisit ainsi à 2908000000; mais à moins de faire banqueroute, comme le proposait cyniquement le duc de Saint-Simon, on ne pouvait renouveler de pareilles manœuvres. Sur ces entrefaites, se présenta l'aventurier écossais John Law (ou Laws^ prononcez Lass).

Law naquit à Edimbourg, en 1671. Par sa mère, il descendait de l'illustre famille des ducs d'Argyle; son père était un riche orfèvre qui avait joint à son magasin un bureau de banquier. Obligé de quitter son pays pour s'y être battu en duel, John Law parcourut l'Europe, étudiant le mécanisme des banques à Amsterdam, Gênes, Venise, Florence, jouant gros jeu, gagnant beaucoup et menant joyeuse vie. Il conçut l'idée d'un établissement de crédit général qui manierait toutes les finances d'^un État, et il proposa son plan au roi de Sardaigne, mais, après examen sommaire, celui-ci lui fit répondre: yu7/ n était pas assez riche pour se ruiner. Law vint en France en 1708; il déploya à Paris un faste inouï, scandaleux. Louis XIV le fit reconduire à la frontière par son

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