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EGYPTE ANTI9U E

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tesques travaux par des razzias opérées chez leurs voisins les nègres d'Ethiopie ou, comme on disait, du pays de Kousch, Les Egyptiens sortaient peu de TEgypte. Longtemps ils eurent Thorreur de la mer et des voyages maritimes. Cependant quelques grosses barques naviguaient sur la mer Rouge, plus calme que la Méditerranée. Ces navires primitifs mesuraient 22 mètres de longueur et leur équipage était de 3o à 4o hommes. Ils s'abritaient dans les ports de Myos-Hormos, de Leucos- Limen (aujourd'hui Kosséir) et de Bérénice, d'où partait une route qui conduisait en douze jours à Coptos, ville du Nil. C'est par là que passaient les aromates, les parfums venus d'Arabie.

Une autre voie utilisée de temps immémorial était le Nil moyen. Elle menait, par Méroé, chez les tribus africaines qui, dans des marchés temporaires appelés /}aiahres, échangeaient les bois, la gomme, l'encens, les peaux d'animaux, la poudre d'or contre les armes, la verroterie, les bijoux de Memphis, de Thèbes aux cent portes et de Sais, les trois capitales de l'Egypte. Il exista plus tard une voie très fréquentée de Thèbes à Carthage par l'oasis d'Ammon et les bords de la Grande-Syrte.

Le commerce ne prit d'extension qu'avec les rois conquérants des dix-huitième et dix-neuvième dynasties (1700-1800 av. J.-C). Ramsès II Meïamoun, le Sésostris des Grecs, ouvrit à ses sujets la route de la Syrie et des pays de l'Euphrate, de l'Arménie et du Caucase, à travers l'isthme de Suez. La Méditerranée^ la Grande Mer, effraya toujours les Egyptiens, et ils laissèrent aux Phéniciens d'abord, aux Grecs ensuite, le soin de les approvisionner par les ports de Péluse et de Canope, à l'extrémité des deux branches extrêmes du Nil.

Avec la vingt-sixième et dernière dynastie, l'Egypte

LES ASSYRIENS ET LES CHALDÉENS. i3

semble sortir tout à fait de son isolement systématique. Les Grecs sont établis officiellement h Naucratis, sur la bouche Ganopique, à j^eu de distance de' Saïs. Le roi Néchao, le même dont on dit qu'il fit faire le tour de l'Afrique par une flottille phénicienne, commença le canal qui porte son nom, entre la mer Rouge et le Nil, et qui, toutes proportions gardées, joua quelques siècles après, du temps de la domination perse, le rôle du canal de Suez de nos jours. Le canal commençait entre Clysma et Arsinoë sur la mer Rouge (Suez, aujourd'hui) et par les lacs Amers et la ville d'IIcroopolis se dirigeait sur la bouche Pélusiaque, près de Bubastis (sixième siècle av. J.-C).

Mais, en 525, l'Egypte fut conquise par les Perses. Depuis elle n'a jamais ressaisi entièrement son autonomie et a, tour à tour, fait partie des possessions grecques, romaines, arabes, turques, anglaises. Et c'est précisément sa richesse, sa fertilité, l'avantage de sa situation géographique, sa grande population, son grand commerce, qui ont excité et qui excitent encore les plus âpres convoitises.

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