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LES SUCCESSEURS DE TURGOT

En 1776, le nouveau contrôleur général des finances, de Clugny, s'empressa de défaire l'œuvre de Turgot. Il rétablit les Corporations, mais en en diminuant le nombre et les prérogatives; il rétablit aussi la Corvée royale. D'esprit fort simple, il n'avait trouvé pour faire face aux dépenses qu'un moyen puéril : la loterie royale; il fut bientôt remercié. Taboureau des Réaux, qui le remplaça, s'adjoignit un directeur des finances, dont on vantait les capacités, le banquier Necker, un étranger (il était né à Genève d'une famille d'origine anglaise) et un protestant (1778). Assez lourd d'allures, vaniteux et ambitieux, mais honnête et habile financier, Necker possédait une belle fortune. Le salon de M?"« Necker était le rendezvous de toutes les illustrations et comptait comme une véritable puissance. On rendait hommage aux sentiments philanthropiques du mari et de la femme : ils s'occupaient des malades (plusieurs améliorations furent, grâce Il Necker, introduites dans les hôpitaux de Paris) et des pauvres (création du Mont de Piété). Necker était de

plus un économiste : son Eloge de Colberi, dirigé contre Turgot, Pavait mis en relief ; en réalité, il était plus libéral qu'il ne le croyait lui-même et, quand il fut au pouvoir, il en vint insensiblement à adopter les théories de celui qu'il avait comballu.

Necker fit des économies : il supprima plus de 600 charges inutiles et réduisit des trois quarts le nombre des receveurs généraux, véritables sangsues, dont l'avidité épuisait le pays sans enrichir le roi. Il racheta de nombreux péages, ce qui fut un soulagement pour le commerce (1779). Il employa la confiance qu'il inspirait personnellement à relever le crédit public, et, pour faire face aux dépenses de la guerre de l'Indépendance américaine, il émit divers emprunts facilement couverts, d'une valeur totale de 600000000 de livres.

Reprenant pour son compte, en le simplifiant, le plan des municipalités de Turgot, il convoqua à Bourges, à Moulins, à Montauban et à Grenoble, des Assemblées provinciales, formées de 12 représentants de la noblesse, de 12 du clergé et de 24 du Tiers État, pour répartir et lever les impôts directs, faire travailler aux routes et canaux, et diriger les ateliers de charité.

Malheureusement pour lui, il prétendit restreindre les frais de la Cour royale; il dénonça, encore qu'imparfaitement, les pensions, les gratifications, les accru 1/5 au comptant accordés par le rpi à ses favoris. En 1781, il publia le fameux compte rendu des finances que Maurepas appela le conte bleu en jouant sur les mots et par allusion à la couleur de la couverture. Louis XVI céda encore une foifi à la pression de son entourage : il tendit un piège à Necker et l'amena à offrir luî-tnême sa démission (1781). Cette retraite fut considérée par lés partisans des réformes compie une calamité publique;. La. presse

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