LA CHALDÉE
le millet, le sésame dont on tirait de Thuile. Le palmierdattier y croissait à profusion et servait, dit Hérodote, à trois cent soixante usages. Même les noyaux de dattes, concassés et macérés dans de l'eau, étaient employés à la nourriture des bestiaux, bœufs et moutons, fort nombreux, surtout en Ghaldée dont les habitants vivaient de la vie pastorale. L'Assyrie avait de moins beaux pâturages que la Babylonie, mais, située dans une région plus montueuse, elle possédait des mines de cuivre, de plomb, d'argent, de fer, ainsi que des carrières de grès, de ,marbre et d'albâtre. Pays de chasse, la Susiane renfer-
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LES ASSYRIENS BT LES GHALDÉENS. 45
mait des buffles, des gazelles, des onagres (ânes sauvages), des autruches et des bêtes féroces comme les lions et les léopards. — Quant à la Mésopotamie, plaine située entre les deux fleuves, arrosée en outre par une multitude de petits canaux, elle passait avec raison pour la province la plus fertile de Tempire.
Après Assur, la grande ville de TAssyrie fut Ninive, sur le Tigre : des routes la mettaient en communication avec le plateau de Tlran, avec T Arménie et les pays de la mer Noire. Mais le commerce utilisait plus volontiers le cours de TEuphrate que descendaient ces petites embarcations démontables et portatives en cuir et en bois de saule, décrites par Hérodote, ou des radeaux posés sur des outres et qu'on appelle des kélecks. Il se centralisait à Thapsaque, près d'un gué commode, à proximité des ports de la Phénicie; à Carkhémis, dont les foires annuelles étaient très fréquentées, et enfin dans la merveilleuse Babylone^ le pays où fleurit le commerce, dit le prophète Ezéchiel, Babylone, grande comme la ville de Londres, quoique bien moins peuplée, Babylone où Ton fabriquait les étoffes de laine et de lin, peut-être aussi de coton, les tapisseries, la céramique, les armes damasquinées, les meubles de bois et d'ivoire incrustés d'or et d'argent, les selles et les harnais, les colliers, les bracelets, les boucles d'oreilles, toutes les parures si recherchées des guerriers assyriens. — La plupart des matières nécessaires à ces industries de luxe, ainsi que les parfums et les épices, provenaient d'Arabie, de l'Inde, même des îles de la Sonde ; elles étaient apportées par des navires qui jetaient l'ancre dans le golfe Persique, à Tembouchure de l'Euphrate, alors indépendante de celle du Tigre, en vue du port fluvial de Térédon.
Ninive et Babylone n'eurent qu'une durée éphémère.
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Ninive succomba la première sous une coalition des Ghaldéens et des Mèdes, en 626 avant Jésus-Christ, après avoir exercé sa domination sur l'Asie occidentale pendant trois siècles. Babylone fut conquise par les Perses, en 538.
La race sensuelle et féroce des Assyriens, dépourvue de moralité et d'idéal, a été vouée au néant. Celle des Ghaldéens a servi davantage les intérêts généraux de l'humanité. — Il en est sorti les premiers savants qui aient étudié le ciel, effectué la première division du temps en années, mois, jours, heures, etc., et inventé un système de poids et mesures. C'est à eux que les Grecs devaient emprunter pour les mesures de longueur: l'empayi (0^,27), la coudée (o™,52), la perche (3",25), \e plèthre (32",4o); pour les mesures de surface ces unités élevées au carré ; pour les poids : Isl drachme (0^^,008), la miVie (o^»'*,5o5), le talent (3o'^s'^,3oo), etc. Pas plus que les Egyptiens, les Ghaldéens n'ont connu la monnaie. Cependant, de même que les commerçants de l'Egypte employaient quelquefois, pour faciliter leurs payements, des anneaux de métal précieux qu'ils pesaient soigneusement, de même les marchands de Babylone avaient à leur disposition des lingots de bronze, d'argent ou d'or, dont la variété la plus répandue fut le sicle, d'un poids de 88'',4i7.
Ghaldéens et Assyriens avaient recours au crédit. Leurs banquiers, les premiers dont il soit fait mention, consentaient des prêts, se chargeaient de la vente des terres et des esclaves, et mettaient en circulation des billets à ordre, de véritables lettres de change, écrits sur des briques, en caractères cunéiformes. L'assyriologie, science historique qui fait pendant à l'égyptologie, a prouvé désormais l'existence d'une civilisation avancée dans cette partie de l'Asie, alors plus riche et plus pros-
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