‹ Histoire statistique du choléra-morbus dans le quartier du faubourg Saint-Denis (5me arrondissement) pendant les mois d'avril, mai, juin, juillet, août et septembreChapitre 12 sur 14 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

La durée de l’épidémie dans le quartier du faubourg Saint-Denis a été de 172 jours.

Pendant ce laps de temps, sur une population de 16,798 habitans, on a compté 664 cholériques i et 299 décès; 1 cholérique sur 26,29 habitaps; 1 mort sur 56, 18.

La moyenne de la mortalité par jour pour la période dite d’invasion (mars, avril , mai, juin) a été de 2,35 morts; pour celle dite de recrudescence (juillet, août, septembre), de i,o4. Ainsi les décès de la première sont à ceux de la seconde comme 5 est à 2.

Le sexe masculin a perdu 1 mort sur 62, 3o habitans; le sexe féminin 1 sur 60, 23.

L’époque de la puberté n’a pas apporté d’influence appréciable dans la mortalité des deux sexes.

L’époque critique chez les femmes n’a pas agi défavorablement.

La plus grande mortalité s’est rencontrée dans les

deux extrémités de l’échelle des âges, l’enfance et la vieillesse. L’époque de la vie où elle a été la plus faible est celle de 1 1 à 1 5 ans.

Les chiffres semblent prouver que contrairement aux opinions les plus accréditées, les professions dites insalubres ont été moins maltraitées que les autres.

Lesétats qui s’exercent à l’extérieuret quiexigent une grande dépense de forces musculaires ont plus souffert que ceux qui entraînent pour leur exercice peu de mouvemens et la résidence dans les habitations.

La misère et ses suites ont augmenté constamment le nombre des malades et celui des décès : dans le quartier du faubourg Saint-Denis, la classe nécessiteuse a offert plus des sept-dixièmes des décès; la classe moyenne moins des deux dixièmes; la classe aisée moins d’un dixième.

L’insalubrité des lieux et des choses vient ensuite, et lorsqu’elle se combine avec l’indigence la mortalité augmente considérablement.

L’aisance deshabitans atténue sensiblement l’influence des localités insalubres, et par contre la misère annihile les avantages d’une habitation saine.

Le nombre des malades et celui des morts est plus élevé dans les étages inférieurs que dans les supérieurs.

Le choléra ne paraît pas s’être transmis par voie de contagion. Les faits qui militent en faveur de

ccttc théorie s’expliquent très bien par celui de l’infection.

La mortalité des cholériques dans les hôpitaux, comparée à celle des cholériques traités à domicile, est dans le rapport de i o à 3.

Cijtte énorme diflerence doit être attribuée à la constitution débile des malades presque tous indigens, à l’état avancé de la maladie, aux impressions morales que déterminait le séjour dans une salle de cholériques, à l’encombrement de ces mêmes salles, enfin au transport du domicile à l’hôpital, transport presque toujours funeste quand il était trop prolongé.

Page 1