SECTION DEUXIÈME
De l’influence, du sexe, de l’âge, des professions, des habitations, etc., etc., sur la mortalité des cholériques.
1. Du. sexe. Mous avons déjà fait remarquer que le sexe masculin comptait 3i5 malades, et le sexe féminin 34q^; mais cet excédant de malades chez les femmes est compensé par l’excédant de population. En effet, si l’on se rappelle que lé . quartier présente 8,oo3 hommes et 8,795 femmes, on trouve que le sexe mâle à eu 1 malade sur 25,40 ; le sexe féminin 1 sur 25,20. La différence en faveur du premier e.«t donc tellement minime qu’elle doit être regardée comme nonavenue. Mais il n’en est pas tout-à-fait ainsi pour les décès. Sur 299 le sexe masculin en a i53, le sexe féminin i46; comparés au nombre des malades, les décès pour le premier sont de 1 mort sur 2,o5 malades, pour le second de 1 sur 2,39; cette différence est peu sensible ; mais en établissant les proportions sur le chiffre de la population, les hommes perdent 1 mort sur 52, 3o habitanSj les femmes'i sur 60, 23. Conclurons-nous de ces dernières proportions que le sexe mâle est plus prédisposé au choléra que le sexe féûiiinin? Mon, car les chiftVes sur lesquels nous opérons nous paraissent trop faibles pour en déduire de si rigoureuses conséquences.
(i) Voir le tableau n” 3, page -2i.
* Il est deux époques dans la vie de la l’emme qui exercent sur son organisme une action bien évidente : nous voulons parler de la puberté ou apparition des menstrues, et de l’âge critique ou cessation de la fécondité; nous avons dû rechercher si ces deux époques avaient eu surdes décès du sexe féminin une influence plus ou moins sensible ; les résultats obtenus pour la période de puberté sont tout-à-fait insignifîans. Pour celle de la cessation des règles comprise entre 4i et 55 ans, voici ce que nous avons observé.
Pendant cette période de la vie les hommes nous offrent g5 cholériques et 45 morts , les femmes 85 cholériques et 34 morts ; déjà la balance penche en faveur de ces dernières ; mais si nous comparons les décès à la population , nous avons alors des dilférences plus tranchées.
De 4t à 55 ans.
Hommes. i mort sur 3o,64 habit.
Femmes. i — 4o>58.
La moyenne de ces nombres étant de 35, 6i , la différence à l’avantage du sexe féminin est de près de 5, soit 4j97> proportion qui peut s’exprimer ainsi ; De 4i à 55 ans la mortalité des hommes est à celle des femmes comme i,ooo est à 877, ou comme 5 est à 4-
Ces faits en opposition avec les idées reçues nous ont engagé à rechercher si en opérant sur des chiffres plus élevés nous arriverions à des ré-
siiltats identiques; dans ce but nous avons réuni les décès du quartier du Luxembourg aux nôtres et nous avons alors agi sur un chiffre de '^o5 morts comparé à une population de 39,660 âmes : voici les proportions obtenues.
De 4i à 55 ans.
Hommes. i mort sur 55,97 habit.
Femmes. 1 — 42,69.
Différence en faveur de ces dernières en calculant sur le terme moyen, 3,21.
Poursuivant ces recherches nous avons également réuni aux nôtres les observations de M. Paillard ; mais alors nous n’avons pu comparer les décès qu’aux malades , le chiflVe de la population étant inconnu. Sur un total de 3,964 cholériques et de 1 ,002 décès, toujours pour la même époque de la vie , nous avons trouvé :
Hommes. 1 mort sur 1,64 malade.s.
Femmes. 1 — 1,90.
Proportions faibles , mais presque semblables. à celles que nous avions obtenues en agissant isolément, et qui prouvent, au moins, que malgré ce qu’ont avancé plusieurs médecins l’âge critique chez les femmes n’a pu apporter de chances fâcheuses dans la mortalité.
§ 2. Des âges. Pour étudier la mortalité des cholériques dans les divers âges de la vie , pour établir dans quelles proportions le choléra les a
frappés, nous avons dressé le tableau 11“ 3 cpii présente par périodes égales de cinq années le nombre des malades et celui des décédés pour les deux sexes , ainsi que la population de ces périodes que nous avons calculée sur les tables et d’après lés lois données par Duvillai'd,
1 ableau general du nombre aes maiaaes et aes morts dans les difjérens âges pendant les six mois de l'épidémie. '
J/iiifliiençe des âges sur la mortalité sc révèle par le premier coup d’œil jeté sur ce tableau , où ‘ se rencontrent les proportions les plus dissemblables. Ainsi en prenant les deux extrêmes, de i i à i5 ans on a un décès sur 788 habilans , et de 86 à 90 ans 1 sur 6. Cependant en général il est facile d’apercevoir que la mortalité est presque toujours en raison directe de l’âge , car de 0 d’âge à 5 ans il meurt un cholérique sur 65 habitans; puis le chiffre s’abaisse rapidement jusqu’à 26 ans; de cet âge à 45 ans la mortalité s’accroît graduellement, mais à cette époque elle augmente avec rapidité et dans les dernières années nous trouvons les proportions suivantes :
De 66 à 70 , 1 mort sur i4 habitans.
De 7 1 à 75 , I sur 1 1.
De 86 à 90 , 1 sur 6.
Ainsi les chances de guérison chez les cholériques sont d’autant moins nombreuses que les malades appartiennent aux deux extrémités de la vie, l’enfance et la vieillesse, puisque de o à 5 ans il meurt 3i malades sur 38 ou 1 sur 1,22, et de 70 à 90, 41 sur 53 ou 1 sur 1,28.
Maintenant , si nous examinons la mortalité dans des périodes plus longues, nous arriverons à des résultats qui conlirmeront les propositions que nous venons d’émettre.
> 4. Tableau de la mortalité des cholériques dans l’ enfance ^ l'adolescence, la virilité, T âge mûr et la vieillesse.
Population
des
périodes.
Nombre
. SÉCÈ.S.
TOTAL