‹ Histoire tintamarresque de Napoléon IIIChapitre 1 sur 104 · de M · texte numérisé non relu

de M

Le sobriquet d* Anastasie, sans b, a été donné par Toucha» tout alias Léon Bienvenu, dans le Trombinoscope, première édition, 3ème colume, livraison ISOrdatée Juillet 1874.

On sait que cette publication avait pour objet de donner des biographies tintamarre s que s des contemporains célèbres et par extension de personnages allégoriques. Cr, dame censure était tout indiquée à cette époque de réaction, et sous le dessin de Hadol qui la représente sous la forme de ciseaux qui ont l’aspect d’un oiseau de vilain augure, Touchatout écrit ceci i

Censure ( Anastasie ), illustre engin liberticide français, née sous lerègne de Louis XIII. Elle est fille naturelle de Séraphins Inquisition et compte de nos jours dans sa nombreuse fimille quelques autres personnages également très connus s Ernest Communiqué, Zoé Bonvouloir, vicomte de St-Arbi» traire et Agathe Estampille, ses cousine, tante et beau-frère etc. » « ,etc » « .

Suit un historique fantaisiste dans lequel l’écrivain satirique ne ménage pas sa critique qu’il termine ainsi s

" Au physique Anastasie Censure est une vieille pointure qui se distingue par deux qualités maîtresses chez les servantes dévouées à l’arbitraire î une grande malveillance et un manque absolu d’esprit» Ce qui exaspère surtout chez cette mauvaise pécore» qui s’imagine émarger encore au budget impérial c’êst sa stupidité» Elle persécute pour le plaisir de persécuter» mais sans savoir pourquoi. Elle serait bien embarassée s’il le fallait qu’elle justifiât les cascades de son crayon et de ses ciseaux. La loi, d’ailleurs, lui permet de ne donner aucune raison à ses refus; heureusement pour elle» sans celà» elle ne se contenterait pas de faire mourir de faim les écrivains qui lui déplaisent, elle les ferait encore mourir de rire M.

Déjà, dans l’Eclipse du 3 août 1873, Bienvenu, qui collaborait à ce journal aux cêtés d’André Gill» avait publié à propos de la charge de M. de Choiseul qui était représenté en marchand d’ oublies et dont une partie importante du dèssin avait dû être supprimée» un article où il désignait la Censure sous le nom, de Mue Anastasie Fulbert. Ce nom vengeur tant il semblait ridicule, devait lui rester. Gill nous a même donné peu après ( Eclipse du 19 Juillet 1874 ) un portrait peu séduisant de cette dame. Il nous la montre sous les traits d’une vieille mégère au regard louche» la bouche édentée, des lunettes sur le nez» coiffée en eunuque et vêtue d’une longue robe jaune; elle porte une immense paire de ciseaux sous le bras et une chouette sur son épaule.

Cette caricature était une riposte de l’artiste à la Censure qui venait encore de lui refuser une dizaine de dessins, parmi lesquels une charge de M. ’Thiers que le journal dut remplacer au. pied levé par une gravure de Sd. Morin.

Après avoir fixé l’époque du baptême de dame Censure par Touchatout et les circonstances qui l’ont entouré» il nous reste à montrer que c© nom vaudevillesque devait survivre à la polémique» En effet» il ne pouvait pas être mieux employé par Louis Ohatillon qui» sous le titre Anastasie et sa besace» ce qu’il y a dedans et ce que nous allons y mettre, publia en 1892» un très curieux livre sur la Censure , théâtrale depuis Beaumarchais jusqu’à Sardou.

CH» Fontaine

De tout temps, dans les rédactions, même alors qu’il n’existait pas de censure officielle, on désigna sous le

nom d’Anastasie l’autorite du rédacteur en chef ou du secrétaire de rédaction qui coupait dans la copie des collaborateurs.

Au début de la Guerre de 1914, lorsque fut établie la Censure ’avais écrit dans " Le Petit Var " un articulet rappelant que la censure avait été abolie par la Charte de 1830 et qu’en la rétablissant, M. le Président R. Poincaré violait la promesse faite par son prédécesseur Louis-Philippe que ” la censure ne serait jamais rétablie

F. le Commandant Desbans qui assurait à Toulon le service de censure biffa c© passage s ce fut un de mes premiers blancs.

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