SÉJOUR EN AMÉRIQUE
Pendant que l' Andromède s’éloignait de nos côtes, emportant Louis-Napoléon, qui s’en tordait les siennes de rire, Louis-Philippe renvoyait devant la cour d’assises de Strasbourg les complices du prince.
Il n’échappa à personne, — sauf aux lecteurs du Constitutionnel , pour qui ces choses-là sont spécialement faites, — que le gouvernement n’était pas dans l’intention de s’acharner contre les auteurs de h opéra-bouffe de Strasbourg.
Le procès fut instruit avec cette sage lenteur dont
HISTOIRE TINTAMARRESQUE DE NaTOLÉON III
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on n’accorde guère les bénéfices qu’aux accusés qui ont de belles connaissances.
L’opinion publique appréciait que l’affaire était du ressort d’un simple conseil de guerre.
Mais Louis-Philippe en décida autrement.
Et le jury de la cour d’assises de Strasbourg prononça, le 18 janvier 1837, l’acquittement de tous les auteurs de l’attentat, le jour même où cinq journalistes de Paris empochaient chacun six mois de prison et 3000 francs d’amende pour avoir imprimé que les sergents de ville étaient souvent très-insolents.
Cependant, Louis-Napoléon était arrivé en Amérique, où il avait reçu un assez bon accueil.
11 avait rencontré à New- York ses cousins Achille et Murat, qui supportaient de leur mieux la perte de leurs splendeurs.
Murat , ancien prince royal de Naples , avait obtenu un emploi de directeur des postes et s’était fait tailler dans un manteau royal des jaquettes et des pantalons qu’il usait avec une noble résignation.
Achille vivait modestement du produit d’une pension tenue par sa femme.
Tl eut préféré une pension de trois cent mille francs du gouvernement français ; mais il n’avait pas le choix.
La Série : 50 centimes
^ HNTAMA^
ILLUSTRÉE
Par TOUGHATOÜT
PARIS
DÉPÔT DE VENTE AU BUREAU 'DE L’ÉCLIPSE
5e Série.
LES SOUTIENS DE L’EMPIRE