LOUIS-NAPOLÉON POSE SES ÉCHAFAUDAGES
En meme temps que Louis-Napoléon parcourait les départements, afin de faire connaître aux populations son visage plein de noblesse, il s’occupait activement de se créer un petit entourage intime qu’il recrutait avec le plus grand soin dans ces recoins les plus obscurs de l’ inter loped-club, qui sont les carrières d’Amérique du grand monde.
Tous les emplois dont il disposait étaient répartis entre ces aimables affamés en gants jaunes, qui n’attendirent plus bientôt qu’un signal pour tenter le coup suprême qui devait les conduire à la grande curée.
Ils ne tardèrent même pas à se montrer très-impa-
tients, et Louis-Napoléon était obligé de les contenir, 11e voulant rien laisser au hasard.
Déjà, le 18 août 1840, le Président avait laissé passer le bout de l’oreille à l’occasion des affaires d’Italie.
Dans une lettre qu’il écrivait* à Ney, son officier d’ordonnance, en mission à Rome, il disait que « son intention n’était pas d’étouffer la liberté italienne, mais seulement de la régler, de la préserver de ses excès ».
A moins d’être atteint d’un abonnement chronique et invétéré à la Patrie , il 11’était pas bien difficile de saisir le véritable sens de ces paroles.
Tout le monde connaît la valeur exacte de ce cliché très -exploité : régler la liberté et la préserver de ses excès.
Personne ne se méprit sur cette tendresse de Louis- Napoléon pour la liberté italienne, qu’il prétendait mettre à l’abri des indigestions en la laissant mourir de faim.
Et, en contemplant le système d’alimentation éco-
nomique que le Président expérimentait sur la liberté italienne, la liberté française ne conserva plus aucune illusion sur le régime qui l’attendait, elle-même, à un moment donné.
Pendant ce temps, d’autres pronostics non moins clairs annonçaient des événements importants.
Ainsi, par exemple, un beau matin Paris fut étonné, en se réveillant, de voir que M. Carlier, le préfet de
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HISTOIRE TINTAMaRRESQUE DE NATOLÉON III
police, avait fait scier, pendant la nuit, tous les arbres de la liberté, jusqu’à celui planté devant Notre-Dame, avec cette inscription :
A Mgr Affee,
Archevêque de Paris,