DES FUNAMBULES
62e Livr.
(( O Marie!... qui avez conçu sans pêcher!... Faites-moi la grâce de pêcher sans concevoir !... » .
Du dogme de l’Immaculée-Conception, nous n’avons rien à dire.
Nous l’acceptons avec respect, et les yeux fermés, — la seule manière possible, croyons-nous, d’accepter ces choses-là.
Si nous sommes mis dedans, nous avons la satisfaction d’y être en bonne compagnie ; car le conseil d’État autorisa la bulle du pape en France, — le jour même où la vente sur la voie publique était interdite au Siècle.
Et plus tard, en 1856, on fit des fêtes inouïes dans tous les diocèses pour célébrer cette justice tardive rendue à une honnête femme calomniée, qui pendant dix-huit siècles et demi avait passé pour avoir fait un enfant dont elle connaissait le père.
Napoléon 111 ne se contenta même pas de fournir de l’argent pour ces fêtes ; il décida qu’une partie des canons pris à Sébastopol serviraient à faire fine statue de Notre- Dame du Puy.
Le commencement de l’année 1855 fut marqué par un événement douloureux qui eut pu avoir les plus heureuses conséquences.
L’empereur de Russie, à la suite d’une revue, fut atteint d’un refroidissement dont il mourut.
Mais, il avait un fils qui lui succéda immédiatement sous le nom d’Alexandre IL
Et le peuple russe n’eut pas même le temps d’entrevoir dans cet affreux malheur l’espoir qu’il était frappé d’une affliction de ce genre pour la dernière fois.
Il versa d abondantes larmes ; et les journaux monarchistes constatèrent avec joie qu’il pleurait de chagrin d'avoir perdu un roi, sans avoir le moins du monde l’air de penser que ce pût être de douleur d’en avoir trouvé un autre.
O11 pensait généralement en Europe que la mort du czar allait amener la fin de la guerre entre la Russie et la France.
Lejeune empereur, — - comme tous les jeunes empereurs,
— passait pour avoir les idées plus libérales que son père, Et les fonds publics montèrent dans toutes les bourses étrangères.
Mais cet espoir fut vain. La guerre continua.
Ainsi fut accomplie, pour la dix-millième fois, cette parole de l’Évangile :