‹ Histoire tintamarresque de Napoléon IIIChapitre 81 sur 104 · VR · texte numérisé non relu

VR

qui l’estampille avait été refusée, la peine et l’ennui d’insister pour obtenir justice.

L’estampille bien employée a toujours rendu d’énormes services aux gouvernements qui en ont fait usage, en leur permettant de faire mourir sans scandale des journaux ou des brochures qu’ils n’eussent pu tuer qu’à l’aide de nombreux procès ayant du retentissement.

Les gouvernements peuvent sans danger, avec ce procédé, accorder à la presse une liberté à toute vapeur, en se réservant l’estampille comme soupape de sûreté.

Ils suppriment ainsi, à leur gré, selon leurs besoins, sans contrôle et sans explosion, tout ou partie de la force motrice de la publicité.

D’après cette définition, on comprendra sans peine que Y estampille était un outil par trop impérial de sa nature, pour que le gouvernement du 2 décembre ne s’en servît pas vigoureusement quand le besoin s’en faisait sentir.

Aussi, le petit rond à l’encre grasse ne fut-il accordé qu’avec beaucoup de parcimonie , et refusé radicalement aux publications dont l’esprit politique n 'était pas au coin du quai.

Le service de la censure fut en même temps absolument réformé.

Depuis quelque temps les censeurs littéraires ‘s’étaient un peu relâchés.

Le gouvernement impérial crut à propos de relever un peu le moral de ces fonctionnaires trop complaisants.

Il fit imprimer et leur fit distribuer un vade mecum ,

contenant l’assemblage refondu, corrigé et augmenté des principes dont ils n’auraient jamais dû s’écarter.

Nous ne croyons pas inutile de donner ici, à nos lecteurs, une reproduction de ce catéchisme officiel, dont les préceptes sacrés présidèrent pendant quinze ans aux destinées de notre littérature.

Page 1