Le parlement de Paris réfugié à Tours
4. Villars ouvrit les portes de Rouen aux armées royales le 27 mars 1594. L'acte de capitulation fut enregistré au parlement
mains de son gouverneur Vilars4, qui enveloppa en mesme composition le Havre, Harfleur, Verneuil, le Ponteau-de-Mer et Montivilier2. Il fut récompensé de Testât d'amiral de France; et encor, par la menée de Philippe des Portes3, on lui remit entre les mains Fécam, que Bois -Croisé, qui l'avoit pris4, comme nous avons dit, quitta à grant regret avec d'estranges remonstrances et mescontentemens. Cette ville fut suivie d'Abbeville, qui, dès auparavant Rouan5, avoit pris le bransle de se donner au roi. Mais les prédicateurs, augmentez de quelques jésuites, se servans des plus séditieux de la ville, fermèrent la bouche aux pacifiques jusques à ce qu'il y eut des domestiques
de Rouen le 26 avril. Les états et offices concédés par le duc de Mayenne aux officiers et magistrats ligueurs de cette ville furent confirmés par lettres du roi du 20 avril. Ces lettres sont conservées en copie du temps dans le f. fr., vol. 3989, f. 275.
1. André de Brancas, s. de Villars, qui, en 1592, avait défendu Rouen contre le roi, traita avec lui par l'entremise de Sully, et reçut en récompense la dignité d'amiral de France (Lettres patentes du 23 avril 1594; f. fr., vol. 4019, f. 282). Ces lettres furent enregistrées au parlement de Rouen le 10 mai (ibid.).
2. Le Havre, Harfleur (Seine-Inférieure), Verneuil, Pont-Audemer (Eure), Montivilliers (Seine-Inférieure). La déclaration du roi, qui accepte la soumission de ces villes, datée d'avril 1594, est conservée dans le f. fr., vol. 3989, f. 279.
3. Philippe des Portes, natif de Chartres, célèbre poète français, abbé de Tiron et d'Aurillac, chanoine de la Sainte-Chapelle de Paris, se retira en Normandie à la mort de Henri III, qu'il avait accompagné en Pologne et à son retour en France. Il contribua à ramener cette province sous l'obéissance de Henri de Navarre, devenu Henri IV.