‹ Histoire universelle (volume 2)Chapitre 123 sur 316 · Guérande (Loire-Inférieure · texte numérisé non relu

Guérande (Loire-Inférieure

2. Charles de Gondi, marquis de Belle-Isle, fils d'Albert de Gondi, duc de Retz.

rail de bagage. La Tremblaye, apesanti de tout cela, sans repaistre ayant fait cinq lieues, en entreprit encor autant pour arriver à Guerrande un heure avant jour, et cela contre l'avis de ses capitaines, qui se voulurent contenter, jugeans bien que quelques eschapez auroyent porté l'alarme au dessein, ce qui estoit vrai ; si bien que le pétardier, ayant respondu au qui va là que c'estoit La Tremblaye, appliqua son pétard, mais une meurtrière l'emporta dans le fossé avec sa flesche, ce qui, avec la courtine bien garnie, apprit aux entrepreneurs leur chemin pour le retour.

La grande lassitude de La Tremblaye et des siens les contraignit de venir repaistre à Herbignac quatre ou cinq heures ; et de là vindrent mettre pied à terre à Guémené1 et passèrent la nuict d'après à Bins. Le duc de Mercœur, ayant sceu que cette troupe estoit entrée dans ce sac de rivière, découpla sur leurs erres Sainct- Laurens, qui, fortifié de la garnison de Redon, arriva au poinct du jour à Bins, plus fort que les autres de cent harquebusiers seulement. Les royaux, soit pour leur harassement, soit pour estre prests de monter à cheval, estans sans garde, Sainct-Laurens fit son gros dans la haie et garnit les avenues avant l'alarme. Sur cet avantage, ayans fait donner les harquebusiers aux maisons, ils emportent tout sans résistance, horsmis Ravardière, qui, ayant rallié dans la basse cour de son logis et mis à cheval dix ou douze des plus diligens, se fit chemin à coups d'espée à travers la foule et à ceux qui l'osèrent suivre ; ce qui se sauva autrement fut par les portes de derrière. En tout furent perdu trente, que morts que prisonniers.

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