Le s. de Tenye, colonel d'un régiment de huit compagnies
Beaumont, La Pommerai et autres capitaines, s'estans joints à La Tremblaye, résolurent de donner une camisade à Maure. Mais, trouvans Sainct-Laurens deslogé, ils se mettent sur la piste, sans changer l'ordre qu'ils avoyent pris pour donner au bourg. Ils ne demeurent guères à trouver, dans le chemin du bois de la Roche1, le régiment de Trémereuc, à qui son frère avoit donné la retraite, qu'il démesla d'assez bonne grâce une lieue et demie, estant tousjours attaqué. Enfin ses soldats, estans contraints d'abandonner à la retraite les blessez et les morts, entre ceux-là le capitaine Hil, prirent un champ bien fossoyé, où ils se résolurent au combat. Là, ils furent enfoncez à cheval et à pied, avec une si gaye résolution que, Trémereuc estant pris, Pommerai de Dinan et La Vieuville, capitaines, avec près de deux cents hommes, tuez à la poursuite et au champ, le reste se jetta dans le bois à la merci des paysans.
Nous avons encor un autre exploict entre les mesmes chefs, que nous ajousterons ici, bien qu'en diférente saison. Sainct-Laurens ayant retrenché ses troupes à Sainct-Siriac2, qui est sur la rivière de Dinan, ceux de Sainct-Malo fournirent à La Tremblaye deux galiottes, qui, ayans donné quelques volées aux barricades, La Tremblaye, suivi de huict cents hommes, fait son attaque, force et mène si rudement que, de deux cent cinquante hommes que Sainct-Laurens avoit
de gens de pied, chacune de cinquante hommes (Barthélémy, Documents sur la Ligue en Bretagne, p. 187).