‹ Histoire universelle (volume 2)Chapitre 140 sur 316 · L edit. de 1620 porte Gaspard Borromeo · texte numérisé non relu

L edit. de 1620 porte Gaspard Borromeo

3. César Baronius, l'autour des Annales ecclésiastiques, né le 30 octobre 1538, mort le 30 juin 1607.

le procez à leur juge; dont il avint que, Brocard estant choisi pour l'un des trois que cette congrégation envoyoit tous les ans en trois départemens de l'Europe pour cet effect, ayant toutes ses dépesches et l'or qu'il pouvoit porter, vint à lui un sien familier pour, à la façon de Rome, se conjouïr de son exaltation. Et, comme les charleries de cet harangueur desplaisoyent à Brocard, il lui eschapa : Fusse bono, se non fusse contra Christo.

Demie heure après, il receut d'un cardinal ami un billet pour le faire sauver et monter sur un coursier de Naples, qu'on lui envoyoit avec un sac d'or, qu'il n'accepta pas. Lui donc s'estant sauvé en Dauphiné, Lesdiguières le fit conduire par un consul de Briançon au lieu où il rendoit ce compte, pour lequel vérifier il mit sur table les originaux de ses commissions, lettres d'envoi au roi d'Espagne, à l'archevesque de Tolède et autres pièces authentiques pour justifier ses propos. Il apprit à ses auditeurs comment, en contrepétant l'ordonnance des réformez à Saincte-Foi, la congrégation avoit correspondance avec dix conseils establis en dix contraires départemens, monstra les entretiens qu'avoyent ces conseils et en un seul d'eux un cardinal pour chef, un duc et pair pour adjoint, avec seize mille ducats de pension pour le premier et quinze pour l'autre. Ceux-là formoyent les instructions des royaumes à Rome, rendans compte lous les ans des affaires et personnes notables, avec une estrange curiosité, recevant aussi ce qu'ils avoyent à faire par deux extraits liez à part, sur l'un desquels il y avoit escrit : Artes pacis, et sur l'autre : Artes belli. Le premier des deux fit esmerveiller les auditeurs du

soin et de la prudence qui y paroissoit, mais en l'autre se descouvroit une grande ignorance de la guerre. En tout se voyoit de merveilleuses inventions pour esteindre les particuliers, qui n'avoyent point le costé descouvert à la corruption. Estant1 requis par les auditeurs de leur monstrer les mémoires des pays sur lesquels devoit tomber le premier orage, il respondit : Ergo a Rhetis inchoandum. Et là-dessus leur fit voir les fondemens de ce qui est avenu depuis tant en la Valteline qu'es Grisons, et mesmes, avec quelques obscuritez, le dessein du duc de Savoye, où trempa depuis le dernier mareschal de Biron. Voilà comment on se mesloit à Rome des affaires des François.

Vous voyez ce que l'Espagne contribuoit à ce même soin par ce que la Ligue en monstroit, laquelle, ayant fait voir sa décadence, le mariage qu'on préparoit de l'infante2 avec le roi électif3 de France fut transféré à l'archiduc Albert4.

Le roi d'Angleterre et l'Escosse n'avoyent rien avec nous que les renouvellemens d'amitié et assistance qui paroissoyent en leur endroit. Le mesme pouvonsnous dire des Holandois, mais avec plus estroites correspondances, comme, quand les mutinades se voulurent donner au roi, il les renvoya au comte Maurice 5,

1. La suite de l'alinéa, jusqu'à ces mots : Et voilà comment..., manque à l'édit. de 1620.

2. Isabelle-Claire-Eugénie, née en 1566, fille de Philippe II, roi d'Espagne, et d'Elisabeth de France, morte en 1633.

3. D'Aubigné désigne sous ce titre le roi catholique que la Ligue voulait éliro.

4. Le mariage d'Isabelle-Glaire-Eugénie avec Albert, archiduc d'Autriche, fils de l'empereur Maximilien II et de Marie d'Autriche, eut lieu en 1598.

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