‹ Histoire universelle (volume 2)Chapitre 15 sur 316 · Voyez plus loin, chap. v · texte numérisé non relu

Voyez plus loin, chap. v

3. Le roi, revenant de Saint-Germain-en-Laye le 27 décembre 1594, se trouvait dans la chambre de Gabrielle d'Estrées (Lettres de Henri IV, t. IV, p. 286, note).

4. Le s. de Ragny, d'une famille de Bourgogne, vivait encore en 1599.

5. Une pièce relative à la blessure du roi est imprimée dans les Mémoires de la Ligue (t. VI, p. 251).

6. Jean Ghâtel, né en 1575, écartelé en place de Grève le 29 décembre 1594. Voyez une circulaire du roi sur l'attentat de Ghâtel, datée du 27 décembre 1594 (Lettres de Henri IV, t. IV, p. 285).

aux bras et cuisses, son poing, où le cousteau estoit lié, coupé, et puis tiré à quatre chevaux, le tout bruslé, les cendres jettées au vent1. La mesme cour ordonna, et par le mesme arrest, que les prestres, escoliers et tous autres soi-disans de la Compagnie de Jésus, entre lesquels Gbastel avoit esté instruit, comme corrupteurs de la jeunesse, perturbateurs du repos public, ennemis du roi et de l'Estat, vuideroyent dans trois jours après la signification de l'arrest hors de Paris et autres endroits ausquels il tenoyent leurs collèges, et dedans quinze jours hors du royaume, sur peine, estans trouvez ledit temps passé, d'estre punis comme coulpables dudit crime de lèze Majesté2; confisqua tous leurs biens, meubles et immeubles, pour estre employez en œuvres pitoyables ; fit défenses à tous subjects du roi d'envoyer aucuns escoliers aux collèges de Glermont et autres de ladite société, qui sont hors du royaume, pour y estre instruicts, sur la mesme peine que dessus3. L'arrest fut exécuté le 29 décembre. Pierre Ghastel père et Jean Guéret4, précepteur du parricide, bannis; cettui-là pour certain temps hors de Paris et condamné à deux mille escus d'amende;

1. On trouve dans les Mémoires de la Ligue (t. VI, p. 231 et suiv.), et dans les Archives curieuses de Gimber et Danjou (t. XIII, p. 371), une série de pièces sur l'attentat de Jean Ghastel. Il fut exécuté le 29 décembre 1594. Le procès de ce misérable est imprimé en partie dans le t. VI des Mémoires de Condé.

2. Voyez, dans les Mémoires de la Ligue (t. VI, p. 256 et suiv.), une série de pièces relatives au bannissement des Jésuites.

3. Une pièce, notifiant aux catholiques du royaume l'arrêt de la cour du Parlement de Paris, relatif aux collèges des Jésuites, est imprimée dans les Mémoires de la Ligue (t. VI, p. 261 et suiv.).

4. Le Père Jean Guéret, professeur de philosophie de Ghastel.

cettui-ci à perpétuité hors du royaume, à peine de la vie1.

La maison du père, située devant le palais, razée et une pyramide érigée en la place, contenant pour perpétuel monument les causes de la démolition. Et, pource que c'est un des plus notables arrests de ce siècle contre lequel il y a eu plusieurs mouvemens, comme vous verrez, j'ai estimé que la façon de cette pyramide devoit estre donnée à la postérité.

Elle fut donc plantée en la place de la maison rasée, n'y ayant que la rue entr'elle et le palais. Elle estoit haute de quelques vingt pieds, élabourée de riches ouvrages; sur la voussure les quatre vertus cardinales, eslevées magnifiquement; force jaspe employé entre le pédestal et l'architrave. Nous espargnerons la peine du lecteur par la lecture de l'arrest tout entier ; il se contentera de l'abrégé ci-dessous. Mais nous ne pouvons vous dérober les pièces engravées aux autres trois faces; celle qui regardoit le portail du palais contenant l'arrest tout de son long.

La face oposite contenoit ce qui s'ensuit2 :

QVOD SACRVM VOTVMQUE sit memoriœ perennitati, longevitati, salutique, Maximi, Fortissimi, et Clementiss. Principis Henrici IV, Galliœ et Navarrœ régis Christianiss .

Audi viator, sive sis extraneus,

1. Le récit de d'Aubigné est confirmé par celui de de Thou (liv. CXI).

2. Les inscriptions suivantes sont reproduites en entier dans les Mémoires de la Ligue (t. VI, p. 247 et suiv.), d'après une pièce du temps où sans doute d'Aubigné les a copiées.

Sive incola urbis quœ Paris nomen dédit, Rie alta quœ sto pyramis, domus fuit Castella, sed quam deruendam funditus Frequens senatus crimen ultus censuit.

Hue me redegit tandem herilis filiusy Malis magistris usus, et seholâ impiâ Sotericum, eheu, nomen usurpantibus .

Incestus, et mox parricida in Prineipem, Qui nuper Urbem perditam serv avérât, Et qui favente sœpe vietor Numine Deflexit ictum audaeuli Siearii, Punctusque tantum est dentium septo tenus. Abi, viator, plura me vetat loqui Nostrœ stupendum Civitatis dedeeus.

IN PYRAMIDEM EAMDEM.

Quœ trahit à puro sua nomina Pyramis igné, Ardua barbarieas olim deeor avérât urbes, Nunc deeor i non est, sed eriminis ara piatrix : Omnia nam flammis pariter purgantur et undis. Rie tamen esse piis monumentum insigne Senatus Principis incolumis statuit, quo sospite casum Née metuet pietas, née res grave publiea damnum.

A celles des deux autres faces, qui regardoyent vers le Pont au Change, y avoit ce qui s'ensuit :

Pro salute Henrici IHI. Clementiss. ac Fortiss. Régis, quem nefandus parricida perniciosiss . factionis hœresi pestifera imbutas, quœ nuper abominandis sce-

leribus pietatis nomen obtendens, unctos Domijii, vivasque Majestatis ipsius imagines occidere populariter docuit, dum confodere tentât, eœlesti numine scelestam manum inhibente, eultro in labrum superius delato, et dentium occursu fœliciter retuso, violare ausus est Ordo ampliss. ut vel conatus tam nefariipœna, terror, simul et prœsentiss. in Opt. Principem ac regnum cujus salus in ejus sainte posita est, divini favoris apud posteros memoria extaret, monstro Mo admissis equis membratim discerpto, et flammis ultricibus consumpto, Aedes etiam unde prodierat, heic sitas funditus everti, et in earum locum, salutis omnium ac gloriœ signum erigi decrevit.

llll. Non. Lan. Ann. Dom.

CIO 10 xcv.

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