Claude de la Bourlotte
7. La ville d'Hulst était protégée par plusieurs forts, entre
hommes, et l'emporta facilement. Il y avoit encores deux forts, l'un nommé Moerwoert et l'autre de Nassau, sur le bord du canal et des tranchées des forts à la ville. Le prince Maurice courut à Hulst et donna au comte de Solmes1 hommes et munitions pour se deffendre. A leur arrivée, La Burlotte voulut emporter la tranchée qui joint les forts à la ville, perdit trente hommes au premier essai. Le lendemain, la tranchée fut encores essayée en vain, et puis on adjousta la nuict une petite demie lune, et cela servit de façon que, l'Espagnol ayant passé avec peine et péril neuf pièces, et en ayant batu les deux forts, que nous avons nommez, et les navires des Estats qui favorisoyent, tout cela fut inutile.
Les assiégez, de leur costé, logèrent six pièces, tant pour regagner la petite Râpe que pour empescher le passage de l'eau, et c'est à quoi fut la dispute des uns et des autres. A la mi-juillet, quatre compagnies de chevaux légers partirent de Bergopsoon, entrèrent par Campen au territoire de Hulst, chargèrent et deffirent trois cens Espagnols, bruslèrent trois moulins pour incommoder l'armée et se retirèrent. La nuict d'après, les Espagnols vindrent premièrement gagner la contr'escarpe de la grand'tranchée, et puis, y ayant fait pose d'une heure, avec grand perte d'hommes, ils se jettèrent dans cette tranchée et en chassèrent tout ce qui y estoit . Puis l'Espagnol , suivant sa pointe, tourna ses neufs canons à battre le fort de Moerwoert, et, la bresche n'estant qu'à demie,
autres par le fort de Moer et le fort de la Râpe (De Thou, liv. CX VII).