‹ Histoire universelle (volume 2)Chapitre 181 sur 316 · Éverard, comte de Solins · texte numérisé non relu

Éverard, comte de Solins

ceux de dedans s'espouvantèrent, de façon qu'ils contraignirent leur chef de se rendre à composition. Lors il falut travailler aux approches de la ville. Le comte de Solmes fut blessé, du commencement, par les batteries en ruine, dans laquelle le plus seur estoit près les remparts. Les assiégez firent trois mines, pour la commodité des sorties, à la première desquelles ils enfilèrent la tranchée plus de deux cents pas, et puis, les forces recueillies, les plus pressants receurent grand dommage des mousquetaires de la contrescarpe et du canon. Pirom1 qui, en absence du comte de Solmes, commandoit aux régimens d'Àiguemont2, Hectink, de l'amiral de Ziricxée3 et au sien, fut blessé et emporté par les vaisseaux, qui alloyent et venoyent, en despit de l'artillerie logée pour les empescher.

Tout le reste de juillet fut employé en batterie et, le second jour d'aoust, après que quatorze pièces eurent joué contre le ravelin, à six heures du soir, il y fut donné un assaut fort opiniastré et de grande perte aux attaquans, qui enfin gagnèrent; mais, s'y pensans loger, les mines firent tout sauter. En ces attaques, l'armée perdit plus de huict cents hommes : entre ceux-là Rosne4, faict redoutable par son mespris, et presque tous les capitaines de La Burlote. La colère des chefs s'eschauffa, de façon qu'ils redoublèrent quatre assauts en vingt-quatre heures. Le cinquième fut donné, encor plus grand que les autres, à la porte des Béguines; et, cela estant failli, joua une

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