‹ Histoire universelle (volume 2)Chapitre 185 sur 316 · Herman van Ens · texte numérisé non relu

Herman van Ens

Plus heureuse ne fut l'entreprise du prince sur Venloo; elle consistoit en deux navires, desquels le plus petit, mené par le capitaine Mathis4, gagna bien le quai et la porte; mais le second ne pouvant arriver à temps, les bourgeois accourus les chassèrent, favorisez de force mousquetades que tirèrent les navires du port. Le capitaine et la moitié des siens y donnèrent; les Anglois r'apportèrent le lieutenant estropié.

Le roi d'Espagne prit lors un merveilleux désir de faire venir les Estats à composition. Pour cet effet, il fit jouer les ressorts de plusieurs princes, marcher un ambassadeur de Poulongne2 et un agent de l'empereur3; l'un et l'autre meslans avec leurs douces persuasions d'accord quelques menaces de la part de leurs maistres. Les envoyez furent reçeus honorablement; mais leur response fut simple, assavoir qu'ils estoyent confédérez avec le roi de France et la roine d'Angleterre, sans lesquels ils ne pouvoyent rien commencer ni mesmes les convier d'y entendre, et, partant, ils prioyent Leurs Majestez de n'entreprendre point un affaire si difficile et les tenir pour excusez.

Il est temps de voir quel profit les Estats tirèrent du voyage du cardinal en France. C'est qu'à la fin de septembre ils eurent une armée sur pied, garnie de ce qu'il faloit; et, ayans délibéré d'oster aux Espa-

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