‹ Histoire universelle (volume 2)Chapitre 212 sur 316 · Rodolphe, fils de l'empereur Maximilien · texte numérisé non relu

Rodolphe, fils de l'empereur Maximilien

duc de Lorraine, grand-duc de Toscane, le duc de Mantouë, la république de Lucques, les évesques et chapitre de Mets, Toul et Verdun, l'abbé de Gorze, les seigneurs de Sedan et le comte de la Mirande. Bien entendu toutesfois que le consentement que ledit sieur roi catholique donne à la compréhension des comtes de Frise orientale soit sans préjudice du droit que Sa Majesté catholique prétend sur les pays d'iceux, comme aussi demeurent réservez à l'encontre les défenses, droits et exceptions desdits comtes. Le tout avec déclaration que ledit sieur roi catholique ne pourra, directement ou indirectement, travailler par soi ou par autres aucuns de ceux qui, de la part dudit sieur roi très chrestien, ont ci-dessus esté compris. Et que, si ledit sieur roi catholique prétend aucune chose à l'encontre d'eux, il les pourra seulement poursuivre par droit par devant les juges compétans et non par la force en manière que ce soit.

Ce que dessus est porté par le trente-quatriesme article. Et par le suivant, le roi catholique requiert, pour les mesmes, les mesmes choses, y adjoustant les archiducs et en Italie la république de Gennes, le duc de Parme, le cardinal Farnaise, les ducs d'Urbin et de Salmonette, les comtes de Sala et Golormo, les chefs des maisons Golone et Ursini, les marquis de Final et de Massa, les sieurs de Monaco et de Piombin.

L'utilité que le lecteur peut prendre en cet article est de voir le soin des rois en leurs traitez et les rangs observez par eux1.

1. Le traité de Vervins (2 mai 1598) est un des actes les plus importants de notre histoire diplomatique. Le texte de ce traité a été plusieurs fois imprimé et se trouve notamment à sa date

Le duc de Savoye1 fit par apparence grand cas de cette paix et grande promesse de n'y contrevenir jamais. Toutesfois, aux premières demandes que le roi lui fit , il monstra une autre volonté , retenant contre la prière de ce prince la dame d'Entremont2, vefve de l'amiral de Chastillon, prisonnière à Yvrée, sous une fausse accusation de magie, de quoi elle avoit esté déclarée innocente par le consistoire de Rome, et travaillant tousjours ceux de Genève par ses forces, ausquelles il ne donnoit point de congé, sinon vers la fin, qu'il les fit passer en Lombardie, à la requeste du roi.

Le mariage de Madame avec le prince de Lorraine, traitté de quelque temps auparavant, fut conclud. Il y eut de grandes controverses pour le fait de la religion et pour la manière des espousailles. Sur le premier point se firent plusieurs conférences et puis disdans le Corps diplomatique de Dumont. Les documents qui se rattachent à cette grande négociation sont presque innombrables. Outre les recueils imprimés cités dans la Bibl. hist. de la France, n° 30318 et suiv., nous citerons seulement : f. fr., vol. 3464, f. 32 à 59, 3475, f. 1 et suiv., 3480, 3481, 3482,-3483, 10755, 15840, 15893, f. 442 à 480, 15894, f. 1 à 318, 18529, 23519, f. 280, 23515, Vc de Golbert, vol. 318, 319 et 320. Pour les suites, les ratifications et l'exécution du traité, nous signalons : f. fr., vol. 3464, f. 80 à 102, 3467, f. 359, 4020, f. 97 à 203, coll. Moreau, vol. 723 et 746. On peut citer aussi plusieurs pièces du temps, dont les plus intéressantes ont été réimprimées dans les Mémoires de la Ligue, t. VI, p. 614 et suiv., et dans les Archives curieuses de Gimber et Danjou, t. XIII, p. 433.

1. Charles-Emmanuel Ier, né le 12 janvier 1562, mort le 24 juillet 1630.

2. Jacqueline de Montbel, comtesse d'Entremonts, fille unique de Sébastien de Montbel et de Béatrix de Pacheco d'Ascalona, avait épousé l'amiral de Goligny en 1571.

putes entre l'évesque d'Évreux, depuis cardinal du Perron, et du Moulin, ministre de l'Église de Paris. A quoi fut adjoustée la conférence de plusieurs théologiens d'une part et d'autre. On n'oublia pas ce que peuvent les promesses et les menaces. Mais cette fille fut inflexible à tout et persévéra jusques à la mort. Pour l'autre poinct, le roi y remédia, faisant dans sori cabinet accepter les promesses de présent par l'archevesque de Rouen1, le mari les déposant entre ses mains en cette qualité. Mais elle, comme de son frère bastard, au partir du cabinet, elle s'en va au presche dans le Louvre, comme elle l'y a tousjours maintenu publiquement, et là fit publier la bénédiction nuptiale. Le duc de Bar2 marcha de son costé à ses dévotions. Elle avoit esté pourchassée par tous les princes de la France, par les rois d'Espagne et d'Escosse3 et autres estrangers. Mais sur tous l'Escossois, en faveur duquel la roine Elizabet escrivit que, si elle vouloit passer en son isle, dès son vivant elle seroit asseurée -par pièces authentiques d'estre roine d'Angleterre après son décez. Henri III, à son retour de Poulongne, la désira grandement4. Mais la roine sa mère l'empescha sur la prédiction d'un devin italien, par lequel elle a tousjours tenu pour certain que Henri de Bourbon succéderoit à ses enfans. Et de là prit en haine cette

1. Charles III de Bourbon, archevêque de Rouen de 1594 à 1604.

2. Henri II, duc de Bar et de Lorraine, fils de Charles, duc de Lorraine, et de Claude de France, seconde fille de Henri II, roi de France, né le 8 nov. 1563, mort le 31 juillet 1614.

3. Jacques VI, roi d'Ecosse, né le 19 juin 1566, couronné roi d'Angleterre le 25 juillet 1603, mort le 27 mars 1625.

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