‹ Histoire universelle (volume 2)Chapitre 253 sur 316 · Le duc d'Angoulême fut remis en liberté sous Louis XIII · texte numérisé non relu

Le duc d'Angoulême fut remis en liberté sous Louis XIII

deurs ordinaires, qui n'agissoyent guères que pour les payemens des bandes que les Alemans, Suisses et Grisons avoyent fournis à divers partis, et sur tous à celui du roi.

Les Genevois, se confîans en la paix de Vervins, avoyent mis les armes au crochet; estant généralement porté qu'elle s'estendoit pour les alliez qui avoyent fait la guerre en faveur de l'un et de l'autre parti. Mais, particulièrement, le roi en avoit donné asseurance par lettres patentes, selon lesquelles lesdits Genevois publièrent la paix. Mais encores, celle de laquelle nous traittons en ce livre les comprenoit tellement qu'Albigni1, lieutenant général du duc, leur escrivit plusieurs fois pour l'observation des articles. Gomme aussi un conseiller d'estat du duc, nommé Rochette2, estoit encores dans la ville pour les intelligences commencées du trafic deux jours devant l'entreprise, de laquelle nous voulons clorre ce dernier livre, ne sortans de nostre terme qu'ainsi que nous avons fait ci-devant, tant pour avancer les matières commencées jusques à leur fin que pour le contentement des lecteurs.

Le grand jubilé séculaire avoit produit plusieurs cérémonies de mesme nom, comme il y en avoit

1. Charles de Simiane de Gordes, s. d'Albigny, capitaine du duc de Savoie, était le propre fils du s. de Gordes, gouverneur de Dauphiné sous Charles IX. On trouve quelques lettres de ce capitaine dans la pièce que nous citons plus loin, p. 381. D'Albigoy était le favori du duc de Savoie. Une lettre de Martin en go, du 7 mai 1602 (f. fr., vol. 15577, f. 161), donne des détails sur le crédit de ce capitaine.

2. Le s. de la Rochette, neveu du sénéchal d'Auvergne (Lettres <i< Henri IV, t. VI, p. 661 et 662).

encores un assigné à Thonon1, où quelques Jésuites se rendirent pour esmouvoir les courages de force chefs de guerre, desquels on avoit fait filer les uns et cacher secrettement au chasteau de Thonon et autres maisons partisanes du duc; la présence duquel estant nécessaire pour monstrer que le coup n'estoit point sans aveu, il se mit au cul de ses troupes, qui partoyent de Ghambéri, se faisant passer pour ambassadeur, et vint coucher au pont des Tramblières2, à une lieuë de son exécution. Les Jésuites avoyent, les jours précédens, fait confesser, communier et jurer sur l'hostie les principaux, entr'autres Brunaulieu3; Picard, gouverneur de Bonne, premier entrepreneur, s'estoit fait donner l'extrême-onction, pour ne vouloir, ayant failli son entreprise, survivre à son malheur. Le duc, l'onziesme jour de décembre4, ayant bien concerté avec les capitaines pour le devoir d'un chacun, lui-mesmes disposa ses bandes, qui estoyent de douze cents hommes, pour donner, sans les autres troupes qui devoyent succéder. Et puis, ayant dit à la teste qu'il donnoit le pillage de la ville après que les tambours auroyent battu dedans, et non plustost, qu'il leur commandoit de mettre à mort tous les

Page 1