Prise de Gahors, 31 mai 1580. Voyez t. VI, p
Le roi voulut se ressentir de l'infraction de la paix, mais le nonce du pape y descoupla tous les ressorts propres pour Tappaiser.
La nouvelle de cette faute resjouyt ceux de Venise, mais contrista le consistoire de Rome, où les blasmes ne furent pas espargnez contre les principaux de l'entreprise, comme les oisifs sont iniques juges des travailleurs1.
Les principaux affaires de ce costé-là vers nous estoyent les commandemens au nonce de prendre toutes occasions pour interpeller le roi de tenir ses promesses du sacre et du mariage ; c'estoit pour procéder à l'extirpation des réformez. Pour à quoi travailler le duc de Florence2 presta le comte Botti, excellent homme d'affaires, et auquel le nonce et l'ambassadeur d'Espagne devoyent prendre correspondance et se raporter. Nous eusmes encore de Rome de grandes traverses sur le mariage de Madame, et puis tous consentemens à défaire celui de la roine de Navarre pour pouvoir accomplir celui de Florence.
Ce fut de là qu'avint, quelques années après, la rude tragédie des Morisques, sur ce que les trois que nous avons spécifiez, joints à deux prélats de France, prirent un jour le roi en mauvaise humeur, et, l'ayant sollicité de l'extirpation, ce prince, se retournant vers Taxis, qui avoit pris la parole, lui dit assez rudement : « Faites que vostre maistre3 chasse de sa domination
4. A la suite de cette tentative, le duc de Savoie signa un traitô avec la ville de Genève, 21 juillet 1603. Ce traité est imprimé par ttpon, Histoire de Genève, t. II, p. 249.