‹ Histoire universelle (volume 2)Chapitre 47 sur 316 · Gicco de Sangré · texte numérisé non relu

Gicco de Sangré

llumières1 et Cluseau2, maistre de camp, l'exécution; de laquelle ce que je puis dire est, qu'ayant présenté escalade en deux divers endroits pour amuser les estrangers et les destourner du costé du chasteau, les premiers qui entrèrent le firent par une ouverture des fossés du chasteau et de là par une route, qui sortoit en la place d'entre le chasteau et la ville. Cluseau fut le premier qui rallia trente hommes passez par cet estroit ; puis le duc et Humières y arrivèrent ensemble. Au prix que leurs forces naissoyenf en cette place, il s'en faisoit un grand meurtre, tant de la courtine du retranchement que de l'embouchure de la grand rue, où les estrangers s'estoyent ralliez en gros, comme aussi des fenestres des maisons. En ce péril, Humières, voyant son chef sans salade, quitta la sienne, et le duc, lui remonstrant qu'il estoit obligé à avoir la face descouverte, ne gagna rien sur lui ; mais une mousquetade lui osta la vie par la teste. Et ainsi mourut Humières, qui sa voit, valoit et pou voit beaucoup, mesmes en sa province, où il fut fort regretté. Sur ce poinct, La Croix, maistre de camp, soustenu de Cluseau au retranchement, où il estoit le moins eslevé, le franchit et va mesler les Espagnols, enfile la rue et les contraint de la quitter pour gagner les maisons. Ceux qui avoyent menacé par les eschelles tournent au chasteau, emplissent la place. Les estrangers défendent le logis, et enfin, tout estant forcé, meurent de ce costé cent cinquante Espagnols ou Italiens, autant de lanskenets, leur colomnel pris, Sico, chef des

1. Charles d'Humières, marquis d'Ancre, fils de Jacques d'Humières, mort le 10 juin 1595 (Lettres de Henri IV, III, 138, note).

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