Chapitre III
Reddition de Paris.
A la nouvelle de Lyon, le Parlement de Paris prit la hardiesse de prononcer contre l'élection d'un roi
1. Pierre IV d'Espinac, archevêque de Lyon, 1573 au 9 janvier 1599.
2. L'édit du roi, relatif à la soumission de Lyon, daté de Saint- Germain-en-Laye et du mois de mai 1594, est imprimé dans les Mémoires de la Ligue (t. VI, p. 107 et suiv.). Il fut vérifié au Parlement de Paris, le 24 mai 1594 (De Thou, liv. GVIII). Voyez Pericaud, Histoire de Lyon sous la Ligue.
3. Villeroi traita avec le roi, pour la soumission de Pontoise, en mars 1594 (De Thou, liv. CVIII).
estranger par acte public, et, par mesme voye, déclarer que, si dedans un mois on ne traittoit à bon escient de leur paix, ils la feroyent eux-mesmes; déclarèrent encores qu'ils ne vouloyent plus souffrir en leur ville le duc de Feria ni les Espagnols et Walons. Si d'un costé la crainte des prospéritez du roi les faisoit sages, le sentiment de leurs nécessitez les émouvoit bien autant. A la vérité, tous ceux qui commandoyent aux places d'alentour leur laissoyent passer des vivres, hormis le fort de Gournai4, où La Noue commandoit, qui, bien que fort pauvre pour le lieu d'où il estoit sorti, et sa maison ayant dévalé du seigneur au gentilhomme, n'eut point de mains à recevoir les corruptions. Il lui fut remonstré que ses compagnons prenoyent par souffrance du roi, qui n'avoit pas de quoi guérir leurs mescontentemens ; il respondoit que cela ne pouvoit servir de dispense à son devoir. Ainsi, la Marne estant la meilleure nourrice de Paris et les courtoisies des autres leur estans vendues si cher, que c'estoyent de gracieux rançonnemens, la faim leur apprit à parler haut.
Le duc de Mayenne, voyant la reddition toute minutée, y apporta les remèdes qu'il pût. Ayant reconnu que le comte de Belin2 avoit changé de style dès la fin de l'an dernier et qu'il estoit propre à mettre en