Gournay-sur-Marne (Seine-el-Oise
2. Jean-François de Faudoas, fils d'Olivier de Faudoas, seigneur de la Mothe, et de Marguerite de Serillac, prit le titre de comte de Belin à son second mariage avec Renée d'Averton, veuve de Jacques d'Humières. Faudoas succéda au duc de Nemours en qualité de gouverneur de Paris, fut révoqué par Mayenne et devint dans la suite gouverneur de Calais [Lettres de Henri IV, t. IV, p. 70, en note).
etlet les pensées du peuple, pensa qu'il ne faloit point dans Paris un gouverneur qui fust seulement ligué, mais ligueur. Il choisit le comte de Brissac1 en la mémoire des barricades et de plusieurs actions relevées, tesmoin de sa passion et fidélité au parti. Gela fait, le duc ayant mis ordre qu'il y eust tousjours dans Paris quelque prince de Lorraine de plus, y fit entrer mille quatre cents Espagnols de nouveau, si bien que les estrangers approchoyent le nombre de six mille; le duc, di-je, sur telles asseurances, s'eslongna où les affaires l'apelloyent.
L'Anglois, autrement appelé Beaurepaire2, et l'eschevin Neret estoyent ceux qui avoyent induit le comte de Belin à la première conspiration3, se voyans desnuez de leur chef et n'osans taster le comte de Brissac pour les conditions que nous y avons marquées. Le roi, qui avoit trouvé des instrumens propres à reconnoître le comte, le trouva enfin las de sa besongne mal reconnue et ductile à réparer les bresches de sa maison et à l'honneur de maresehal de France. L'ayant donc trouvé tel, les deux mesnagers de Paris sont avertis de se confier en lui. Sur cette asseurance, ils lui font connoistre et les personnes vouées à l'entreprise et les moyens qui estoyent tels qu'on porteroit des matériaux à la porte Neuve pour,
1. Charles de Gossé, comte de Brissac, traita en secret avec le roi de la reddition de Paris, par l'entremise d'Antoine de Silly, comte de Rochepot, son proche parent (Mémoires de la Ligue, t. VI, p. 74, note).
2. Saint-Quentin, s. de Beaurepaire, colonel de Wallons, mort après 1604.
3. Négociations au sujet de la capitulation de Paris (OEconomies royales, liv. II, chap. xvn; coll. Petitot, t. II, p. 181).
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sous couleur de la vouloir fermer de murailles, en oster les gabions et terrasses dont elle estoit condamnée; qu'on feroit le mesme à la porte Sainct-Denis, mais de nuict, et que de mesme heure on logeroit en chacune cinquante hommes; outre cela, que Neret se rendroit maistre de la porte Sainct-Honoré, laquelle il avoit en charge, y cachant sa famille et quelques autres affidez; de plus, qu'en la mesme nuict on feroit couler dans des logis que possédoyent les confidens de l'entreprise quelques gentilshommes et soldats de l'armée pour estre prests de se jetter dans les portes quand le signal leur seroit donné. Ceux-ci estoyent pour s'oposer à quatre corps de garde, qui pouvoient venir par le rempart disputer ces portes, comme estans tousjours préparez entre l'hospital Sainct- Jacques et Sainct-Denis, à la croix Sainct-Eustache et au Temple. Il y avoit encor un dessein bien apparent, pour les forces qu'on feroit descendre par bateaux, des rivières de Seine et de Marne, qui devoyent estre commandées par La Noue, la moitié d'elles receuës au boulevart des Gélestins par Jean Grossier1, capitaine de ce quartier, et dans l'arcenal par Chevalerie2, lieutenant provincial de l'artillerie et y commandant absolument. Ces dernières pièces avoyent esté préparées pour un dessein sans intelligence que le roi y avoit au commencement et que La Noue faisoit fort d'exécuter; mais tout cela trouvé lors bien facile, quand le roi se vid donner les mains du dedans. A toutes les facilitez que nous avons dites, mais