Marc de Rie, marquis de Varambon
Ymbereourt. Sur quoi le marquis de Varembon amassa ce qu'il avoit de forces, et, venant pour secourir ce chasteau, trouva en son chemin les François plus forts qu'il n'avoit estimé; ce qu'ayant jugé à leur veue, il fit tourner visage à son infanterie et gagner les bois, qui lui firent grand bien. Mais lui, voulant faire sa retraite de bonne grâce, ce qui ne se fait plus par la cavalerie devant les mauvais garçons, le mareschal fit si bien engager la retraite du marquis par ses coureurs, que lui l'estima obligé à prendre la querelle pour les siens. Les royaux, qui ne vouloyent que cela, meslèrent si brusquement à tout que le marquis fut porté par terre, quatre de ses drappeaux empoignez et lui quitte pour une grosse rançon1.
Parmi le ravage que firent les François, le mareschal essaya2 quelques entreprises, qui ne réussirent pas, et puis vint faire une course devant Bapausme et Teroiienne3, où il se passa quelque escarmouche4, mais tout à la faveur des coups de canon.
1. Le marquis de Varambon perdit deux cents hommes dans ce combat; lui-même fut fait prisonnier et dut payer pour sa rançon la somme de 60,000 florins.
2. Var. de l'édit. de 1620 : « ... essaya une entreprise sur la principale ville, et, nonobstant que les Arthésiens fussent sur leurs armes, trois pétards jouèrent et le quatrième achevait la besogne sans qu'un quartier de pierre rompit la planche, et envoia pétardier et pétard dans les fossez; l'un et l'autre retirez dans les troupes, qui firent sur la contr'escarpe une trop longue pause pour le profit de plusieurs. Cette course fut suivie d'une autre devant Bapausme... »