Jean Grossier, bourgeois de Paris
2. Le s. de la Chevalerie, fils d'Adam des Escotais, s. de la Chevalerie, et de Renée de Souvré, mort après 1597.
posa au troisiesme jour1 sortir, ayant deux jours pour se préparer. Le roi, sans laisser son habillement de teste, alla faire chanter le Te Deum à Nostre-Dame. Et cependant le comte de Brissac, Lhuiler2, prévost des marchands, avec quelques hérauts du roi, alloient par les rues, publiant son pardon aux Parisiens, faisoyent prendre des escharpes blanches et donnoyent des billets imprimez, par prévoyance, à Sainct-Denis, portans grâce et abolition de tout ce que les Parisiens avoyent fait durant la ligue contre Sa Majesté. Dans trois heures, chascun fut paisible en sa maison et les boutiques ouvertes; nul bruit par les rues. D'O3 fut remis en sa condition de gouverneur. Le chancelier va au palais, fait lire les lettres de l'establissement de la cour et de toutes les cours souveraines. L'Université vint demander pardon au roi des déclamations qu'elle avoit faites iniquement, s'excusant sur la violence à laquelle elle ne pouvoit s'opposer. Le prince, résolu à l'amnistie, la commanda aussi à ses subjects.
Vous aurez deux preuves d'une grande mutation et qui blessèrent quelques esprits : l'une est qu'en la mesme journée que le roi receut Paris, on vid jouer aux cartes avec lui la duchesse de Montpensier, laquelle, par la voix commune, estoit accusée d'avoir, avec le duc d'Aumale, tramé et pratiqué la mort du roi, qui
1. Le s. de Bourg livra la Bastille à Henri IV le 27 mars 1594, selon de Thou (liv. CIX), le 25 mars, d'après une circulaire du roi sur la reddition de la Bastille, datée du 2 avril 1594 (Lettres de Henri IV, t. IV, p. 135).
2. Jean L'Huillier, bourgeois de Paris, élu prévôt des marchands le 9 novembre 1592 et, plus tard, un des présidents de la Chambre des comptes.