‹ Histoire universelle (volume 2)Chapitre 99 sur 316 · Bonneval (Haute- Vienne · texte numérisé non relu

Bonneval (Haute- Vienne

prirent le gouverneur dePérigueux huictiesme. Gomme ils les démontoyent, arrive Mompezac avec son gros, qui accable Sainct- Amant, le prenant prisonnier, blessé en plusieurs lieux, et, le reconnoissant, le voulut tuer, sans le lieutenant de Pompadour, qui le sauva. Le comte de la Rochefoucaut, voyant son lieutenant engagé et tout en fuite, s'escria : « Il ne sera pas dit que j'aye fui avec ces armes dorées. » Il prit donc le combat, où il eut d'abordée son cheval tué sous lui, et, remonté par son escuyer, revint à la charge, où il se vid bientost abandonné de tous. Et lors il cria aux ennemis : « Je suis le comte de la Rochefoucaut, vingt mille escus sont bons. » Quelques fugitifs de Limoge respondirent qu'on ne sauvoyent point la vie aux huguenots ; et, entre ceux-là, un nommé La Bisse le saisit et le poignarda. Et toutesfois la courtoisie, dont les royaux faisoyent profession, les perdit, pource qu'ayant pris le mesme jour le frère de la Gapelle- Biron, ils l'avoyent laissé aller sur foi de cavallier, et les autres apprirent par lui les nouvelles qui les firent venir au combat.

Chambret, voyant son secours défait, rasseura ses compagnons, les fit résoudre à l'extrémité, et, après avoir enduré mille six cents coups de canon en une bicoque, qui n'avoit jamais esté estimée en devoir souffrir un, contraignit Pompadour à lever le siège1 sur une nouvelle partie qui se faisoit pour y aller.

En suivant, non selon le temps, mais selon mon chemin, je veux dire un mot du siège de Blaye2 par

1. Le siège de Saint- Yrieix-la-Perche n'avait duré que vingt jours (De Thou, liv. CI).

Page 1