Peyrebrune de Saint-Orse. Il avait eu un commandement
celle de Saint-Antoine avec quatre ; à Savignac, les trois bastions qui s'estendent jusques au fort avec une compagnie en chacun; à Reiniez, les autres trois suivans jusques au moustier avec huit compagnies ; à d' Ausseron, le père, les deux bastions du Paillas et des Carmes et la demi-lune avec six. Vignaux4, avec dix compagnies, fut mis à Villebourbon2. Cest ordre, pourtant, sujet à changement selon les occasions. Je ne spécifie point les capitaines particuliers non plus que ceux des assiegeans, réservant leurs noms aux occasions.
On a conté jusques à 4,000 hommes ce qui, dans Montauban, pou voit s'aider de la pique ou du mousquet ; mais ceux qui les ont mis en besogne n'ont fait estât de cette multitude que d'environ 1 ,500 auxquels on pust commander comme soldats. De toute la noblesse d'alentour, il n'y eut que Reiniez, Savignac et les deux jeunes barons de la Guépie3 et d'Islemade* qui voulurent périr dans la perte comme asseurée de Montauban.
A la veue de l'armée, et non plutost (à cause des interests particuliers), le feu fut mis dans les métairies
à Clairac. Voir Mémoires du marquis de Castelnau, t. IV,
1. Vignaux fut un des plus braves défenseurs de Montauban. Il succéda au comte de Bourgfranc comme commandant en chef, et après le siège se distingua dans maintes affaires aux environs de Montauban.
2. Tout ce paragraphe est textuellement transcrit de l'Histoire particulière..., p. 37.
3. Ce La Guépie fut, en effet, tué à Montauban. Voir Mémoires du marquis de Castelnau, t. IV, p. 248.
4. Le baron de l'Islemade était de la maison de Bar. Voir Bull, de la Soc. de Vhist. du protestantisme français, t. XLI, p. 299.
d'autour la ville. Les premiers qui furent poussez par la teste que nous avons descrite furent les gardes du comte d'Orval, qui, aiantfaitbruslerlepulvérin d'assez loin, se retirèrent vers Monmirat, recueillis par quelque sept-vingts dans les petits avantages des chemins; le tout en fin réduit dans les masures d'une métairie. Ce commencement ne sentit pas i'opiniastreté des Montalbanois, et, s'ils eussent esté pressez plus vertement, ils eussent abandonné la corne qui n'estoit encore que tracée, et n'avoit en la plus-part que trois pieds de hauteur : joint à cela l'estonnement que donna la première veue de l'armée.
Pour mettre ceste corne en estât de défense, on la coiffa de barricades, derrière lesquelles, par le travail des femmes principalement, on lui trouva dans quatre jours un rempar haut de douze pieds : tout si bien mesnagé et opiniastré par Gastelnau, que trois grandes mines et 2,000 coups de canon n'en firent perdre un seul pied aux assiégez.
Tout s'emploie à se hutter de petits forts; mais plus diligemment que les autres, le duc du Maine, esprouvant tout et aiant trouvé le fauxbourg toulousain de difficile accez, va tourner de l'autre costé, jusques au bord du Tarn, vis-à-vis du Gonnestable, la rivière entre deux; se met à couvert premièrement dans un grand jardin; pratique un pont de bateaux pour la communication.
Trois jours après, du costé où le duc de Ghevreuse et le maréchal de Saint-Geran1 faisoient leurs aproches,
1. Jean-François de la Guiche, seigneur de Saint-Géran, capitaine-lieutenant des gendarmes de la garde, maréchal de France depuis 1619.
s'attaqua une escarmouche, de peu d'effet et pareille perte; ceux de dedans y perdirent les capitaines Gardesi1 et Bardon2.
Les premiers jours du siège, on ne montra pas grande chaleur ni d'une part ni d'autre. Tout commencea à se réveillera la pointe de Mommirat, oùVaillac voulut fortifier un logis; le lieutenant d'Albouy3 et un sergent d'une autre compagnie le forcèrent en plein midi, y tuèrent quelques hommes. De mesme au fauxbourg toulousain, où le duc du Maine revint pour se loger de nuit dans les masures, le capitaine Pierre, à soleil levant, les va mesler, les chasse, en tue quantité et y demeure logé. L'assiégeant se partage au bout du fauxbourg, ce qui fut cause d'une escarmouche de deux jours, au bout desquels le duc fit donner, enseigne desployée et tambour battant, et partagea les assiégez aux contrescarpes. Plusieurs jours se passent en canonades, les uns s'amusans à une mauvaise guérite, qui leur fit perdre du temps, les autres à incommoder la teste des tranchées avec mousquetades et coups de canon.
Ce fut lors que Sauvage4, duquel nous avons parlé à la prise de Glairac, se jetta dans la ville, la remplit de bonnes nouvelles, de protestations de son zèle et de louanges de leurs actions, et, après ce premier plat de quelques jours, fait voir la difficulté des secours et
1. Jean Gardesi, d'abord ministre à Metz, puis à Castres et à Montauban.