Antoine de Boyer, seigneur de Bandol, mestre de camp
mille hommes de pied et asseurance d'estre bien tôt suivi du reste. Le marquis de Malauze1, se sentant fortifié, au lieu d'attendre le duc comme il estoit commandé, se laisse emporter aux importunitez du peuple, pour avec un canon aller assiéger une église fortifiée nommée Fauch2.
Le duc d'Angoulesme fut long temps avant pouvoir croire la témérité de ce siège. En tout cas, il part d'auprès de Lombers, et donne rende- vous de toutes ses forces à la Milerie3, où elles furent accreues de quatre compagnies levées par l'évesque d'Alby. Le duc, s'estant rendu à la minuit aux troupes, part au poind du jour; faisant sa teste du régimen des carrabins, les fait
d'un régiment d'infanterie et gentilhomme ordinaire de la chambre du roi.
1. Henri de Bourbon, marquis de Malauze et vicomte de Lavedan.
2. Fauch, cant. de Réalmont, arr. d'Albi. — Ici encore, Agrippa d'Aubigné suit les Mémoires de Rohan, auxquels il emprunte même textuellement certains détails que nous marquons en italiques : « Le duc d'Angoulême, avec quinze cents chevaux et quatre mille hommes de pied tout du long de la rivière du Tarn, pour s'opposer au secours qui s'apprêtoit pour Montauban, fit mine d'assiéger Lombez, à demi-lieue de Réalmont. Le duc de Rohan, en étant averti par Malauze..., fait partir en diligence Boyer, un de ses mestres de camp, avec mille hommes de pied, en assurance quil suivroit bientôt après avec le reste... Malauze, au lieu de se conserver en attendant la venue dudit duc de Rohan, se laisse emporter à l'importunité des peuples et, avec un canon, va assiéger une église fortifiée nommée Fauche » (t. I, p. 191-192). Les détails de la rencontre de Malauze et des Catholiques manquent dans les Mémoires de Rohan.